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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 20:12

Catéchèse du pape François sur les Béatitudes (1)

29 Janvier 2020

  

Chers frères et sœurs, bonjour!  

Nous commençons aujourd’hui une série de catéchèses sur les Béatitudes dans l’Evangile de Matthieu (5, 1-11). Ce texte qui ouvre le «Discours sur la montagne» et qui a illuminé la vie des croyants, et aussi de nombreux non-croyants. Il est difficile de ne pas être touché par ces paroles de Jésus, et le désir de les comprendre et de les accueillir toujours plus pleinement est juste. Les Béatitudes contiennent la «carte d’identité» du chrétien — c’est notre carte d’identité — parce qu’elles définissent le visage de Jésus lui-même, son style de vie.

Maintenant, présentons globalement ces paroles de Jésus; au cours des prochaines catéchèses, nous commenterons chaque Béatitude, une par une.

Avant tout, il est important de savoir comment a lieu la proclamation de ce message: Jésus, en voyant les foules qui le suivent, monte sur la douce pente qui entoure le lac de Galilée, s’assoit et, s’adressant à ses disciples, annonce les Béatitudes. Le message s’adresse donc aux disciples, mais à l’horizon se trouve la foule, c’est-à-dire toute l’humanité. C’est un message pour toute l’humanité.

En outre, la «montagne» renvoie au Sinaï, où Dieu donna les Commandements à Moïse. Jésus commence à enseigner une nouvelle loi: être pauvres, être doux, être miséricordieux... Ces «nouveaux commandements» sont beaucoup plus que des normes. En effet, Jésus n’impose rien, mais dévoile le chemin du bonheur — son chemin — en répétant huit fois le mot «Heureux».

Chaque Béatitude se compose de trois parties. Il y a tout d’abord toujours le mot «heureux»; puis vient la situation dans laquelle se trouvent les bienheureux: la pauvreté d’esprit, l’affliction, la faim et la soif de justice, et ainsi de suite; enfin, il y a le motif de la béatitude, introduit par la conjonction «car»: «Heureux ceux-ci car, heureux ceux-là car...». C’est ainsi que se présentent les huit Béatitudes et il serait beau de les apprendre toutes par cœur et de les répéter, pour avoir précisément à l’esprit et dans le cœur cette loi que nous a donnée Jésus.

Faisons attention à ce fait: le motif de la béatitude n’est pas la situation actuelle, mais la nouvelle condition que les bienheureux reçoivent en don de Dieu: «car le Royaume des Cieux est à eux», «car ils seront consolés», «car ils posséderont la terre» et ainsi de suite.

Dans le troisième élément, qui est précisément le motif du bonheur, Jésus utilise souvent un futur passif: «ils seront consolés», «ils posséderont la terre», «ils seront rassasiés», «ils obtiendront miséricorde», «ils seront appelés fils de Dieu».

Mais que signifie le mot «heureux»? Pourquoi chacune des huit Béatitudes commence-t-elle par le mot «heureux»? Le terme original n’indique pas quelqu’un qui a le ventre plein ou qui a la belle vie, mais c’est une personne qui est dans une condition de grâce, qui progresse dans la grâce de Dieu et qui progresse sur le chemin de Dieu: la patience, la pauvreté, le service aux autres, la consolation... Ceux qui progressent dans ces choses sont heureux et seront bienheureux.

Dieu, pour se donner à nous, choisit souvent des voies impensables, parfois celles de nos limites, de nos larmes, de nos échecs. C’est la joie pascale, dont parlent nos frères orientaux, celle qui a les stigmates mais qui est vivante, a traversé la mort et a fait l’expérience de la puissance de Dieu. Les Béatitudes te conduisent à la joie, toujours; elles sont la voie pour atteindre la joie. Il nous fera du bien aujourd’hui de prendre l’Evangile de Matthieu, chapitre cinq, versets un à onze, et de lire les Béatitudes — peut-être d’autres fois encore pendant la semaine — pour comprendre ce chemin si beau, si sûr du bonheur que le Seigneur nous propose.

 Catéchèse du pape François sur les Béatitudes (2)

5 Février 2020

 

 

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous nous confrontons aujourd’hui avec la première des huit Béatitudes de l’Evangile de Matthieu. Jésus commence à proclamer son chemin pour le bonheur à travers une annonce paradoxale: «Heureux les pauvres en esprit car le Royaume des cieux est à eux» (5, 3). Un chemin surprenant et un étrange objet de béatitude, la pauvreté.

Nous devons nous demander: qu’est-ce qu’on entend ici par «pauvres»? Si Matthieu n’utilisait que ce mot, alors la signification serait simplement économique, c’est-à-dire qu’elle indiquerait les personnes qui ont peu ou aucun moyen de subsistance et qui ont besoin de l’aide des autres.

Mais l’Evangile de Matthieu, à la différence de Luc, parle de «pauvres en esprit». Qu’est-ce que cela veut dire? L’esprit, selon la Bible, est le souffle de la vie que Dieu a communiqué à Adam; c’est notre dimension la plus profonde, disons la dimension spirituelle la plus intime, celle qui fait de nous des personnes humaines, le noyau profond de notre être. Les «pauvres en esprit» sont alors ceux qui sont et qui se sentent pauvres, mendiants, au plus profond de leur être. Jésus les proclame bienheureux, parce c’est à eux qu’appartient le Royaume des cieux.

Combien de fois nous a-t-on dit le contraire! Il faut être quelque chose dans la vie, être quelqu’un... Il faut se faire un nom... C’est de cela que naît la solitude et le fait d’être malheureux: si je dois être «quelqu’un», je suis en compétition avec les autres et je vis dans la préoccupation obsessive pour mon ego. Si je n’accepte pas d’être pauvre, je me mets à haïr tout ce qui me rappelle ma fragilité. Car cette fragilité empêche que je devienne une personne importante, quelqu’un de riche non seulement d’argent, mais de renommée, de tout.

Chacun, face à lui-même, sait bien que, pour autant qu’il se donne du mal, il reste toujours radicalement incomplet et vulnérable. Il n’y pas de méthode pour cacher cette vulnérabilité. Chacun de nous est vulnérable, à l’intérieur. Il doit voir où. Mais combien on vit mal si l’on refuse ses propres limites! On vit mal. On ne digère pas la limite, elle est là. Les personnes orgueilleuses ne demandent pas d’aide, ne peuvent pas demander d’aide, elles n’ont pas le réflexe de demander de l’aide parce qu’elle doivent démontrer qu’elles sont autosuffisantes. Et combien d’entre elles ont besoin d’aide, mais l’orgueil les empêche de demander de l’aide. Et combien il est difficile d’admettre une erreur et de demander pardon! Quand je donne quelques conseils aux jeunes mariés, qui me demandent comment bien conduire leur mariage, je leur dis: «Il y a trois mots magiques: s’il te plaît, merci, excuse-moi». Ce sont des mots qui viennent de la pauvreté d’esprit. Il ne faut pas être envahissants, mais demander la permission: «Est-ce que cela te semble une bonne chose à faire?”, ainsi il y a un dialogue en famille, le mari et la femme dialoguent. «Tu as fait cela pour moi, merci, j’en avais besoin». Ensuite, on commet toujours des erreurs, on dérape: «Excuse-moi». Et généralement les couples, les nouveaux mariés, ceux qui sont ici nombreux, me disent: «La troisième est la plus difficile», s’excuser, demander pardon. Car l’orgueilleux n’y arrive pas. Il ne peut pas s’excuser: il a toujours raison. Il n’est pas pauvre en esprit. En revanche, le Seigneur ne se lasse jamais de pardonner; c’est malheureusement nous qui nous lassons de demander pardon (cf. Angelus 17 mars 2013). La lassitude de demander pardon: voilà une vilaine maladie!

Pourquoi est-il difficile de demander pardon? Parce que cela humilie notre image hypocrite. Pourtant, vivre en cherchant à cacher ses propres carences est fatiguant et angoissant. Jésus Christ nous dit: être pauvres est une occasion de grâce; et il nous montre l’issue de cette fatigue. Il nous est donné d’être pauvres en esprit, parce que c’est la route du Royaume de Dieu.

Mais il faut réaffirmer une chose fondamentale: nous ne devons pas nous transformer pour devenir pauvres en esprit, nous ne devons accomplir aucune transformation parce que nous le sommes déjà! Nous sommes pauvres… ou pour le dire plus clairement: nous sommes des «malheureux» en esprit! Nous avons besoin de tout. Nous sommes tous pauvres en esprit, nous sommes mendiants. C’est la condition humaine.

Le Royaume de Dieu appartient aux pauvres en esprit. Il y a ceux qui ont les royaumes de ce monde: ils ont des biens et le confort. Mais ce sont des royaumes qui finissent. Le pouvoir des hommes, même les empires les plus grands, passent et disparaissent. Très souvent, nous voyons au journal télévisé ou dans les journaux, que ce gouvernant fort, puissant, ou que ce gouvernement qui régnait hier n’est plus là aujourd’hui, il est tombé. Les richesses de ce monde s’en vont, et l’argent aussi. Les personnes âgées nous enseignaient qu’un suaire n’a pas de poches. C’est vrai. Je n’ai jamais vu un camion de déménagement suivre un cortège funèbre: personne n’emporte rien. Ces richesses restent ici.

Le Royaume de Dieu appartient aux pauvres en esprit. Il y a ceux qui ont des royaumes de ce monde, ils ont des biens et ils ont le confort. Mais nous savons comment ils finissent. Celui qui sait aimer le vrai bien, plus que lui-même, règne vraiment. Tel est le pouvoir de Dieu.

En quoi le Christ s’est-il montré puissant? Parce qu’il a su faire ce que les rois de la terre ne font pas: donner sa vie pour les hommes. Et cela est le vrai pouvoir. Le pouvoir de la fraternité, le pouvoir de la charité, le pouvoir de l’amour, le pouvoir de l’humilité. C’est ce qu’a fait le Christ.

En cela réside la vraie liberté: celui qui a ce pouvoir de l’humilité, du service, de la fraternité est libre. La pauvreté louée par les Béatitudes se trouve au service de cette liberté.

Parce qu’il y a une pauvreté que nous devons accepter, celle de notre être, et une pauvreté que nous devons en revanche chercher, celle concrète, des choses de ce monde, pour être libres et pouvoir aimer. Nous devons toujours chercher la liberté du cœur, celle qui a ses racines dans notre pauvreté à nous.

 

 

 Catéchèse du pape François sur les Béatitudes (3)

12 Février 2020

 

 

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous avons entrepris le voyage des Béatitudes et aujourd’hui, nous nous arrêtons sur la deuxième: Heureux les affligés, car ils seront consolés.

Dans la langue grecque dans laquelle est écrit l’Evangile, cette béatitude est exprimée par un verbe qui n’est pas au passif — en effet, les bienheureux ne subissent pas ces larmes — mais à l’actif: «ils s’affligent»; ils pleurent, mais de l’intérieur. Il s’agit d’une attitude qui est devenue centrale dans la spiritualité chrétienne et que les pères du désert, les premiers moines de l’histoire, appelaient «penthos», c’est-à-dire une douleur intérieure qui ouvre à une relation avec le Seigneur et avec le prochain; à une relation renouvelée avec le Seigneur et avec son prochain.

Ces pleurs, dans les Ecritures, peuvent revêtir deux aspects: le premier est pour la mort ou la souffrance de quelqu’un. L’autre aspect sont les larmes pour le péché — pour son propre péché — quand le cœur saigne à cause de la douleur d’avoir offensé Dieu et son prochain.

Il s’agit donc d’aimer l’autre de telle manière que l’on se lie à lui ou à elle jusqu’à partager sa douleur. Il y a des personnes qui restent distantes, un pas en arrière; au contraire, il est important que les autres ouvrent une brèche dans notre cœur.

J’ai souvent parlé du don des larmes, et de combien il est précieux. (cf. Exhort. ap. post-syn. Christus vivit, n. 76; Discours aux jeunes de l’université Saint-Thomas, Manille, 18 janvier 2015; Homélie lors du mercredi des cendres, 18 février 2015). Peut-on aimer de manière froide? Peut-on aimer par fonction, par devoir? Certainement pas. Il y a des affligés à consoler, mais parfois, il y a aussi des consolés à affliger, à réveiller, qui ont un cœur de pierre et qui ont oublié comment pleurer. Il faut aussi réveiller les gens qui ne savent pas s’émouvoir de la douleur d’autrui.

Le deuil, par exemple, est un chemin amer, mais il peut être utile pour ouvrir les yeux sur la vie et sur la valeur sacrée et irremplaçable de toute personne, et à ce moment-là, on se rend compte de combien le temps est bref.

Il y a une deuxième signification de cette béatitude paradoxale: pleurer à cause du péché.

Ici, il faut faire la distinction: il y a ceux qui se fâchent parce qu’ils ont commis une erreur. Mais cela est de l’orgueil. Au contraire, il y a ceux qui pleurent en raison du mal commis, du bien omis, de la trahison de la relation avec Dieu. Ce sont les pleurs pour n’avoir pas aimé, qui découle du fait que la vie des autres nous tient à cœur. Ici, on pleure parce que l’on ne correspond pas au Seigneur qui nous aime tant, et la pensée du bien qui n’a pas été fait nous attriste; c’est le sens du péché. Ceux-là disent: «J’ai blessé celui que j’aime», et cela les attriste jusqu’aux larmes. Dieu soit béni si ces larmes arrivent!

Tel est le thème, difficile mais vital, des erreurs personnelles à affronter. Pensons aux pleurs de saint Pierre, qui le conduira à un amour nouveau et beaucoup plus vrai: ce sont des pleurs qui purifient, qui renouvellent. A la différence de Judas, qui n’accepta pas de s’être trompé, et qui, le pauvre, se suicida. Comprendre le péché est un don de Dieu, est une œuvre de l’Esprit Saint. Seuls, nous ne pouvons pas comprendre le péché. C’est une grâce que nous devons demander. Seigneur, que je comprenne le mal que j’ai fait ou que je peux faire. Cela est un don très grand, et après avoir compris cela, viennent les pleurs du repentir.

L’un des premiers moines, Ephrem le Syrien, dit qu’un visage lavé par les larmes est indiciblement beau (cf. Discours ascétique). La beauté du repentir, la beauté des pleurs, la beauté de la contrition! Comme toujours, la vie chrétienne trouve sa meilleure expression dans la miséricorde. Sage et heureux est celui qui accueille la douleur liée à l’amour, parce qu’il recevra la consolation de l’Esprit Saint qui est la tendresse de Dieu qui pardonne et corrige. Dieu pardonne toujours: n’oublions pas cela. Dieu pardonne toujours, même les péchés les plus laids, toujours. Le problème est en nous, qui nous lassons de demander pardon, nous nous refermons en nous-mêmes et nous ne demandons pas pardon. Voilà le problème; mais Lui est là pour pardonner.

Si nous gardons toujours à l’esprit que Dieu «ne nous traite pas selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses» (Ps 103, 10), nous vivons dans la miséricorde et dans la compassion, et l’amour apparaît en nous. Que le Seigneur nous accorde d’aimer en abondance, d’aimer avec le sourire, avec la proximité, avec le service et aussi avec les larmes.

 

Catéchèse du pape François sur les Béatitudes (4)

19 Février 2020

 

 

Chers frères et sœurs, bonjour!

Dans la catéchèse d’aujourd’hui, nous affrontons la troisième des huit béatitudes de l’Evangile de Matthieu: «Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage» (Mt 5, 5).

Le terme «doux» ici utilisé signifie littéralement doux, docile, gentil, sans violence. La douceur se manifeste dans les moments de conflit, elle se voit à la manière dont on réagit face à une situation hostile. N’importe qui pourrait sembler doux quand tout est tranquille, mais comment cette personne réagit-elle «sous pression», si elle est attaquée, offensée, agressée?

Dans un passage, saint Paul rappelle «la douceur et la mansuétude du Christ» (2 Co 10, 1). Et saint Pierre rappelle à son tour l’attitude de Jésus pendant la Passion: il ne répondait pas et ne menaçait pas, car il «s’en remettait à Celui qui juge avec justice» (1 P 2, 23). Et la douceur de Jésus se voit beaucoup pendant sa Passion.

Dans l’Ecriture, le terme «doux» indique également celui qui n’a pas de propriétés terrestres; nous sommes donc frappés par le fait que la troisième béatitude dise précisément que les doux «recevront la terre en héritage».

En réalité, cette béatitude cite le Psaume 37, que nous avons écouté au début de la catéchèse. Là aussi, la douceur et la possession de la terre sont mises en relation. Si l’on y pense bien, ces deux choses semblent incompatibles. En effet, la possession de la terre et le domaine propre au conflit: on combat souvent pour un territoire, pour obtenir l’hégémonie sur une zone donnée. Dans les guerres, le plus fort prévaut et conquiert d’autres terres.

Mais observons bien le verbe utilisé pour indiquer la possession des doux: ceux-ci ne conquièrent pas la terre; il n’est pas dit «heureux les doux parce qu’ils conquerront la terre». Ils en «héritent». Heureux les doux, parce qu’ils «hériteront» la terre. Dans les Ecritures, le verbe «hériter» a un sens encore plus vaste. Le peuple de Dieu appelle précisément «héritage» la terre d’Israël qui est la Terre de la Promesse.

Cette terre est une promesse et un don pour le peuple de Dieu, et elle devient le signe de quelque chose de beaucoup plus grand qu’un simple territoire. Il y a une «terre» — permettez-moi le jeu de mots — qui est le Ciel, c’est-à-dire la terre vers laquelle nous marchons: les nouveaux cieux et la nouvelle terre vers laquelle nous allons (cf. Is 65, 17; 66, 22; 2 P 3, 13; Ap 21, 1).

Alors, le doux est celui qui «hérite» le plus sublime des territoires. Ce n’est pas un lâche, un «mou» qui se trouve une morale de repli pour rester en dehors des problèmes. Pas du tout! C’est une personne qui a reçu un héritage et ne veut pas le disperser. Le doux n’est pas quelqu’un d’accommodant, mais il est le disciple du Christ qui a appris à défendre une toute autre terre. Il défend sa paix, il défend sa relation avec Dieu, il défend ses dons, les dons de Dieu, en préservant la miséricorde, la fraternité, la confiance, l’espérance. Car les personnes douces sont des personnes miséricordieuses, fraternelles, confiantes et des personnes qui ont de l’espérance.

Nous devons ici mentionner le péché de la colère, un mouvement violent dont nous connaissons tous l’impulsion. Qui ne s’est pas mis en colère quelquefois? Personne. Nous devons inverser la béatitude et nous poser une question: combien de choses avons-nous détruites par la colère? Combien de choses avons-nous perdues? Un moment de colère peut détruire beaucoup de choses; on perd le contrôle et on n’évalue pas ce qui est vraiment important, et on peut détériorer parfois de manière irrémédiable la relation avec un frère, parfois sans remède. A cause de la colère, beaucoup de frères ne se parlent plus, ils s’éloignent l’un de l’autre. C’est le contraire de la douceur. La douceur rassemble, la colère divise.

La douceur est la conquête de tant de choses. La douceur est capable de vaincre le cœur, de sauver les amitiés, et tant d’autres choses, car les personnes se mettent en colère, mais ensuite elles se calment, elles réfléchissent et reviennent sur leurs pas; ainsi on peut reconstruire avec la douceur.

La «terre» à conquérir par la douceur est le salut de ce frère dont parle l’Evangile de Matthieu: «S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère» (Mt 18, 15). Il n’y a pas de terre plus belle que le cœur d’autrui, il n’y a pas de territoire plus beau à gagner que la paix retrouvée avec un frère. Et il s’agit là de la terre à hériter par la douceur!

 Catéchèse du pape François sur les Béatitudes (5)

11 Mars 2020

 

 

Chers frères et sœurs, bonjour!

Au cours de l’audience d’aujourd’hui, nous continuons à méditer sur la voie lumineuse du bonheur que le Seigneur nous a donnée dans les Béatitudes, et nous arrivons à la quatrième: «Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés» (Mt 5, 6).

Nous avons déjà rencontré la pauvreté d’esprit et les larmes; à présent, nous affrontons un autre type de faiblesse, celle liée à la faim et à la soif. Faim et soif sont des besoins primaires, qui concernent la survie. Cela doit être souligné: il ne s’agit pas ici d’un désir générique, mais d’une exigence vitale et quotidienne, comme la nourriture.

Mais que signifie avoir faim et soif de justice? Il n’est bien sûr pas question ici de ceux qui cherchent une vengeance, au contraire, dans la béatitude précédente, nous avons parlé de douceur. Certes, les injustices blessent l’humanité; la société humaine a un besoin urgent d’équité, de vérité et de justice sociale; rappelons que le mal subi par les femmes et les hommes du monde arrive jusqu’au cœur de Dieu le Père. Quel père ne souffrirait-il pas pour la douleur de ses enfants?

Les Ecritures parlent de la douleur des pauvres et des opprimés que Dieu connaît et partage. Pour avoir écouté le cri d’oppression élevé par les enfants d’Israël — comme le raconte le livre de l’Exode (cf. 3, 7-10) — Dieu est descendu libérer son peuple. Mais la faim et la soif de justice dont parle le Seigneur est encore plus profonde que le besoin légitime de justice humaine que chaque homme porte dans son cœur.

Dans le même «discours sur la montagne», un peu plus loin, Jésus parle d’une justice plus grande que le droit humain ou que la perfection personnelle, en disant: «Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des Pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux» (Mt 5, 20). Et cette justice est la justice qui vient de Dieu (cf. 1 Co 1, 30).

Dans les Ecritures, nous trouvons exprimée une soif plus profonde que celle physique, qui est un désir placé à la racine de notre être. Un psaume dit: «Dieu, c’est toi mon Dieu, je te cherche, mon âme a soif de toi, après toi languit ma chair, terre sèche, altérée, sans eau» (Ps 63, 2). Les Pères de l’Eglise parlent de cette inquiétude féconde qui habite le cœur de l’homme. Saint Augustin dit: «Tu nous as faits pour toi Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose pas en toi» (Les confessions, 1, 1.5). Il existe une soif intérieure, une faim intérieure, une inquiétude...

Dans chaque cœur, même de la personne la plus corrompue et éloignée du bien, est caché un désir de lumière, même s’il se trouve sous des décombres de tromperies et d’erreurs, mais il y a toujours la soif de vérité et de bien, qui est la soif de Dieu. C’est l’Esprit Saint qui suscite cette soif: c’est Lui l’eau vive qui a façonné notre poussière, c’est Lui le souffle créateur qui lui a donné vie.

Pour cela, l’Eglise est envoyée pour annoncer à tous la Parole de Dieu, imprégnée d’Esprit Saint. Parce que l’Evangile de Jésus Christ est la plus grande justice qui puisse être offerte au cœur de l’humanité, même si elle ne s’en rend pas compte (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 2017: «La grâce du Saint-Esprit nous confère la justice de Dieu. En nous unissant par la foi et le baptême à la Passion et à la Résurrection du Christ, l’Esprit nous fait participer à sa vie»).

Par exemple, quand un homme et une femme se marient, ils ont l’intention de faire quelque chose de grand et de beau, et s’ils conservent cette soif vivante, ils trouveront toujours la voie pour aller de l’avant, dans les problèmes, avec l’aide de la Grâce. Les jeunes ont eux aussi cette faim, et ils ne doivent pas la perdre! Il faut protéger et nourrir dans le cœur des enfants ce désir d’amour, de tendresse, d’accueil qu’ils expriment dans leurs élans sincères et lumineux.

Chaque personne est appelée à redécouvrir ce qui compte vraiment, ce qui fait bien vivre et, dans le même temps, ce qui est secondaire, et ce dont on peut facilement se passer.

Jésus annonce dans cette béatitude — faim et soif de justice — qu’il y a une soif qui ne sera jamais déçue; une soif qui, si on y répond, sera étanchée et qui aura toujours une heureuse issue, parce qu’elle correspond au cœur même de Dieu, à son Esprit Saint qui est amour, et également à la semence que l’Esprit Saint a semée dans nos cœurs. Que le Seigneur nous donne cette grâce: d’avoir cette soif de justice qui est précisément la volonté de le trouver, de voir Dieu et de faire du bien aux autres.

 

Catéchèse du pape François sur les Béatitudes (6)

18 Mars 2020

 

 

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous nous arrêtons aujourd’hui sur la cinquième béatitude, qui dit: «Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde» (Mt 5, 7). Dans cette béatitude, il y a une particularité: c’est la seule où la cause et le fruit du bonheur coïncident, la miséricorde. Ceux qui exercent la miséricorde obtiendront miséricorde, ils seront «objets de miséricorde».

Ce thème de la réciprocité du pardon n’est pas seulement présent dans cette béatitude, mais il est récurrent dans l’Evangile. Et comment pourrait-il en être autrement? La miséricorde est le cœur même de Dieu! Jésus dit: «Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés; ne condamnez-pas et vous ne serez pas condamnés; remettez et il vous sera remis» (Lc 6, 37). Toujours la même réciprocité. Et la Lettre de Jacques affirme que «la miséricorde se rit du jugement» (2, 13).

Mais c’est surtout dans le Notre-Père que nous récitons: «Remets-nous nos dettes comme nous-mêmes avons remis à nos débiteurs» (Mt 6, 12); et cette requête est la seule qui soit reprise à la fin: «Si vous pardonnez aux hommes leurs manquements, votre Père céleste vous pardonnera aussi; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous pardonnera pas vos manquements» (Mt 6, 14-15; cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 2838).

Il y a deux choses que l’on ne peut pas séparer: le pardon donné et le pardon reçu. Mais beaucoup de personnes sont en difficulté, elles ne réussissent pas à pardonner. Très souvent, le mal reçu est si grand que réussir à pardonner semble comme escalader une très haute montagne: un effort immense ; et la personne pense: c’est impossible, cela est impossible. Ce fait de la réciprocité de la miséricorde indique que nous avons besoin de renverser la perspective. Tout seuls, nous ne pouvons pas, la grâce de Dieu est nécessaire, nous devons la demander. En effet, si la cinquième béatitude promet de trouver miséricorde et que dans le Notre-Père nous demandons la rémissions de nos dettes, cela veut dire que nous sommes essentiellement des débiteurs et que nous avons besoin de trouver miséricorde!

Nous sommes tous débiteurs. Tous. Envers Dieu, qui est si généreux, et envers nos frères. Chaque personne sait qu’elle n’est pas le père ou la mère qu’elle devrait être, l’époux ou l’épouse, le frère ou la sœur qu’elle devrait être. Nous sommes tous «en déficit» dans la vie. Et nous avons besoin de miséricorde. Nous savons que, nous aussi, nous avons fait du mal, il manque toujours quelque chose au bien que nous aurions dû faire.

Mais c’est précisément notre pauvreté qui devient la force pour pardonner! Nous sommes débiteurs et si, comme nous l’avons entendu au début, nous serons mesurés selon la mesure avec laquelle nous mesurons les autres (cf. Lc 6, 38), alors nous devons élargir cette mesure et remettre les dettes, pardonner. Chacun doit se rappeler qu’il a besoin de pardonner, qu’il a besoin du pardon, qu’il a besoin de la patience; tel est le secret de la miséricorde: en pardonnant, on est pardonné. C’est pourquoi Dieu nous précède et qu’Il nous pardonne le premier (cf. Rm 5, 8). En recevant son pardon, nous devenons capables à notre tour de pardonner. Ainsi, notre misère et notre manque de justice deviennent l’occasion de s’ouvrir au royaume des cieux, à une mesure plus grande, la mesure de Dieu, qui est miséricorde.

D’où naît notre miséricorde? Jésus nous a dit: «Montrez-vous miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux» (Lc 6, 36). Plus on accueille l’amour du Père, plus on aime (cf. CEC, n. 2842). La miséricorde n’est pas une dimension parmi les autres, mais elle est le centre de la vie chrétienne: il n’y a pas de christianisme sans miséricorde (cf. Saint Jean-Paul II, Enc. Dives in misericordia du 30 novembre 1980; Bulle Misericordae Vultus du 11 avril 2015; Lett. ap. Misericordia et misera du 20 novembre 2016). Si tout notre christianisme ne nous conduit pas à la miséricorde, nous nous sommes trompés de route, car la miséricorde est le seul objectif véritable de tout chemin spirituel. Elle est l’un des plus beaux fruits de la charité (cf. CEC, n. 1829).

Je me rappelle que ce thème a été choisi dès le premier Angelus que j’ai dû réciter comme Pape: la miséricorde. Et cela est resté profondément imprimé en moi, comme un message qu’en tant que Pape j’aurais toujours dû communiquer, un message qui doit être quotidien: la miséricorde. Je me rappelle que ce jour-là, j’ai également eu l’attitude un peu «effrontée» de faire de la publicité à un livre sur la miséricorde, qui venait d’être publié par le cardinal Kasper. Et ce jour-là, j’ai ressenti avec une grande force que c’est le message que je dois communiquer, en tant qu’Evêque de Rome: miséricorde, miséricorde, s’il vous plaît, pardon.

La miséricorde de Dieu est notre libération et notre bonheur. Nous vivons de miséricorde et nous ne pouvons pas nous permettre d’être sans miséricorde : c’est l’air que nous devons respirer. Nous sommes trop pauvres pour poser des conditions, nous avons besoin de pardonner, parce que nous avons besoin d’être pardonnés. Merci !

 Catéchèse du pape François sur les Béatitudes (7)

1er avril 2020

 

 

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous lisons aujourd’hui ensemble la sixième béatitude, qui promet la vision de Dieu et qui a comme condition la pureté du cœur.

Un Psaume dit: «De toi mon cœur a dit: “Cherche sa face”. C’est ta face, Yahvé, que je cherche, ne me cache point ta face» (27, 8-9).

Ce langage manifeste la soif d’une relation personnelle avec Dieu, pas mécanique, pas un peu nébuleuse, non: personnelle, que le livre de Job exprime également comme le signe d’une relation sincère. Le livre de Job dit ainsi: «Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu» (Jb 42, 5). Et très souvent je pense que c’est le chemin de la vie, dans nos relations avec Dieu. Nous connaissons Dieu par ouï-dire, mais avec notre expérience nous allons de l’avant, de l’avant, de l’avant et, à la fin, nous le connaissons directement, si nous sommes fidèles… Et cela est la maturité de l’Esprit.

Comment arriver à cette intimité, à connaître Dieu avec les yeux? On peut penser aux disciples d’Emmaüs, par exemple, qui ont le Seigneur Jésus à côté d’eux, «mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître» (Lc 24, 16). Le Seigneur ouvrira leur regard au terme d’un chemin qui atteint son sommet dans la fraction du pain et qui avait commencé par un reproche: «Cœurs sans intelligence, lents à croire tout ce qu’ont annoncé les prophètes» (cf. Lc 24, 25). C’est le reproche du début. Voilà l’origine de leur cécité: leur cœur sans intelligence et lent. Et quand le cœur est sans intelligence et lent, on ne voit pas les choses. On voit les choses comme embrumées. C’est là que se trouve la sagesse de cette béatitude: pour pouvoir contempler, il est nécessaire de rentrer en nous et de laisser place à Dieu, car, comme le dit saint Augustin, «Dieu m’est plus intime que moi-même» («interior intimo meo»: Confessions, iii, 6, 11). Pour voir Dieu, il n’y a pas besoin de changer de lunettes ou de point d’observation, ou de changer les auteurs théologiens qui enseignent le chemin: il faut libérer le cœur de ses tromperies! C’est la seule route.

C’est une maturation décisive: lorsque nous nous rendons compte que, souvent, notre pire ennemi est caché dans notre cœur. La bataille la plus noble est celle contre les tromperies intérieures qui engendrent nos péchés. Car les péchés changent la vision intérieure, ils changent l’évaluation des choses, ils font voir des choses qui ne sont pas vraies, ou tout au moins qui ne sont pas aussi vraies.

Il est donc important de comprendre ce qu’est la «pureté du cœur». Pour le faire, il faut rappeler que pour la Bible, le cœur ne consiste pas seulement dans les sentiments, mais qu’il est le lieu le plus intime de l’être humain, l’espace intérieur ou une personne est elle-même. Cela, selon la mentalité biblique.

L’Evangile de Matthieu dit: «Si donc lalumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres ce sera!» (6, 23). Cette «lumière» est le regard du cœur, la perspective, la synthèse, le point à partir duquel on lit la réalité (cf. Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 143).

Mais que veut dire un cœur «pur»? Celui qui a un cœur pur vit en présence du Seigneur, en conservant dans son cœur ce qui est digne de la relation avec Lui; ce n’est qu’ainsi qu’il possède une vie «unifiée», linéaire, qui n’est pas tortueuse mais simple.

Le cœur purifié est donc le résultat d’un processus qui implique une libération et un renoncement. Le pur de cœur ne naît pas tel, il a vécu une simplification intérieure, en apprenant à renier le mal en lui, une chose qui dans la Bible est appelée la circoncision du cœur (cf. Dt 10, 16; 30, 6; Ez 44, 9; Jr 4, 4).

Cette purification intérieure implique la reconnaissance de cette partie du cœur qui est sous l’influence du mal — «Vous savez, Père, je sens ainsi, je pense ainsi, je vois ainsi, et c’est laid»: reconnaître la partie laide, la partie qui est embrumée par le mal — pour apprendre l’art de se laisser toujours enseigner et conduire par l’Esprit Saint. Le chemin du cœur malade, du cœur pécheur, du cœur qui ne peut pas bien voir les choses, parce qu’il est dans le péché, est l’œuvre de l’Esprit Saint qui conduit à la plénitude de la lumière du cœur. C’est lui qui nous guide pour accomplir ce chemin. Voilà, à travers ce chemin du cœur, nous arrivons à «voir Dieu».

Dans cette vision béatifique, il y a une dimension future, eschatologique, comme dans toutes les Béatitudes: c’est la joie du Royaume des cieux vers lequel nous allons. Mais il y a aussi l’autre dimension: voir Dieu signifie comprendre les desseins de la Providence dans ce qui nous arrive, reconnaître sa présence dans les sacrements, sa présence dans nos frères, en particulier pauvres et qui souffrent, et le reconnaître là où Il se manifeste (cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, n. 2519).

Cette béatitude est un peu le fruit des précédentes: si nous avons écouté la soif de bien qui nous habite et que nous sommes conscients de vivre de miséricorde, un chemin de libération commence qui dure toute la vie et qui conduit jusqu’au Ciel. C’est un travail sérieux, un travail que fait l’Esprit Saint si nous lui laissons place pour qu’il le fasse, si nous sommes ouverts à l’action de l’Esprit Saint. C’est pourquoi nous pouvons dire que c’est une œuvre de Dieu en nous — dans les épreuves et dans les purifications de la vie — et cette œuvre de Dieu et de l’Esprit Saint conduit à une grande joie, à une vraie paix. N’ayons pas peur, ouvrons les portes de notre cœur à l’Esprit Saint pour qu’il nous purifie et nous fasse avancer sur ce chemin vers la joie en plénitude.

 

Catéchèse du pape François sur les Béatitudes (8)

15 Avril 2020

 

 

Chers frères et sœurs, bonjour!

La catéchèse d’aujourd’hui est consacrée à la septième béatitude, celle des «artisans de paix», qui sont proclamés fils de Dieu. Je me réjouis qu’elle arrive immédiatement après la Passion, parce que la paix du Christ est fruit de sa mort et de sa résurrection, comme nous l’avons écouté dans la lecture de saint Paul. Pour comprendre cette béatitude, il faut expliquer le sens du mot «paix», qui peut être mal compris ou parfois banalisé.

Nous devons nous orienter entre deux idées de paix: la première est celle biblique, où apparaît le très beau terme shalòm, qui exprime l’abondance, la prospérité, le bien-être. Quand en hébreu on souhaite shalòm on souhaite une vie belle, pleine, prospère, mais également selon la vérité et la justice, qui s’accompliront dans le Messie, prince de la paix (cf. Is 9, 6; Mi 5, 4-5).

Il y a également l’autre sens, plus courant, dans lequel le mot «paix» est entendu comme une sorte de tranquillité intérieure: je suis tranquille, je suis en paix. C’est une idée moderne, psychologique et plus subjective. On pense communément que la paix est le calme, l’harmonie, l’équilibre intérieur. Cette acception du mot «paix» est incomplète et ne peut être absolutisée, parce que dans la vie, l’inquiétude peut être un moment important de croissance. Très souvent, c’est le Seigneur lui-même qui sème en nous l’inquiétude pour aller à sa rencontre, pour le trouver. Dans ce sens, c’est un moment important de croissance; alors qu’il peut arriver que la tranquillité intérieure corresponde à une conscience apprivoisée et non pas à une véritable rédemption. Très souvent, le Seigneur doit être un «signe de contradiction» (cf. Lc 2, 34-35), secouant nos fausses certitudes, pour nous conduire au salut. Et à ce moment, il nous semble ne pas avoir de paix, mais c’est le Seigneur qui nous place sur cette voie pour arriver à la paix que lui-même nous donnera.

Nous devons alors nous rappeler que la façon dont le Seigneur entend sa paix est différente de celle humaine, celle du monde, quand il dit: «Je vous laisse la paix; c’est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne» (Jn 14, 27). La paix de Jésus est une autre paix, différente de celle du monde.

Demandons-nous: comment le monde nous donne-t-il la paix? Si nous pensons aux conflits belliqueux, les guerres se terminent, normalement de deux façons: soit par la défaite de l’une des parties, soit par des traités de paix. Nous ne pouvons que souhaiter et prier que l’on entreprenne toujours cette seconde voie; mais nous devons considérer que l’histoire est une série infinie de traités de paix démentis par les guerres successives, ou par la métamorphose de ces mêmes guerres en d’autres façons ou en d’autres lieux. A notre époque également, une guerre «par morceaux» est combattue dans plusieurs contextes et selon diverses modalités (cf. Homélie au cimetière militaire de Redipuglia, 13 septembre 2014; Homélie à Sarajevo, 6 juin 2015; Discours au Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs, 21 février 2020). Nous devons tout au moins suspecter que dans le cadre d’une mondialisation faite avant tout d’intérêts économiques ou financiers, la «paix» de certains correspond à la «guerre» d’autres. Et cela n’est pas la paix du Christ!

Au contraire, comment le Seigneur Jésus «donne-t-il» sa paix? Nous avons entendu saint Paul dire que la paix du Christ est «de deux, n’en faire qu’un» (cf. Ep 2, 14), annuler l’inimitié et réconcilier. Et la voie pour accomplir cette œuvre de paix est son corps. En effet, il réconcilie toutes les choses et établit la paix par le sang de sa croix, comme le dit ailleurs l’apôtre lui-même (cf. Col 1, 20).

Je me demande alors, et nous pouvons tous nous demander: qui sont donc les «artisans de paix»? La septième béatitude est la plus active, explicitement dynamique; l’expression verbale est analogue à celle utilisée dans le premier verset de la Bible pour la création et indique initiative et zèle. L’amour de par sa nature est créatif — l’amour est toujours créatif — et cherche la réconciliation à tout prix. Sont appelés fils de Dieu ceux qui ont appris l’art de la paix et qui l’exercent, qui savent qu’il n’y a pas de réconciliation sans don de sa vie, et que la paix doit être recherchée toujours et partout. Toujours et partout: rappelez-vous en! Elle doit être cherchée ainsi. Ce n’est pas un travail autonome, fruit de nos propres capacités, c’est la manifestation de la grâce reçue par le Christ, qui est notre paix, qui a fait de nous des fils de Dieu.

Le véritable shalòm et le véritable équilibre intérieur découlent de la paix du Christ, qui vient de sa Croix et génère une humanité nouvelle, incarnée par une foule infinie de saints et de saintes, inventifs, créatifs, qui ont cherché des voies nouvelles pour aimer. Les saints, les saintes, qui construisent la paix: cette vie en tant que fils de Dieu, qui pour le sang du Christ, fait qu’ils cherchent et retrouvent leurs propres frères, est le véritable bonheur. Bienheureux ceux qui empruntent cette voie.

Et de nouveau bonnes Pâques à tous, dans la paix du Christ!

 

Catéchèse du pape François sur les Béatitudes (9)

29 Avril 2020

 

 Chers frères et soeurs, bonjour !

 

Avec l’audience d’aujourd’hui, nous concluons le parcours sur les Béatitudes évangéliques. Comme nous l’avons entendu, la dernière proclame la joie eschatologique de ceux qui sont persécutés pour la justice.

 

Cette béatitude annonce le même bonheur que la première : le Royaume des Cieux appartient aux persécutés, comme aux pauvres en esprit ; ainsi nous comprenons que nous sommes parvenus au terme d’un parcours unitaire qui s’est déroulé dans les annonces précédentes.

La pauvreté en esprit, les pleurs, la douceur, la soif de sainteté, la miséricorde, la purification du coeur et les oeuvres de paix peuvent conduire à la persécution à cause du Christ, mais cette persécution est finalement cause de joie et de grande récompense dans les cieux. Le sentier des Béatitudes est un chemin pascal qui conduit d’une vie selon le monde à une vie selon Dieu, d’une existence guidée par la chair – c’est-à-dire par l’égoïsme – à une existence guidée par l’Esprit.

Le monde, avec ses idoles, ses compromis et ses priorités, ne peut approuver ce type d’existence. Les « structures de péché » (1), souvent produites par la mentalité humaine, si étrangères à l’Esprit de vérité que le monde ne peut pas recevoir (cf. Jn 14,17), ne peuvent que refuser la pauvreté ou la douceur ou la pureté et déclarer que la vie selon l’Évangile est une erreur et un problème, par conséquent quelque chose qu’il faut marginaliser. Le monde pense ceci : « Ce sont des idéalistes ou des fanatiques… ». C’est ce qu’ils pensent.

 

Si le monde vit en fonction de l’argent, quiconque démontre que la vie peut se réaliser dans le don et dans le renoncement devient une gêne pour le système de l’avidité. Ce mot « gêne » est un mot-clé, parce que le seul témoignage chrétien, qui fait tant de bien à tant de monde qui le suit, gêne ceux qui ont une mentalité mondaine. Ils vivent cela comme un reproche. Quand apparaît la sainteté et qu’émerge la vie des enfants de Dieu, il y a dans cette beauté quelque chose qui dérange et qui invite à une prise de position : soit accepter de se remettre en cause et de s’ouvrir au bien soit refuser cette lumière et endurcir son coeur, y compris jusqu’à l’opposition et l’acharnement (cf. Sg 2, 14-15). C’est curieux, il est frappant de voir combien, dans les persécutions des martyrs, l’hostilité grandit jusqu’à l’acharnement. Il suffit de voir les persécutions du siècle dernier, des dictatures européennes : comment on en arrive à l’acharnement contre les chrétiens et contre l’héroïcité des chrétiens.

 

Mais cela montre que le drame de la persécution est aussi le lieu de la libération de l’assujettissement au succès, à la vaine gloire et aux compromis du monde. De quoi se réjouit celui qui est refusé par le monde à cause du Christ ? Il se réjouit d’avoir trouvé quelque chose qui vaut plus que le monde entier. « Quel avantage, en effet, un homme a-t-il à gagner le monde entier si c’est au prix de sa vie ? » (Mc 8,36). Quel avantage y a-t-il ?

 

Il est douloureux de se souvenir qu’en ce moment de nombreux chrétiens subissent des persécutions dans différentes zones du monde et nous devons espérer et prier afin que soit mis fin à leur tribulation le plus tôt possible. Ils sont nombreux : les martyrs d’aujourd’hui sont plus nombreux que ceux des premiers siècles. Exprimons notre proximité  à ces frères et soeurs : nous sommes un unique corps et ces chrétiens sont les membres sanglants du corps du Christ qu’est l’Église.

 

Mais nous devons rester attentifs à ne pas lire non plus cette béatitude dans une perspective victimiste, d’auto-commisération. En effet, le mépris des hommes n’est pas toujours synonyme de persécution : justement, peu de temps après, Jésus dit que les chrétiens sont le « sel de la terre », et il met en garde contre le danger de « perdre sa saveur », sinon le sel « ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens » (Mt 5,13). Il y a donc également un mépris qui vient de notre faute, quand nous perdons la saveur du Christ et de l’Évangile.

 

Il faut être fidèles à l’humble sentier des Béatitudes, parce c’est celui qui conduit à appartenir au Christ et non au monde. Cela vaut la peine de se souvenir du parcours de saint Paul : quand il pensait être un juste, en fait, il était un persécuteur, mais quand il a découvert qu’il était un persécuteur, il est devenu un homme d’amour, affrontant joyeusement les souffrances de la persécution qu’il subissait (cf. Col 1,24).

 

L’exclusion et la persécution, si Dieu nous en accorde la grâce, nous font ressembler au Christ crucifié et, en nous associant à sa passion, elles sont la manifestation de la vie nouvelle. Cette vie est celle du Christ qui, pour nous les hommes et pour notre salut, fut « méprisé et rejeté par les hommes » (cf. Is 53,3 ; Ac 8, 30-35). Accueillir son Esprit peut nous conduire à avoir assez d’amour dans le cœur pour offrir sa vie pour le monde, sans faire de compromis avec ses mensonges et en acceptant qu’il nous refuse. Les compromis avec le monde sont le danger : le chrétien est toujours tenté de faire des compromis avec le monde, avec l’esprit du monde. Cette vie – refuser les compromis et emprunter la route de Jésus-Christ – est la vie du Royaume des Cieux, la plus grande joie, la véritable allégresse. Et ensuite, dans les persécutions, il y a toujours la présence de Jésus qui nous accompagne, la présence de Jésus qui nous console et la force de l’Esprit qui nous aide à aller de l’avant. Ne nous décourageons pas quand une vie cohérente avec l’Évangile attire les persécutions des gens : l’Esprit est là qui nous soutient, sur ce chemin.

 

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7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 09:44

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

 

Date :  Jeudi 7 Mai 2020

 

Textes du jour : Actes des Apôtres 13,13-25 ; Psaume 88 ; Jean 13,16-20

 

Commentaire :

 

Le passage de l’évangile de ce jour est la conclusion de la scène du lavement des pieds. Dans son discours, Jésus demande à ses disciples de devenir comme lui :   le serviteur, celui qui s’agenouillement devant le frère. Il nous révèle ainsi son identité divine : « Je Suis »

Jésus se met à genoux devant tous ses disciples, ceux qu’il a choisi, y compris Judas qui va le trahir et le livrer. Eh oui, Judas a été choisi, quand même et malgré tout. Là se situe peut-être le véritable et grand service offert à tout homme : son agenouillement (et par conséquent celui de tous disciples) devant l’homme faible et pécheur. Aimer quand même et par dessus tout celui qui trahit, pardonner l’impardonnable. À toutes nos déchirures personnelles et communautaires, nos amours et amitiés bafoués, Dieu répond par la force de sa miséricorde sans limite.

Là, est le renversement opéré par le Christ dans le don total de sa vie et de son pardon donné à tous les hommes sur la Croix. Là est le secret de la puissance divine qui nous est communiquée : « si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même ; et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé. » 

                                                                                                                       Père Frédéric Benoist

 

 

 

Paroles du pape François :

 

La prière est la respiration de la foi, elle est comme un cri qui sort du coeur de celui qui croit et se confie en Dieu. La foi, c'est avoir deux mains levées, une voix qui crie pour implorer le don du salut.

 

Ce n'est pas facile de vivre dans la lumière. La lumière fait voir tant de mauvaises choses en nous: les vices, l'arrogance, l'esprit mondain. Mais Jésus nous dit: "aie courage, laisse-toi illuminer, car moi, je te sauve". N'ayons pas peur de la lumière de Jésus!

 

Prions pour les hommes et les femmes qui travaillent dans les moyens de communication. En ce temps de pandémie ils risquent beaucoup et il y a tant de travail. Que le Seigneur les aide toujours dans ce travail de transmission de la vérité.

 

Intentions de prière :

 

- Nous prions par madame Monique Krupa , la maman du père David Krupa, décédée et dont les funérailles chrétiennes seront célébrées Lundi 11 Mai  en l’église saint Bernadette de Gagny.

 

- Nus prions pour monsieur André Leliard décédé dimanche dernier dont les funérailles seront célébrées le mercredi 13 Mai  en l’église saint Leu saint Gilles de Bagnolet

 

Un extrait du traité de Saint Hilaire (315-368) sur la Trinité :

 

« De même que je vis par le Père,
 celui qui mangera ma chair vivra par moi »



 

Parce que véritablement le Verbe s'est fait chair, c'est véritablement aussi que nous mangeons le Verbe incarné en communiant au banquet du Seigneur. Comment ne doit-on pas penser qu'il demeure en nous par nature ? En effet, par sa naissance comme homme, il a assumé notre nature charnelle d'une façon désormais définitive et, dans le sacrement de sa chair donnée en communion, il a uni sa nature charnelle à sa nature éternelle. C'est ainsi que tous nous formons un seul être, parce que le Père est dans le Christ et que le Christ est en nous. ~

 

Que nous sommes en lui par le sacrement de la communion à sa chair et à son sang, lui-même l'affirme lorsqu'il dit : Et ce monde désormais ne me voit plus ; mais vous, vous me verrez vivant parce que je vis, et vous vivrez aussi ; parce que je suis dans le Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. S'il voulait parler seulement d'une unité de volonté, pourquoi a-t-il exposé une progression et un ordre dans la consommation de cette unité ? N'est-ce pas parce lui-même étant dans le Père par sa nature divine, nous au contraire étant en lui en vertu de sa naissance corporelle, on doit croire que, réciproquement, il est en nous par le mystère sacramentel ? Ceci enseigne la parfaite unité réalisée par le médiateur : tandis que nous demeurons en lui, lui-même demeure en nous. Et ainsi nous progressons dans notre unité avec le Père, puisque le Fils demeure en lui par nature selon sa naissance éternelle et que nous-mêmes aussi sommes dans le Fils par nature, tandis que lui par nature demeure en nous.

 

Que cette unité soit en nous produite par sa nature, lui-même l'affirme ainsi : Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui. Car ce n'est pas tout homme qui sera en lui, mais celui en qui il sera lui-même : c'est seulement celui qui mangera sa chair qui aura en lui la chair assumée par le Fils.

 

Plus haut, il avait déjà enseigné le sacrement de cette parfaite unité, en disant : De même que le Père, qui est la vie, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui mangera ma chair vivra par moi. Donc, il vit par le Père ; et de la manière dont il vit par le Père, nous-mêmes vivons par sa chair.



 

Tout ce parallèle est à la base de notre intelligence du mystère ; il nous fait comprendre, par le modèle proposé, ce qui se passe. Donc, ce qui nous donne la vie, c'est que, dans les êtres charnels que nous sommes, le Christ demeure en nous par sa chair ; et il nous fera vivre en vertu du principe qui le fait vivre par le Père.

 

Méditation des mystères du Rosaire : aujourd’hui les mystères joyeux

 

L’Annonciation. L’ange Gabriel annonce à Marie : « Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus » (Lc 1, 31). Jésus veut dire « Dieu sauve ». Le salut s’accomplit par l’Incarnation. Pour sauver l’homme Dieu se fait homme. Le corps humain et non le Temple de Jérusalem devient la demeure de Dieu parmi les hommes.

La Vierge Marie devient « le buisson ardent » car en elle brûle sans se consumer la flamme de l’amour divin. En Jésus « habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité » (Col 2, 9). Comme Jacob à Béthel, nous pouvons nous exclamer : « Dieu est en ce lieu et je ne le savais pas ! » (Gn 28, 16).
Qu’avons-nous en commun avec Dieu ? La vie ? L’amour ? La raison ? L’image et la ressemblance ? Nous avons en commun avec Dieu l’humanité. L’une des trois personnes de la Trinité, le Fils, est homme. C’est cette humanité commune à Dieu et à chacun qui fonde la dignité sacrée de la personne, le dialogue des religions et les droits humains.

La Visitation. « Le Seigneur a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles » (Lc 1, 52), prie Marie dans le Magnificat en rencontrant sa cousine Élisabeth. Dieu enrichit l’humanité par la pauvreté de son Fils Jésus. Loin de dominer les hommes par sa force, le Fils de Dieu s’humilie lui-même en devenant fragile comme nous. Son corps humain connaît la faim, la soif, la fatigue, la souffrance… Par son abaissement, il exalte les humiliés qui comptent sur Dieu. Mystère paradoxal qui nous renvoie à Pâques où le Crucifié répand la Gloire de Dieu.

La naissance de Jésus. À Bethléem, Jésus est né dans une crèche. Certains historiens évoquent plutôt une grotte. Une étable n’est jamais un endroit propre et bien éclairé. Notre cœur non plus n’est pas limpide et pourtant Jésus vient y naître par la foi. La naissance de chaque enfant de ce monde n’est jamais très propre. Nous naissons dans le sang et les larmes. Il en va de même de notre naissance à la vie de Dieu qui passe par la recherche de Dieu, le péché et le repentir dans la lumière de la grâce.

La Présentation de Jésus au Temple et la purification de la Vierge Marie (photo). Par trois fois, saint Luc précise l’action du Saint-Esprit dans la démarche de Syméon qui accueille l’enfant Jésus dans ses bras. L’Esprit Saint repose sur lui. L’Esprit Saint l’avertit. L’Esprit Saint le pousse intérieurement à se rendre au Temple.
La vie spirituelle n’est rien d’autre que la vie dans l’Esprit Saint. C’est lui le grand protagoniste de nos journées et de nos victoires spirituelles contre l’esprit du mal. Viens Esprit Saint !

Le Recouvrement de Jésus au Temple. Saint Luc évangéliste souligne que ni Marie ni Joseph n’ont compris la parole de Jésus : « Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » (Lc 2, 49). Comme chaque chrétien, Marie et Joseph ont vécu dans la foi et de la foi. Ils ont commencé chaque journée sans connaître ce qu’ils allaient vivre mais ils savaient avec qui ils marchaient. Une autre appellation du Messie, l’Emmanuel, « Dieu avec nous », donne la clé nécessaire pour croire. Nous ne sommes pas seuls dans le cosmos. Le Sauveur fait route avec nous. Croire, c’est marcher avec Jésus.

Quant à Marie, « elle garde fidèlement toutes ces choses dans son cœur » (Lc 2, 51). C’est dans le cœur de Marie qu’est née la prière du Rosaire. C’est dans le cœur de Marie que chaque disciple de Jésus trouve accueil et consolation : « Voici ta mère » (Jn 19,27).

 

 

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6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 11:50

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

Date :  Mercredi 6 Mai 2020-05-04

 

Textes du Jour : Actes 12-24-13,5 ; Psaume 66 ; Jean 12,44-50

 

Commentaire

 

L’évangéliste Jean situe le texte d'aujourd'hui juste avant la dernière  Pâques : Jésus est entré triomphalement à Jérusalem, il est allé à Béthanie, invité à un repas avec Lazare, Marthe et Marie, cette dernière lui verse un parfum précieux (l’onction…), Jésus annonce à la foule à laquelle s’associe quelques grecs, la venue imminente de sa passion. Ce sera la Cène, le lavement des pieds, la Passion… Rappelons-nous ces paroles de Jésus :« Moi,  je suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres ».

Quelques heures après, « c'est l'heure », celle des ténèbres, où il se trouve plongé, lui et les siens. Heure aussi du combat contre le mal, le péché, la mort, qui semblent avoir le dernier mot quand la pierre est roulée.

Mais l'envoyé du Père sait au fond de lui même que le Père ne l'abandonnera pas (malgré les apparences) et c’est cela qui lui donne une réelle liberté.  Jésus, l’avons nous relu en Jean 5 est« la Lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde » si bien que « celui qui croit en moi ne mourra pas, mais il aura la lumière de la Vie ». La Lumière qui ne pouvait rester prisonnière des ténèbres se révèle le matin de Pâques, et invitent les premiers disciples à poser un acte de foi et de confiance.

Nous-mêmes avons sans cesse besoin d'être rétablis dans la confiance par la Lumière de Vérité, alors que les vents du monde sont si contraires, et le quotidien si lourd d'angoisses et de désillusions.  Que dire en cette sortie prévisible du confinement. Prions alors pour que « les yeux de notre cœur »soient donc illuminés, lavés par l'eau de l'Esprit qui vivifie, et qui nous invite à surpasser toute peur,  pour ne plus plonger que dans le regard d'amour que le Père pose sur nous. Alors c'est avec son regard que nous verrons nos frères et le monde entier dans sa Lumière et poserons sur toute chose  un vrai discernement dans la conduite à tenir dans les jours, semaines et mois à venir.« La patience est le style de Dieu » nous a rappelé récemment le pape François. Etrons dans la patience et la confiance de Dieu.

 

                                                                                                                       Père Frédéric Benoist

 

 

Paroles du pape François :

 

Prions aujourd'hui pour les défunts qui sont morts de la pandémie. Ils sont morts seuls, sans la caresse de leurs êtres chers, beaucoup n'ont même pas eu de funérailles. Que le Seigneur les accueille dans la gloire.

 

Il y a des attitudes qui ne permettent pas d'avancer dans la connaissance du Seigneur: les richesses, la rigidité, le cléricalisme, la mondanité... Il manque la liberté et on ne peut pas suivre Jésus sans la liberté.

 

« Prions aujourd’hui pour les familles. En ce temps de quarantaine, la famille, enfermée à la maison, cherche à faire beaucoup de nouvelles choses, à avoir beaucoup de créativité avec les enfants, avec tout le monde, pour avancer. Et il y a aussi autre chose, parfois il y a la violence domestique. Prions pour les familles, pour qu’elles continuent en paix avec créativité et patience, pendant cette quarantaine. 

 

« Tu as fait de nous un royaume et des prêtres pour notre Dieu »Je vous adjure par la miséricorde de Dieu. Saint

Homélie de saint Pierre Chrysologue (380-450) sur le sacrifice spirituel :

« Tu as fait de nous un royaume et des prêtres pour notre Dieu »

Paul nous demande, ou plutôt c'est Dieu qui nous demande par l'intermédiaire de Paul : Dieu veut être aimé plus qu'il ne veut être craint. Dieu demande parce qu'il ne veut pas tellement être Seigneur qu'être Père. Dieu demande avec miséricorde pour ne pas exiger avec rigueur.

Écoutez ce que demande le Seigneur : Reconnaissez en moi votre corps, vos membres, vos viscères, vos os, votre sang. Et si ce qui appartient à Dieu vous inspire de la crainte, est-ce que vous n'aimez pas ce qui est à vous ? Si vous fuyez le Seigneur, pourquoi ne recourez-vous pas à celui qui vous a engendrés ?Mais peut-être que l'énormité de ma passion, dont vous êtes les auteurs, vous couvre de honte ? Ne craignez pas. Cette croix a été mortelle non pour moi mais pour la mort. Ces clous ne me pénètrent pas de douleur, mais d'un amour encore plus profond envers vous. Ces blessures ne provoquent pas mes gémissements, mais elles vous font entrer davantage dans mon cœur. L'écartèlement de mon corps vous ouvre mes bras, il n'augmente pas mon supplice. Mon sang n'est pas perdu pour moi, mais il est versé pour votre rançon. Venez donc, retournez à moi et reconnaissez votre Père en voyant qu'il vous rend le bien pour le mal, l'amour pour les outrages, et pour de si grandes blessures une si grande charité. (…)

Mes frères, ce sacrifice du Christ dépend du modèle qu'il nous en a donné, lorsqu'il a immolé son corps pour que sa vie donne la vie au monde ; et vraiment il a fait de son corps un sacrifice vivant, puisqu'il vit en étant immolé. Avec une telle victime, la mort est donnée en rançon, le sacrifice demeure, le sacrifice est vivant, la mort reçoit son châtiment. C'est pourquoi les martyrs naissent en mourant, commencent leur vie lorsqu'ils la finissent, vivent par leur mise à mort, et brillent dans le ciel alors que sur la terre on croyait à leur extinction.

Je vous adjure, mes frères, par la miséricorde de Dieu, d'offrir vos corps en sacrifice vivant et saint. C'est ce que le Prophète a chanté : Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, mais tu m'as façonné un corps.

Sois le sacrifice et le prêtre de Dieu. Ne néglige pas le don que t'a concédé la souveraineté divine. Revêts la robe de la sainteté ; boucle sur toi le ceinturon de la chasteté ; que le Christ vienne voiler ta tête ; que la croix imprimée sur ton front te protège toujours ; mets sur ton cœur le mystère de la science divine ; fais brûler sans cesse l'encens de ta prière ; empoigne le glaive de l'Esprit ; fais de ton cœur un autel. Et ainsi présente ton corps à Dieu, offre-le sans crainte en sacrifice.Dieu désire la foi, et non la mort ; il a soif de prières et non de sang ; il se laisse réconcilier par le bon vouloir, non par le meurtre.

 

Demandons au Christ d’achever par l’Esprit Saint ce qu’il a commencé dans son Église :

R/ Exauce-nous, Seigneur ressuscité !

Jésus, souviens-toi de l’Église, née de ton côté ouvert : 
— qu’elle y puise l’eau et le sang dont elle vit.

 

Rappelle-toi l’humble amour de Pierre, à qui tu as confié la charge du troupeau : 
— garde à son successeur le même amour dans la même foi.

Rappelle-toi les bords du lac et la pêche miraculeuse : 
— rends fructueux le labeur des missionnaires.

Rappelle-toi le repas que tu préparais pour tes amis : 
— donne-nous le goût du pain partagé.

Souviens-toi que tu as brisé les portes de la mort :
— rassemble dans ton Royaume tous nos frères défunts.

 

 

Appel à don :

 

Nous sommes en train d’engager un certain nombre de dépenses pour aménager nos églises et salles de réunions pour la sortie du confinement (notamment des bornes de distributions de gel hydroalcoolique sans contacts. Depuis deux mois, les recettes de trésorerie sont réduites au minimum. Merci de nous aider pour le financement de toutes ces dépenses supplémentaires. Don à l’ordre de la paroisse Notre Dame, 40 allée du Jardin anglais

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6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 11:45

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 19:28

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

Date :  Mardi 5 Mai 2020

 

Textes du jour : Actes des Apôtres 11,19-26 ; Psaume 86 ; Jean 10,22-30

 

Commentaire :

 

Hier nous écoutions Pierre rendre compte à l’Eglise de Jérusalem de sa mission , notamment auprès du centurion Corneille. « Ainsi donc, même aux nations, Dieu a donné la conversion qui fait entrer dans la vie » (Actes11,18). Le texte d’aujourd’hui nous parle des disciples et compagnons d’Etienne, qui après son martyr, ne se sont pas cachés, mais sont partis évangéliser les juifs, jusqu’à Chypre et Antioche. L’Eglise de Jérusalem, une nouvelle fois, intervient, jusqu’à envoyer Barnabé, celui qui ira ensuite chercher Saul, Saul deviendra Paul.

Même si ce texte nous décrit le souci des premiers disciples de continuer à vouloir convertir les juifs, le Seigneur met dans le cœur des Apôtres, un désir plus grand, celui d’aller chercher le persécuteur qui deviendra apôtre des païens !

Dans l’évangile, la suite du chapitre 10 Les juifs veulent savoir avec certitude si Jésus est le Messie qu’ils attendent.
Ils ont longuement entendu Jésus parler de son identité, sous les images du pain de vie, de la lumière du monde et du bon pasteur… Ils ont aussi vu des œuvres : l’eau transformée en vin, la guérison du fils d’un fonctionnaire royal, celle d’un infirme à la piscine de Bethzatha, et d’un aveugle-né, la multiplication des pains …Ils ont vu beaucoup d’œuvres, mais ils ne croient pas ! Comment ici ne pas reconnaître bon nombre de nos contemporains qui disent : « j’aimerais bien croire mais  je n’y arrive pas ! »
Que nous dit Jésus de ses brebis (ceux qui écoutent sa Parole) ?
 « Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent  N’est-ce pas cela le mouvement de la foi ?  N’est-ce pas ce mouvement que nous contemplons en lisant les Actes des Apôtres?  Se laisser rencontrer  par Jésus et s’engager dans la voie concrète de ce que nous avons écouté, de cette voie de l’évangile qui nous nourrit, et qui rejoint notre cœur profond, et cela notamment grâce à l’œuvre de l’Esprit Saint qui travaille ces mêmes cœurs.  Alors n’attendons pas d’avoir vu, ne cherchons pas à savoir, mais écoutons Jésus dans sa parole et vivons ce que, par conséquent, nous croyons.

                                                                                                                                  Père Frédéric Benoist

 

Paroles du pape François :

 

Il y a des idées qui provoquent des divisions, mais l'idée de l'Esprit Saint est plus importante. Que le Seigneur nous libère des divisions et nous aide à comprendre ce grand mystère de Jésus qui est le pasteur de tous. En Lui, nous sommes tous frères

 

En ce temps de quarantaine, il y a dans les familles beaucoup de créativité, mais aussi, parfois, la violence domestique. Prions ensemble pour les familles, pour qu'elles continuent cette quarantaine en paix, avec créativité et patience.

 

J'ai accueilli la proposition « du Haut Comité pour la Fraternité humaine » afin que, le 14 mai, les croyants de toutes les religions s'unissent spirituellement dans une journée de prière et de jeûne, pour implorer Dieu d'aider l'humanité à surmonter la pandémie du Coronovirus

 

 

 

 

Le  Haut comité de la fraternité humaine  invite l’humanité à prier le 14 Mai :

Le Haut Comité de la Fraternité Humaine invite l’humanité à prier le 14 mai 2020, pour la fin de la pandémie du Coronavirus Covid-19.

Le « Haut Comité pour atteindre les objectifs contenus dans le Document sur la fraternité humaine » est né en septembre 2019, après la signature du document par le pape François et le grand imam d’Al-Azhar à Abou Dhabi – en février.

Dans communiqué publié ce 2 mai, les membres du Haut Comité s’adressent aux « croyants en Dieu » et aux « frères en humanité partout dans le monde » : « Notre monde se trouve, aujourd’hui, face à un danger imminent menaçant la vie de millions de personnes dans le monde à cause de la propagation accélérée du nouveau coronavirus (COVID-19) », soulignent-ils.

Tout en saluant le rôle de la médecine et de la recherche scientifique, ils encouragent aussi à « s’adresser à Dieu, le Créateur », spécialement le 14 mai : « Nous appelons tous les hommes et femmes partout dans le monde à demander à Dieu dans une prière, en observant le jeûne et en L’invoquant – chacun là où il se trouve selon sa religion, sa croyance, ou sa doctrine – de mettre fin à cette pandémie, de nous sauver de ce malheur et d’inspirer aux savants les moyens permettant de découvrir un remède susceptible de réduire à néant cette pandémie. »

Ils appellent de leurs vœux le rétablissement de « la sécurité, la stabilité, la santé et la prospérité de façon à rendre notre monde, après la fin de cette pandémie, plus humain et plus fraternel qu’avant ».

Le Comité appelle « tous les leaders religieux et tous les hommes partout dans le monde à répondre favorablement à cet appel humain et à s’adresser à Dieu d’une seule voix pour qu’Il sauve l’humanité ».

 


 Une belle catéchèse de Saint Basile (Ive siècle) sur le baptême, dans son traité sur l’Esprit Saint :

 

« Renaître de l'eau et de l'Esprit »

.Le Seigneur, qui nous dispense la vie, a établi une alliance avec nous, le baptême, qui comporte une figure de la mort et une figure de la vie ; l'image de la mort est accomplie par l'eau ; et quant à la vie, c'est l'Esprit qui nous en fournit le premier don. Ainsi apparaît en pleine lumière l'objet de notre recherche : pourquoi l'eau est-elle jointe à l'Esprit ? C'est que le baptême vise un double but : réduire à l'impuissance l'être de péché afin de ne plus porter des fruits pour la mort, mais aussi vivre de l'Esprit et porter des fruits qui conduisent à la sanctification. L'eau offre l'image de la mort en recevant le corps comme dans un tombeau ; l'Esprit infuse la force vivifiante en renouvelant nos âmes, qu'il fait passer de la mort du péché à la vie originelle. C'est donc cela, renaître de l'eau et de l'Esprit : la mort s'accomplit dans l'eau, et c'est l'Esprit qui produit notre vie.


C'est en trois immersions avec autant d'invocations que s'accomplit le grand mystère du baptême, afin que soit représentée la figure de la mort et que l'âme des baptisés soit illuminée par la communication de la connaissance de Dieu. Aussi bien, s'il y a dans l'eau une grâce, elle ne vient pas de la nature de l'eau, mais de la présence de l'Esprit. Car le baptême n'est pas la suppression d'une souillure extérieure, mais l'engagement envers Dieu d'une conscience droite. C'est donc pour nous préparer à la vie de ressuscités que le Seigneur nous propose de vivre selon l'Évangile, lorsqu'il nous prescrit de renoncer à la colère, de supporter le mal avec patience, de nous détacher des plaisirs, de ne pas désirer la richesse. Ainsi nous fait-il suivre la voie droite, lorsque nous adoptons à l'avance, par libre choix, ce que nous posséderons comme naturellement dans cette vie future.

C'est par l'Esprit Saint que se fait la réintégration au paradis, la montée vers le royaume des cieux, le retour à la vie des fils adoptifs. Par lui nous avons l'audace d'appeler Dieu notre Père ; il nous donne d'être en communion avec la grâce du Christ, de nous nommer fils de lumière, de participer à la gloire éternelle et, pour tout dire en un mot, d'être comblés de toute bénédiction dans ce siècle et dans le siècle à venir ; de voir dans un miroir, comme s'ils étaient déjà présents, la grâce des biens promis, dont la foi nous fait attendre la jouissance. Car si le premier don est aussi riche, qu'en sera-t-il du versement complet ? Et si les prémices sont aussi belles, qu'en sera-t-il de la plénitude totale ?

Bénissons le Père tout-puissant qui nous relève en son Fils ! Pour la gloire du Ressuscité qui rayonne sur le monde

R/Béni sois-tu !

Pour la lumière de la foi qui pénètre nos cœurs R/ , Pour l’avenir où tu nous engages avec toi R/ , Pour le chemin de l’éternité ouvert à tous les hommes R/,

Pour l’Esprit répandu sur toutes les nations R/ ,  Pour l’amour qui transforme le monde R/

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 12:12

 

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

Date : Lundi 4 Mai 2020

 

Textes du jour : Actes des Apôtres 11,1-18 ;  Psaume 41-42 ; Jean 10,11-18

 

Jésus, dans l’évangile de ce jour, se décrit donc lui-même comme le Pasteur qui connaît toutes ses brebis et chacune par son nom. Toutes écoutent sa voix et reconnaissent sa voix. Chacune est appelée, chacun reçoit son nom, chacune est conduite, mais parmi toutes. Il n’y a pas de laissées pour compte parmi les brebis de Jésus. Forte ou chétive, chacune aura, si elle le veut, « la vie en abondance ». Mais aucune ne pourra chercher la vie en dehors du troupeau. Le troupeau de Jésus sera donc, pour chacune, le lieu de l’accueil et le lieu du devoir, le lieu de la liberté et le lieu de la responsabilité. Assurée d’avoir tout son prix aux yeux du Pasteur, chaque brebis sera sans cesse réinsérée par lui dans le troupeau, le seul lieu où se trouvent celles qu’il aime, le seul lieu où l’on peut vivre quand on le suit et qu’on l’aime.

 

Un troisième trait du Bon Pasteur selon Jésus est qu’il est berger universel: Certes, il repart tous les matins avec les brebis de l’enclos, mais il regarde sans cesse plus loin, vers d’autres brebis qui déjà lui appartiennent et qu’il veut, elles aussi, conduire à la vie. Impossible, par conséquent, de réserver l’amour du pasteur aux seules brebis de l’enclos. On n’est digne de lui que si avec lui on regarde au loin, que si l’on fait place, en route et dans l’enclos, aux brebis inconnues dont il a dit le nom et qui sont accourues en écoutant sa voix.

 

C’est ce chemin de foi que Pierre, dans le récit des Actes des Apôtres, fait lui même. Après la rencontre de l’universalité de la mission dans le dialogue avec le centurion Corneille (chapitre 10), Pierre vient en effet rendre compte de sa mission et de sa “conversion” auprès de “l’Eglise mère” de Jérusalem.

 

De tout ce que l’apôtre Pierre dit, il ressort quelque chose de clair: Dieu est celui qui agi, et non pas l’homme. Tout émane de Lui, Il a tout planifié, et Il a tout mené à bien en Son temps. En d’autres termes: L’Esprit Saint parle (Actes 11,11-12); cette parole manifeste le salut de Dieu pour tous les hommes (V13-14); alors  l’Esprit saint scelle dans le Coeur des homes le sens universel et nouveau de la mission. (v.15-16).

 

 Demandons à l’Esprit de Dieu un tel discernement dans les jours et semaines que nous allons devoir mener dans nos vies, dans notre Eglise, dans notre communauté.

Père Frédéric Benoist

 

 

Parole du pape François : Traduction de son message de ce matin

 

Chers frères et sœurs, bonjour !

Le quatrième dimanche de Pâques, que nous avons célébré est dédié à Jésus Bon Pasteur. L’Évangile dit : « Les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.» (Jn 10,3). Le Seigneur nous appelle par notre nom, il nous appelle car il nous aime. Mais, dit encore l’Évangile, il y a d’autres voix, à ne pas suivre : celles des étrangers, des voleurs et des brigands qui veulent le mal des brebis.

Ces différentes voix résonnent en nous. Il y a la voix de Dieu, qui parle doucement à la conscience, et il y a la voix tentatrice qui conduit au mal. Comment reconnaître la voix du bon Pasteur de celle du voleur, comment distinguer l’inspiration de Dieu de la suggestion du malin ? On peut apprendre à discerner ces deux voix : elles parlent en effet deux langues différentes, c’est-à-dire qu’elle ont des façons opposées de frapper à la porte de notre cœur. Elles parlent différentes langues. De la même façon que nous savons distinguer une langue d’une autre, nous pouvons aussi distinguer la voix de Dieu et la voix du malin. La voix de Dieu n’oblige jamais : Dieu se propose, il ne s’impose pas. En revanche la mauvaise voix séduit, assaillit, contraint : elle suscite des illusions éblouissantes, des émotions alléchantes, mais passagères. Au début elle flatte, elle nous fait croire que nous sommes tout-puissants, mais ensuite elle nous laisse avec un vide intérieur et elle nous accuse : “Tu ne vaux rien”. La voix de Dieu, en revanche, nous corrige, avec beaucoup de patience, mais elle nous encourage toujours, nous console : elle alimente toujours l’espérance. La voix de Dieu est une voix qui a un horizon, au contraire la voix du mauvais t’amène droit au mur, elle t’amène au coin.

Une autre différence : la voix de l’ennemi détourne du présent et veut que nous nous concentrions sur les craintes de l’avenir ou sur les tristesses du passé. L’ennemi ne veut pas le présent : il fait réapparaître les amertumes, les souvenir des torts subis, de celui qui nous a fait du mal… tous les mauvais souvenirs. Au contraire la voix de Dieu parle au présent : “Maintenant tu peux faire du bien, maintenant tu peux exercer la créativité de l’amour, maintenant tu peux renoncer aux regrets et aux remords qui tiennent ton cœur prisonnier”. Il nous anime, il nous fait avancer, mais il parle au présent: maintenant.

Encore : les deux voix suscitent en nous des questions différentes. Celle qui vient de Dieu sera : “Qu’est-ce qui me fait du bien ?”. Pour sa part le tentateur insistera sur une autre question : “Qu’est-ce que j’aimerais faire ?”. Qu’est-ce qui me va : la mauvaise voix tourne toujours autour du moi, de ses pulsions, de ses besoins, du tout et tout de suite. Elle est comme les caprices d’un enfant : tout et maintenant. La voix de Dieu, en revanche, ne promet jamais la joie à bas prix : elle nous invite à dépasser notre moi pour trouver le vrai bien, la paix. Souvenons-nous : le mal ne donne jamais la paix, il donne une frénésie avant et il laisse amer ensuite. C’est le style du mal.

La voix de Dieu et celle du tentateur, en effet, parlent dans des “environnements” différents : l’ennemi privilégie l’obscurité, le mensonge, le commérage ; le Seigneur aime la lumière du soleil, la vérité, la transparence sincère. L’ennemi nous dira : “Ferme-toi en toi-même, personne ne te comprend ni ne t’écoute, ne fais pas confiance !”. Le bien, au contraire, invite à s’ouvrir, à être limpides et et confiants en Dieu et dans les autres. Chers frères et sœurs, en cette période tant de pensées et de préoccupations nous conduisent à nous enfermer en nous-mêmes. Faisons attention aux voix qui parviennent à notre cœur. Demandons-nous d’où elles viennent. Demandons la grâce de reconnaître et de suivre la voix du Bon Pasteur, qui nous fait sortir de l’enclos de l’égoïsme et qui nous conduit aux pâturages de la vraie liberté. Que la Vierge Marie, Mère du Bon conseil, oriente et accompagne notre discernement.

 

Intention de prière de la communauté:

 

Pour Christophe Hénard (60 ans) don’t les funérailles chrétiennes seront célébrées Mardi  5 Mai à 10h

 

 

 

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux » (Lc 10, 2). Jésus dès le début de sa mission avait prévenu... Mais il continue ainsi : « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ».

 

«Derrière toute vocation au sacerdoce ou à la vie consacrée et avant elle, il y a toujours la prière forte et intense de quelqu’un : d’une grand-mère, d’un grand-père, d’une mère, d’un père, d’une communauté… », disait le pape François lors de la Journée mondiale de prière pour les vocations en 2013.

« Les vocations naissent dans la prière et de la prière ; et elles ne peuvent persévérer et porter du fruit que dans la prière. »

Le Seigneur nous engage en ce sens à prier avec constance, persévérance et confiance, et à croire que nous serons exaucés. Non pas en comptant sur nos propres forces pour trouver des hommes et des femmes qui deviendront des serviteurs du Christ, mais en priant le maître de la moisson, c’est-à-dire Dieu le Père. C’est ce à quoi vous invite cette prière en cette journée mondiale de prière pour les vocations :

 

Dieu notre Père, nous te rendons grâce par ton Fils Jésus Christ.
Aujourd’hui, il nous invite à devenir serviteurs à sa suite.
Dieu notre Père, nous te rendons grâce pour ton Esprit.
Qu’il donne à chaque baptisé de découvrir et de vivre sa vocation dans l’Esprit.
Qu’il donne sa force à ceux qui choisissent de suivre le Christ dans la vie consacrée, les ministères ordonnés et le mariage.
Dieu notre Père, que ton Esprit donne à nos communautés de proposer de devenir prêtre ou diacre, d’inviter à la vie consacrée, et d’accompagner les époux chrétiens.
Que ton Esprit d’amour fasse de nous des serviteurs joyeux de l’Evangile, à la suite de ton Fils. Amen

 

 

 

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 11:41

MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS POUR LA 57éme JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE POUR LES VOCATIONS (3 mai 2020)

 

Les paroles de la vocation

 

Chers frères et sœurs!

Le 4 août de l’année dernière, lors du 160ème anniversaire de la mort du saint Curé d’Ars, j’ai voulu offrir une lettre aux prêtres qui, chaque jour consacrent leur vie à l’appel que le Seigneur leur a adressé, au service du peuple de Dieu.

A cette occasion, j’avais choisi quatre paroles-clés – souffrance – gratitude – courage et louange – pour remercier les prêtres et soutenir leur ministère. J’estime qu’aujourd’hui, en cette 57ème Journée Mondiale de Prière pour les Vocations, ces paroles peuvent être reprises et adressées à tout le Peuple de Dieu, sur le fond d’un passage évangélique qui nous raconte la singulière expérience survenue à Jésus et Pierre, durant une nuit de tempête sur le lac de Tibériade (cf. Mt 14, 22-33).

Après la multiplication des pains, qui avait enthousiasmé la foule, Jésus ordonna à ses disciples de monter dans la barque et de le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. L’image de cette traversée sur le lac évoque, en quelque manière, le voyage de notre existence. La barque de notre vie, en effet, avance lentement, toujours agitée parce qu’à la recherche d’un lieu d’accostage favorable, prête à affronter les risques et les opportunités de la mer, mais aussi désireuse de recevoir du timonier un virage qui conduise finalement vers la bonne direction. Mais parfois, il peut arriver qu’elle s’égare, qu’elle se laisse aveugler par les illusions, au lieu de suivre le phare lumineux qui la conduit à bon port, ou d’être défiée par les vents contraires des difficultés, des doutes et des peurs.

Il en est de même aussi dans le cœur des disciples, lesquels, appelés à suivre le Maître de Nazareth, doivent se décider à passer sur l’autre rive, en choisissant avec courage d’abandonner leurs sécurités et de se mettre à la suite du Seigneur. Cette aventure n’est pas tranquille : la nuit arrive, le vent contraire souffle, la barque est ballotée par les vagues, et la peur de ne pas y arriver et de pas être à la hauteur de l’appel risque de les dominer.

L’Evangile nous dit, cependant, que dans l’aventure de ce voyage difficile, nous ne sommes pas seuls. Le Seigneur, presqu’en forçant l’aurore au cœur de la nuit, marche sur les eaux agitées et rejoint les disciples, il invite Pierre à venir à sa rencontre sur les vagues, il le sauve quand il le voit s’enfoncer, et enfin, il monte dans la barque et fait cesser le vent.

La première parole de la vocation, alors, est gratitude. Naviguer vers le juste cap n’est pas une tâche qui relève de nos seuls efforts, et ne dépend pas seulement des parcours que nous choisissons de faire. La réalisation de nous-mêmes et de nos projets de vie n’est pas le résultat mathématique de ce que nous décidons dans un "moi" isolé ; au contraire, elle est avant tout la réponse à un appel qui vient d’En-Haut. C’est le Seigneur qui nous indique le rivage vers lequel aller et qui, bien avant, nous donne le courage de monter sur la barque ; alors qu’il nous appelle, c’est lui qui se fait aussi notre timonier pour nous accompagner, nous montrer la direction, nous empêcher de nous échouer dans les écueils de l’indécision et nous rendre même capables de marcher sur les eaux agitées.

Toute vocation naît de ce regard aimant par lequel le Seigneur est venu à notre rencontre, peut-être alors même que notre barque était en proie à la tempête. « Plus qu’un choix de notre part, la vocation est la réponse à un appel gratuit du Seigneur » (Lettre aux prêtres, 4 août 2019) ; c’est pourquoi, nous réussirons à la découvrir et à l’embrasser, quand notre cœur s’ouvrira à la gratitude et saura saisir le passage de Dieu dans notre vie.

Quand les disciples voient Jésus s’approcher en marchant sur les eaux, ils pensent d’abord qu’il s’agit d’un fantôme et ils ont peur. Mais aussitôt Jésus les rassure par une parole qui doit toujours accompagner notre vie et notre chemin vocationnel : « Courage, c’est moi, n’ayez pas peur ! » (v.27). Justement c’est la seconde parole que je voudrais vous confier : courage.

Ce qui souvent nous empêche de marcher, de grandir, de choisir la voie que le Seigneur trace pour nous, ce sont les fantômes qui s’agitent dans notre cœur. Quand nous sommes appelés à laisser notre rivage de sûreté et à embrasser un état de vie – comme le mariage, le sacerdoce ordonné, la vie consacrée –, la première réaction est souvent représentée par le "fantôme de l’incrédulité" : ce n’est pas possible que cette vocation soit pour moi ; s’agit-il vraiment du juste chemin ? le Seigneur me demande-t-il vraiment cela ?

Et, peu à peu, croissent en nous toutes ces considérations, ces justifications et ces calculs qui nous font perdre l’élan, qui nous troublent et nous paralysent sur le rivage de départ : nous pensons avoir fait fausse route, ne pas être à la hauteur, avoir simplement vu un fantôme à chasser.

Le Seigneur sait qu’un choix fondamental de vie – comme celui de se marier ou de se consacrer de façon spéciale à son service – nécessite du courage. Il connaît les interrogations, les doutes et les difficultés qui agitent la barque de notre cœur, et c’est pourquoi il nous rassure : "N’aie pas peur, je suis avec toi !". La foi en sa présence, qui vient à notre rencontre et nous accompagne, même quand la mer est en tempête, nous libère de cette acédie que j’ai déjà eu l’occasion de définir comme une « douce tristesse » (Lettre aux prêtres, 4 août 2019), c’est-à-dire ce découragement intérieur qui nous bloque et ne nous permet pas de goûter la beauté de la vocation.

Dans la Lettre aux prêtres, j’ai parlé aussi de la souffrance, mais ici je voudrais traduire autrement ce mot et me référer à la fatigue. Toute vocation comporte un engagement. Le Seigneur nous appelle parce qu’il veut nous rendre comme Pierre, capables de "marcher sur les eaux", c’est-à-dire de prendre en main notre vie pour la mettre au service de l’Evangile, dans les modes concrets et quotidiens qu’il nous indique, et spécialement dans les diverses formes de vocation laïque, presbytérale et de vie consacrée. Mais nous ressemblons à l’Apôtre : nous avons le désir et l’élan, cependant, au même moment, nous sommes marqués par des faiblesses et des craintes.

Si nous nous laissons emporter par la pensée des responsabilités qui nous attendent – dans la vie matrimoniale ou dans le ministère sacerdotal – ou par les épreuves qui se présenteront, alors nous détournerons vite notre regard de Jésus et, comme Pierre, nous risquerons de couler. Au contraire, même dans nos fragilités et nos pauvretés, la foi nous permet de marcher à la rencontre du Seigneur Ressuscité et de vaincre même les tempêtes. En effet, il nous tend la main quand, par fatigue ou par peur, nous risquons de couler, et il nous donne l’élan nécessaire pour vivre notre vocation avec joie et enthousiasme.

Enfin, quand Jésus monte sur la barque, le vent cesse et les vagues s’apaisent. C’est une belle image de ce que le Seigneur opère dans notre vie et dans les tumultes de l’histoire, spécialement quand nous sommes dans la tempête : Il commande aux vents contraires de se calmer, et les forces du mal, de la peur, de la résignation n’ont plus pouvoir sur nous.

Dans la vocation spécifique que nous sommes appelés à vivre, ces vents peuvent nous épuiser. Je pense à ceux qui assument d’importantes charges dans la société civile, aux époux que, non pas par hasard, j’aime définir comme "les courageux", et spécialement à ceux qui embrassent la vie consacrée et le sacerdoce. Je connais votre fatigue, les solitudes qui parfois alourdissent le cœur, le risque de l’habitude qui petit à petit éteint le feu ardent de l’appel, le fardeau de l’incertitude et de la précarité de notre temps, la peur de l’avenir. Courage, n’ayez pas peur ! Jésus est à côté de nous et, si nous le reconnaissons comme l’unique Seigneur de notre vie, il nous tend la main et nous saisit pour nous sauver.

Et alors, même au milieu des vagues, notre vie s’ouvre à la louange. C’est elle la dernière parole de la vocation, et elle veut être aussi l’invitation à cultiver le comportement intérieur de la sainte Vierge Marie : reconnaissante pour le regard de Dieu qui s’est posé sur elle, confiant dans la foi ses peurs et ses troubles, embrassant avec courage l’appel, elle a fait de sa vie un éternel chant de louange au Seigneur.

Chers frères et sœurs, spécialement en cette Journée, mais aussi dans l’action pastorale ordinaire de nos communautés, je désire que l’Eglise parcoure ce chemin au service des vocations, en ouvrant des brèches dans le cœur de chaque fidèle, pour que chacun puisse découvrir avec gratitude l’appel que Dieu lui adresse, trouver le courage de dire "oui", vaincre la fatigue dans la foi au Christ et, enfin, offrir sa vie comme un cantique de louange pour Dieu, pour les frères et pour le monde entier. Que la Vierge Marie nous accompagne et intercède pour nous.

Rome, Saint Jean de Latran,

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 11:39

 

Quatrième dimanche de Pâques : Dimanche du Bon Pasteur

Homélie

 

 

 

 

« Je suis le bon pasteur, Je suis la porte » (jean 10,1-10)

 

 

 

Homélie de ce quatrième dimanche de Pâques :

 

Nous appelons communément le quatrième dimanche de Pâques, « le dimanche du bon pasteur ». Nous lisons, selon les années liturgiques, un passage du chapitre 10 de l’évangile de Jean. Aujourd’hui les dix premiers versets. Jésus est présenté à travers deux images qui se complètent : celle du « pasteur »v(du berger)vet celle de la « porte de la bergerie ». La bergerie est le lieu d’habitation du troupeau, que nous sommes, celle-ci est un refuge, une demeure, un lieu de repos après les fatigues du chemin. IL ya la bergerie de nos foyers familiaux, vous savez ? ces petites Eglises domestiques, qu’aujourd’hui, en cette période du confinement, nous sommes invités à découvrir, redécouvrir et entretenir. La bergerie c’est l’Eglise, notre Eglise particulière, notre paroisse, notre communauté, qui doit relier, rassembler, le troupeau autour du Christ, de sa Parole et de ses sacrements. L’Eglise doit prendre soin de toutes les brebis, de toutes les Eglises domestiques. Chaque Eglise domestique doit se confier à l’Eglise.  La bergerie a une porte, et dispose d’un gardien. Différentes personnes s’approchent du troupeau, le voleur, le bandit,  entrent dans l’enclos par une voie dérobée, le pasteur entre, lui, par la porte. C’est ce dernier qu’il faut écouter et suivre. S’instaure alors une confiance, une familiarité entre le pasteur et les brebis, par l’écoute de la voix du pasteur. Ce dernier conduit ses brebis sur « un vert pâturage », elles trouvent une vraie et bonne nourriture. Jésus est le vrai et unique pasteur, de nos Eglises domestiques, de l’Eglise communautaire.

 

Jésus pasteur est aussi la porte : il est la porte du salut pour toute l’humanité, en offrant sa vie : Qui le suit marchera dans la lumière, les ténèbres du péché et de la mort ne  l’arrêtent pas.

 

Dans notre monde occidental moderne, l’image du troupeau et du pasteur, n’est plus trop présente. Je serai même tenté de dire que nous pouvons et revendiquons et savons nous passer du pasteur qu’est le Christ. Comment écoutons-nous sa voix , sa Parole ? Comment nous laissons-nous conduire par lui dans nos vies ? …

 

Dans la civilisation juive, la figure du pasteur était familière.  Elle servait à désigner la fidélité de Dieu à son peuple. Voilà sans doutes pourquoi, Jean l’utilise et l’attribue à Jésus, qui en étant fidèle à son Père, manifeste, en sa personne, la présence de Dieu auprès de son peuple, son troupeau.  Dans une histoire tourmentée, que racontent le livre de  l’Exode et les prophètes, Dieu manifeste et renouvelle sa tendresse, il ramène et rassemble les hommes qui se sont perdus et dispersés et qui sont dans l’obscurité de l’Exil. Dieu fait sortir le peuple de cet exil (Ezéchiel 34) , le ramène sur de verts pâturages (Ps.22). La bête perdue est recherchée, la bête blessée est soignée. Le troupeau est invité à se laisser guider par la main de Dieu. Jésus qui est « la vérité, le chemin et la vie » (Jean 14) , se place dans ce juste sillage de l’alliance. Jésus connaît son peuple, il appelle chacune de ses brebis par son nom. Cette connaissance particulière fait naître la confiance pleine et entière.

 

Jésus est aussi la porte. La porte de l’Eglise. Cette dernière ne peut exister que parce que Jésus est là. L’Eglise a pour mission première d’écouter la voix du pasteur, et de suivre le chemin. On ne peut pas entrer et faire partie de l’Eglise par un autre chemin, par une autre voie dérobée. Paul emploiera une autre image pour désigner l’Eglise : celle du corps ; La tête du corps c’est le Christ et chaque membre  du corps est relié à la tête qu’est le Christ.

Jésus est la porte : « Je suis » : le Je suis de la révélation de l’Exode, la révélation du Nom de Dieu, du Dieu qui sauve l’homme et le libère. Jésus est la porte, l’ouverture entre Dieu et les hommes, en tant que Parole incarnée, il conduit chaque homme à la connaissance et à la vérité de Dieu.

 

Le Christ est donc pour nous le pasteur et la porte. Le guide et le passage. Je vous invite à accueillir, en l’intériorisant, cette double approche du Christ dans nos vies. Il y a en effet une dimension « spirituelle et affective » avec la personne de Jésus qu’il nous faut sinon découvrir, au moins entretenir. Comment entendre, du plus profond de son être, la voix du pasteur, la voix de Jésus ? Le silence de la prière, au milieu des multitudes voix que nous entendons et qui tournent parfois à la cacophonie. Est-ce la voix de Jésus que j’écoute, est-ce son appel que j’entends pour guider ma vie ?

Mais comment savoir si c’est la voix de Jésus qui parle ? Nous pouvons faire à notre tour, l’expérience des disciples d’Emmaüs, en prenant le temps de nous laisser rejoindre par le Christ, en écoutant la voix de son enseignement, en laissant nos cœurs brûler au feu de son amour. C’est en se sachant aimé par le Christ, que nous entendons sa voix.

Est-ce que je me sens aimé par le Christ ? Une foi trop « rationaliste » trop fondé sur le faire et le devoir moral, peut nous empêcher d’entendre la voix de celui qui nous appelle à l’amour de soi et des autres. De plus, ne nous laissons pas distraire par les multiples voix de ceux et celles qui croient connaître le chemin de notre bonheur. Ces voix qui nous parlent d’avoir toujours plus, de faire toujours plus, de démultiplier les loisirs, les droits, les avoirs… Quel chemin périlleux du bonheur. Quel bonheur fragile et éphémère. C’est sans doutes, là un message à entendre de la crise que nous vivons ces jours. Seul le Christ nous conduit vers la Béatitude réelle, profonde et vraie, en Dieu. Nous pouvons parcourir les catéchèses du pape François sur les Béatitudes, qui nous sont envoyées.

 

C’est aujourd’hui la journée mondiale de prière pour les vocations. Nous pouvons lire le message que le pape François nous adresse à l’occasion de cette journée. Nous sommes invités à prier en particulier pour les vocations sacerdotales, pour que le Seigneur envoie à son Eglise de « bons pasteurs ». L’aventure de la foi n’est pas toujours facile, nous dit le pape François, mais nous ne sommes jamais seuls. , il y a aujourd’hui des vents et des voix contraires au message de l’Evangile hier comme aujourd’hui. « Naviguer vers le juste cap n’est pas une tache qui relève de nos seuls efforts et ne dépend pas seulement des parcours que nous choisissons de faire. La réalisation de nous-mêmes et de nos projets de vie (…) n’est pas le résultat de ce que nous décidons  dans un « moi » isolé », (…) elle est avant tout dans la réponse à un appel qui vient d’En-Haut.

Prions pour que des jeunes entendent cet appel du Christ dans l’écoute de sa Voix. Le Christ n’abandonne jamais ses apôtres. Le chemin vocationnel de nos jeunes est d’entendre cette voix « Courage, c’est moi n’ayez pas peur » (Matthieu 14,27). Ne les détournons pas de la voie qui les fait entre la Voix. L’Eglise manque cruellement de pasteurs, notre société se détourne de l’Eglise, pour autant, nous avons que celle-ci, à travers les siècles, est une barque où l’on peut se réfugier dans les tempêtes de la vie. L’Eglise est secouée par les tempêtes, les apôtres ne sont pas toujours des plus fiables, pour autant le Christ, bon pasteur et Porte de l’enclos, sait ce qu’il fait. Nous devons être fidèles à ses appels et à sa Parole. La « brebis » appelée et choisie par le Christ, redisons-le, n’est jamais seul. Jésus la porte sur ses épaules.

 

                                                                                                           Père Frédéric Benoist

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3 mai 2020 7 03 /05 /mai /2020 11:35

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

Date : Dimanche 3 Mai 2020 : quatrième dimanche de Pâques : « Dimanche du bon pasteur »

              Saint Philippe, saint Jacques

 

Textes du jour : Actes des Apôtres 2,14.36-41 ; Psaume 22 ; Première lettre de Pierre 2,20-25 ; Jean 10,1-10

 

Saint Augustin : 40e traité : « Pasteur et porte »

 

  1. Vous avez déjà appris, au nom du Seigneur, qui est le bon pasteur, et comment les bons pasteurs sont ses membres ; vous savez qu’il n’y a par conséquent qu’un seul pasteur. Vous n’ignorez pas davantage quels sont les mercenaires à supporter ; le loup, les voleurs et les brigands à éviter ; vous connaissez les brebis et la porte par laquelle entrent dans le bercail les brebis et le pasteur. On vous a dit qui est-ce qui est désigné sous le nom de portier ; enfin, vous savez que celui qui n’entre point par la porte est un voleur et un brigand, dont le but unique est de dérober, de tuer et de détruire. Tout cela a été dit et, je le pense, suffisamment expliqué. Notre Sauveur Jésus-Christ nous a déclaré être le pasteur et la porte, et il a ajouté que le bon pasteur entre dans la bergerie par la porte ; aujourd’hui, nous dirons donc, avec le secours de la grâce, comment il entre par lui-même. Puisque, d’une part, nul n’est bon pasteur s’il n’entre par la porte, et que, d’autre part, il est lui-même et particulièrement le bon pasteur et aussi la porte, je dois nécessairement comprendre qu’il entre par lui-même dans le bercail, qu’il fait entendre sa voix à ses brebis afin qu’elles le suivent, et qu’en entrant et en sortant, elles trouvent des pâturages, c’est-à-dire la vie éternelle.
  2. Je m’explique donc sans plus tarder. Je cherche à pénétrer en vous, c’est-à-dire en vos cours ; c’est pourquoi je vous prêche le Christ : si je vous prêchais autre chose, je chercherais à entrer par un autre endroit. Le Christ est donc pour moi la porte par laquelle il m’est légitimement possible d’arriver jusqu’à vous : par le Christ, je pénètre, non jusqu’à vos murs, mais jusqu’à vos cœurs. J’entre en vous par le Christ, et vous l’écoutez volontiers parler par ma bouche. Et pourquoi l’écoutez-vous avec plaisir en ma propre personne ? Parce que vous êtes les brebis du Christ, rachetées au prix de son sang. Vous connaissez votre valeur : je ne vous la donne [647] pas, cette valeur ; je ne fais que vous l’annoncer. Celui qui a versé pour vous son sang, vous a achetés, et ce sang précieux est le sang de Celui qui est sans péché. Et Celui-là a donné de la valeur au sang des fidèles pour lesquels il a répandu son précieux sang ; s’il ne lui avait pas communiqué cette valeur, il ne serait pas dit : « La mort de ses élus est précieuse aux yeux du Seigneur (1) ». Par conséquent, il n’a pas été le seul à mettre en pratique ces paroles : « Le bon pasteur donne a sa vie pour ses brebis ». Et puisque ceux qui l’ont fait sont ses membres, il est, à vrai dire, le seul qui l’ait fait. Sans eux, il a pu agir de la sorte ; mais qu’auraient-ils pu faire sans lui, puisqu’il a dit : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire (2) ? » La preuve que les autres ont donné leur vie pour leurs brebis, je la trouve dans une épître de ce même apôtre Jean, qui a écrit l’Evangile dont on vous a donné lecture : « Comme le Christ a donné sa vie pour nous, ainsi devons-nous a donner la nôtre pour nos frères (3) ». « Nous a devons » ; en nous donnant l’exemple, il nous a imposé l’obligation de ce sacrifice. C’est pourquoi il est écrit quelque part : « Quand tu seras assis pour manger avec le roi, considère attentivement ce qu’on placera devant toi : tends alors la main, et sache qu’il te faut préparer de telles choses (4) ». Cette table du roi, quelle est-elle ? Vous le savez. Là se trouvent le corps et le sang de Jésus-Christ : celui qui s’approche d’une pareille table doit préparer de pareilles choses. Qu’est-ce à dire : il doit préparer de pareilles choses ? « Comme le Christ a donné sa vie pour nous, ainsi devons-nous », pour l’édification du peuple et l’affirmation de notre foi, « donner la nôtre pour nos frères ». Aussi le Sauveur dit-il à Pierre, dont il voulait faire un bon pasteur, non en Pierre lui-même, mais dans son propre corps : « Pierre, m’aimes-tu ? Pais mes brebis ». Il ne se contenta pas de lui parler ainsi une seule fois, il lui répéta ces paroles deux et trois fois, jusqu’à le contrister. Et quand il l’eut interrogé autant de fois qu’il jugea à propos de le faire, pour obtenir de lui une confession triple comme son reniement, quand il lui eut, pour la troisième fois, confié ses brebis, il lui dit : « Lorsque tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais ; mais lorsque, dans ta vieillesse, tu étendras tes mains, un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudras pas ». L’Evangéliste a donné l’explication des paroles du Sauveur ; la voici : « Il dit cela, pour marquer par quelle mort il devait glorifier Dieu (1) ». Ces mots : « Pais mes brebis », signifient donc : Tu dois donner ta vie pour tes brebis.

 

 

Qui sont Philippe et Jacques, apôtres, fêtés le 3 Mai ?

 

Pendant des siècles, Saints Philippe et Jacques ont été fêtés au 1er mai, jour où leurs reliques furent transférées dans la basilique romaine des douze apôtres. Récemment, ils ont laissé leur place à l’humble saint Joseph pour réconforter les travailleurs.
Philippe était de Bethsaïde, sur la rive nord du lac de Tibériade, comme André et son frère Pierre. Jean le Baptiste, qui se tenait à Béthanie au delà du Jourdain avec deux de ses disciples, leur dit en voyant Jésus : « Voici l’agneau de Dieu. » Les deux disciples suivirent Jésus, l’un d’eux était André, le second sans doute Philippe.
Jésus leur dit : « Viens, suis-moi. » Tout de suite Philippe évangélise Nathanaël : « Nous avons trouvé le Messie… viens et vois. » (Jean 1, 45-46). On retrouve Philippe au moment de la multiplication des pains : « Jésus dit à Philippe : ‘Où achèterons-nous des pains pour que tous ces gens puissent manger ?’ » (Jean 6, 5). Peu avant la passion, des Grecs qui veulent voir Jésus, s’adressent à lui : « Nous voulons voir Jésus. » (Jean 12, 20) Au soir de la dernière Cène, Philippe, lui, veut voir Dieu : « Montre-nous le Père et cela nous suffit. – Philippe qui me voit, voit le Père. » (Jean 14, 8) Philippe, le disciple qui veut voir et fait voir …
Jacques est moins connu. Les exégètes distinguent plusieurs Jacques autour du Seigneur : Jacques le Majeur, fils de Zébédée et frère de Jean, Jacques, fils d’Alphée dont on sait seulement qu’il fut apôtre, et celui-ci, Jacques, frère du Seigneur, de sa parenté et originaire de Nazareth. Il aurait dirigé l’Eglise de Jérusalem et serait mort martyr vers 62. C’est lui que nous fêtons aujourd’hui.

 

Messes télévisées :        Sur France 2 à 11h.

                                           Sur Kto à 1Oh à Lourdes ; 18h30 en l’église saint Etienne du Mont

 

Intentions de prière : Pour Suzanne Delnegro et Bachi Gudo dont nous avons célébré les funérailles chrétiennes cette semaine ; Pour Marion Grau, Renée Angenard, Renée Brunie, les membres des familles Pinondel et Vartanian, William Petriccioli, Vincent Bertheloot, qui sont recommandés à notre prière d’aujourd’hui

 

Dimanche 3 Mai de 10h à 10h45 vos prêtres seront dans l’église pour celles et ceux qui désirent recevoir l’hostie consacrée, destinée à célébrer la messe télévisée du dimanche à 11h.  Les cloches de l’église sonneront à 10h40

 

Dimanche 3 Mai : Journée mondiale de prière pour les vocations : Tous ceux qui cheminent sur leur parcours de discernement ont vraiment besoin de votre soutien spirituel et de vos dons pour répondre librement à l’appel de Dieu. En choisissant de faire un don à l’Œuvre des Vocations, vous agissez avec générosité et responsabilité pour que ces jeunes puissent répondre pleinement à leur vocation.

Au nom des évêques d’Ile-de-France qui ont missionné l’Œuvre des Vocations, soyez remerciés.   

 

 

Comment soutenir la paroisse du Raincy par la « quête en ligne » ?

Dans les circonstances exceptionnelles que nous vivons, avec notamment la suspension de toute célébration dans votre église, la paroisse connaît une chute importante de ses ressources (quêtes, cierges, intentions de messes, dons pour les mariages, baptêmes, etc..). Comment apporter un soutien financier à notre communauté paroissiale

En utilisant le dispositif de « quête en ligne » mis en place par la Conférence des évêques de France (en précisant que votre don revient directement à la paroisse, comme pour la quête).

Mode d’emploi :

  • Aller sur le site www.quête.catholique.fr
  • Choisir votre diocèse dans la liste : "SAINT-DENIS EN FRANCE (93)"
  • Choisir ensuite votre paroisse : « LE RAINCY »
  • Saisir votre adresse mail
  • Régler votre offrande par carte bancaire (partie droite).

En versant directement dans le tronc des cierges (entrée à droite dans l’église) au moins l’équivalent de ce que vous auriez donné à la quête lors des messes.

Ou bien en déposant sous enveloppe dans la boite aux lettres du presbytère 40 allée du Jardin Anglais tout don en espèces ou en chèque à l’ordre de la Paroisse du Raincy (dans ce dernier cas, il sera considéré comme Denier et bénéficiera de la réduction fiscale)

Ou enfin en complétant votre denier « en ligne » directement sur le site du diocèse (règlement par carte bancaire) à l’adresse suivante : https://saint-denis.catholique.fr/don-en-ligne

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Nos témoignages, nos informations, nos initiatives

Nous souhaiterions que ce bulletin puisse témoigner de la vie de la communauté, malgré le confinement. Nous sommes séparés physiquement, mais unis dans la prière. Pour autant par vos témoignages, la notion de communauté sera véritablement incarnée. Alors envoyez nous des informations, des prières, des témoignages

 

Pour la bonne santé de son couple :

nous pouvons visionner les deux soirées que l’association « Cana-couples » du Chemin neuf ont réalisé :

https://youtu.be/DsxXsiaGgbw

https://youtu.be/pffkhefh000

 

Un témoignage de soutien à la communauté des petites sœurs des pauvres de Saint Denis  par une mobilisation de quelques paroissiens

Dimanche 12 avril 13h30…

Un appel de Mère Seila de la maison de retraite des petites sœurs des pauvres à Saint Denis.

« Je vous souhaite de joyeuses fêtes de Pâques ainsi qu’aux jeunes de la paroisse du Raincy, cette année est très spéciale avec la situation que nous vivons ... et j’ai une grande aide à vous demander pour le combat que nous menons contre le covid 19 : dans 15 jours, nous n’aurons plus de blouses jetables pour protéger nos soignants auprès des malades, il faudrait en confectionner avec des draps »

« Ma mère, je n’ai ni draps ni machine à coudre et je suis confinée, combien en faut-il ? »

« 15 à 20 par jour, 50 serait bien »

Holala, un vrai défi à surmonter !

 

Lundi 13

Les draps me sont livrés par un bénévole au nom adéquat : Michel Ange. J’appelle mes amies, les bonnes volontés potentielles sensées avoir une machine à coudre.

 

Mardi 14

Marie et moi, patron à l’appui, masquées, gantées, gros ciseaux en main, coupons, coupons toute une semaine les après midis en récitant le chapelet.

Puis Line, Monique, Isaline, Marie Joëlle, Catherine, Pauline, Pascale bâtissent, piquent, piquent et repiquent. Une heure et demi et plus pour une blouse. Eh oui, nous ne sommes pas des couturières professionnelles, chacune à son rythme.

Isaline cousait le jour les masques qu’elle vend et la nuit les blouses.

 

Jeudi 22 : Le Challenge est réussi.

Les rôles sont inversés : ce sont les participants qui remercient d’avoir eu l’occasion d’avoir apporté une aide.

Pauline témoigne : Merci de m’avoir appelée, je n’avais rien fait durant ce confinement, ça m’a permis d’être un tout petit peu un héros.

Travaillant toute la journée en télétravail, il lui a fallu du courage pour ne pas s’endormir sur la machine à coudre je suppose

Toutes avaient l’objectif de faire vite ..

Soeur Elisabeth nous remercie : Cela nous fait chaud au cœur de voir combien vous vous êtes impliquées et nous soutenez dans ce combat que nous menons contre le coronavirus. Nos soignants vont être protégés. merci. merci.

Josette Vivier

Vivre le confinement au quotidien : Faire de nos maisons, de nos familles des « Eglises domestiques », à l’appel du pape François :

En ce qui me concerne, depuis le début du confinement, j'ai créé un petit "coin spi" dans ma salle à manger :

Une statue de Marie sur une petite table, une bougie, un bouquet de fleurs du jardin que je change régulièrement. J'y dépose également les prières ou des textes que je trouve dans vos bulletins et que j'ai imprimés. 

Ainsi, dans la journée, je peux m'arrêter un instant, me recueillir, relire ces textes, et quand je passe dans cette pièce, même rapidement Elle est là... 

Tous les dimanches nous regardons la messe sur France 2 et sur youtub, j'ai pu voir plusieurs cérémonies très émouvantes.  Tout cela est important pour moi,  merci encore pour ce rendez-vous quotidien.

Dominique Choffé

Témoignage d’une paroissienne qui a connu le deuil de sa maman :

Merci, une fois encore pour le bulletin quotidien de la paroisse qui stimule ma prière. Il signifie que notre communauté est vivante et c'est un grand soutien. Nous pensons à vous qui célébrez à deux dans une église vide mais non pas désertée ( Il y a toujours du passage à chaque fois que je m'y rends ) Soyez assurés que nous vous portons dans nos prières .

La Semaine Sainte a été vécue avec une intensité particulière par toute la famille cette année :  la mort de Maman aux Rameaux nous a réunis ( par internet ) pour une grande soirée de prière  en famille .Nous avons pu aussi échanger pour préparer la cérémonie

Cette période est étrange qui nous rapproche les uns des autres alors que nous ne pouvons nous réunir .Elle fait apparaître que nous étions riches et que nous n'en avions pas conscience. Nous ne serons plus exactement les mêmes après .

Pour ma part, je savoure chaque communication téléphonique avec les enfants , les petits-enfants , mon époux (hospitalisé) ou les amis. Il faudra attendre  avant de se retrouver...

Je suis très gâtée , moi qui ai un jardin, une maison, la santé . Je suis entourée de bienveillance et d'affection  alors j'essaie de me rendre utile : je couds des masques et des blouses ,je téléphone à des personnes isolées. ..

Je m'efforce de faire de cette "retraite"forcée une période enrichissante. Ce n'est pas si facile à l'écoute de certains médias !..Mais elle révèle nos aspirations profondes, elle nous invite à nous poser les bonnes questions, à redéfinir nos priorités , à repenser nos engagements ...C'est ce que je m'efforce de faire modestement...

Voilà ce que m'inspire le temps présent . Comme je ne suis pas un " pur esprit", j'essaie aussi de me nourrir correctement ,de me distraire régulièrement , de lire, de jardiner ...et même de ne rien faire !

Comme vous le voyez, ma vie n'a rien d'original... J'écoute aussi Radio Notre Dame  : bravo Frédéric pour ton intervention de ce matin !

Merci encore à vous qui nous accueillez le dimanche et nous permettez de recevoir la communion . C'est très précieux ..

Monique Crouzier

Chers parents, chers enfants de la catéchèse, vos catéchistes vous font parvenir une proposition de catéchèse pour vos enfants, chaque dimanche avec le site Théobul. Que ce soit un beau moment de partage en famille autour de la Parole de Dieu du dimanche.

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2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 10:42

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

Date :  Samedi 2 Mai : saint Athanase

 

Textes du jour : Actes des Apôtres 9,31-42 ; Psaume 115 ; Jean 6,60-69

 

Commentaire :

 

Nous avons écouté l’enseignement de Jésus sur le Pain de vie depuis plusieurs jours dans l’Evangile. Jésus nous a communiqué la réalité de l’amour que Dieu a pour chacun de nous : l’amour dont le Christ nous a parlé n’est pas seulement ‘parole’ : il s’agit d’un Amour qui va au-delà de n’importe quelle attente, de n’importe quelle imagination. Le Sauveur est l’Amour qui se donne lui-même, qui partage notre vie – ou, plutôt c’est Lui qui nous fait partager Sa Vie : “Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle” (Jn 6,54).

  Pourquoi cela  provoque-t-il  des réactions négatives ? Jésus n’a pas été compris par ses contemporains : la même chose se passe aujourd’hui, étant donné que beaucoup de monde n’arrive pas à Le comprendre ou ne l’écoute pas du tout. 

            La Parole de Jésus n’est pas dure,  c’est  notre cœur, au contraire, qui est endurci : il se renferme souvent et refuse d’écouter, le plus souvent, il ne prend pas le temps, tandis que la Parole du Seigneur est plus douce que le miel (cf. Ps 119, 103). Ce n’est pas trop difficile d’accueillir Sa Parole et de la vivre au jour le jour. Avec Son enseignement exigeant, le Christ nous offre en fait une vie heureuse – Il ne nous a jamais promis une vie facile et sans embuches.

            Lorsque le Sauveur, avec tendresse, douleur et fermeté, s’adresse à nous, en nous posant la question: “Vous aussi, vous voulez me quitter?” (Jean 6,67), nous devons répondre rapidement : “A qui irions-nous? Toi seul, tu as les Paroles qui donnent la vie ”, à savoir, les Paroles qui nous donnent une vie ‘heureuse’ et surtout pleine de sens

            En effet, Sa demande va au-delà du fil du temps, dépasse les siècles et s’adresse à nous, aujourd’hui. Il nous interroge et attend notre décision. Si nous sommes en train de  méditer ce passage de l’Evangile, cela signifie que nous-mêmes, nous devrions être prêts à répéter la réponse de l’apôtre Pierre : « A qui irions-nous? Toi seulement, tu as les Paroles qui donnent la vie éternelle » (Jn 6,68).

            Il y des milliers de paroles qui résonnent tout autour de nous mais, seules, les Paroles de Christ  peuvent vaincre le temps. Il n’y a que Ses Paroles qui savent expliquer notre vie, survivre à l’usure et rester pour l’éternité.

            - Comme saint Pierre, adhérons aux Paroles du Christ sans aucune crainte, ni aucune hésitation.

            - Comme saint Pierre, répondons au Messie avec des paroles qui expriment notre foi de disciples : « Toi seul,  tu as les Paroles de vérité », parce que nous reconnaissons dans la foi que Lui seul est l’unique sauveur, l’unique qui rend Dieu présent parmi nous.

            - Comme saint Pierre, nous avons conscience de notre fragilité, et nous pouvons répéter la réponse de cet Apôtre, pourvu que nous fassions confiance au saint Esprit et à sa puissance qui se révèle dans la Communion avec Jésus. La foi est don de Dieu à l’homme – et en même temps, c’est grâce à la foi qu’Il nous donne, que nous pouvons faire confiance à Dieu dans la liberté. La foi est écoute docile de la Parole qui est la lampe de nos pas et lumière sur notre chemin (Ps 119, 105).

 Père Frédéric Benoist

 

 

Qui est saint Athanase ? (300-373)

 

Nul ne contribua davantage à la défaite de l'arianisme. Il n'écrivit, ne souffrit, ne vécut que pour défendre la divinité du Christ. Petit de taille, prodigieusement intelligent, nourri de culture grecque, il n'était encore que diacre lorsqu'il accompagna l'évêque d'Alexandrie au concile de Nicée en 325. Il y contribua à la condamnation de son compatriote Arius et à la formulation des dogmes de l'Incarnation et de la Sainte Trinité. Devenu lui-même évêque d'Alexandrie en 328, il fut, dès lors et pour toujours, en butte à la persécution des ariens,  anti-nicéens de tout genre qui pullulaient en Égypte et dans l'Église entière.

Ces ariens étaient soutenus par les empereurs qui rêvaient d'une formule plus souple que celle définie par le Concile de  Nicée, d'une solution de compromis susceptible de rallier tous les chrétiens et de rendre la paix à l'empire. C'est ce qui explique que sur les quarante-cinq années de son épiscopat, saint Athanase en passa dix-sept en exil: deux années à Trèves, sept années à Rome, le reste dans les cavernes des déserts de l'Égypte. Il fut même accusé d'avoir assassiné l'évêque Arsène d'Ypsélé. Il ne dut la reconnaissance de son innocence qu'au fait qu'Arsène revint en plein jour et se montra vivant aux accusateurs de saint Athanase.
Son œuvre théologique est considérable.

 

 

« Ô Très Sainte Vierge, écoutez nos prières, distribuez-nous les dons de Vos tendresses, et donnez-nous part à l'abondance des Grâces dont Vous êtes remplie ! L'archange Vous salue et Vous appelle pleine de Grâce : toutes les nations Vous nomment Bienheureuse ; toutes les célestes hiérarchies Vous bénissent, et nous qui sommes relégués dans la sphère terrestre, nous Vous disons aussi : « Salut, ô pleine de Grâce, le Seigneur est avec Vous ; priez pour nous, ô Mère de Dieu ! Notre puissante Reine et notre auguste Souveraine ». Ainsi soit-il. » (Saint Athanase)

 

Paroles du pape François :

 

Le mot "travail" est ce que la Bible utilise pour décrire cette activité de Dieu : "Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite." (Gen 2.2). Dieu a donné cette activité à l'homme. Le travail est la vocation de l'homme.

 

Pour tous les travailleurs, pour que le travail ne manque à personne et que tous soient justement payés et puissent jouir de la dignité du travail et de la beauté du repos.

 

Redécouvrons la beauté de prier le chapelet chez soi au mois de mai ! À la fin, nous pouvons réciter une prière demandant l'intercession de la Vierge pour que le Seigneur nous libère de cette pandémie et que la vie puisse reprendre son cours sereinement.

 

-> nous pouvons aller sur le site de « Prions en Eglise » qui propose tout ce mois des prières, des chants, des citations des pères de l’Eglise pour célébrer et accompagner la prière des mystères du Rosaire. Chaque jours à 15h30 il nous est donné un rendez vous en direct ou en différé pour réciter le chapelet avec le sanctuaire de Lourdes.

 

 

Dimanche 3 Mai de 10h à 10h45 vos prêtres seront dans l’église pour celles et ceux qui désirent recevoir l’hostie consacrée, destinée à célébrer la messe télévisée du dimanche à 11h.

 

 

Si les conditions du déconfinement se passent bien dans notre pays,  peut être que nous pourrions nous retrouver le week-end de Pentecôte pour célébrer les messes dans note église. C’est en tous les cas ce qui se trame entre le gouvernement et la Conférence des Evêques de France. Bien entendu avec des conditions sanitaires que nous veillerons à respecter scrupuleusement. Bien entendu, tout cela peut encore évoluer en fonction de la situation imposée par la crise sanitaire que nous vivons. Nous vous préciserons tout cela dans les jours et semaines à venir. En attendant continuons à respecter les règles que le gouvernement énonce. Cela ne nous empêche pas de venir nous recueillir individuellement dans l’église. Celle ci est ouverte tous les jours de 8h. à 20h.

 

Les célébrations de funérailles sont possibles dans l’église, quelles que soient les circonstances du décès de la personne, avec les conditions sanitaires définies depuis le début du confinement.

 

Vos prêtres sont toujours à votre disposition. Leur mission continue, même en ces temps.

 

Nous attendons aussi toujours vos témoignages pour enrichir notre prière.

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Published by paroisse du Raincy - dans Feuille quotidienne "confinement"

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