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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 14:09

Message du pape François aux infirmières et infirmiers  et aux sages-femmes 

 

 

Chers frères et sœurs!

Nous célébrons aujourd’hui la Journée Internationale de l’Infirmière, dans le contexte de l’Année Internationale des Sages-femmes et du Personnel infirmier fixée par l’Organisation Mondiale de la Santé. En ce même jour nous commémorons aussi le bicentenaire de la naissance de Florence Nightingale, celle qui inaugura la profession d’infirmière moderne.

En ce moment historique, marqué par l’urgence sanitaire mondiale provoquée par la pandémie du virus Covid-19, nous avons redécouvert combien la figure de l’infirmière, mais aussi celle de la sage-femme, jouent un rôle d’importance fondamentale. Nous assistons quotidiennement au témoignage de courage et de sacrifice des opérateurs sanitaires, en particulier des infirmières et des infirmiers, qui avec professionnalité, abnégation, sens de responsabilité et amour pour le prochain assistent les personnes affectées par le virus, au risque même de leur santé. Cela est prouvé par le fait que, malheureusement, le nombre des opérateurs de santé qui sont morts dans l’accomplissement fidèle de leur service est élevé. Je prie pour eux – le Seigneur les connaît chacun par son nom – et pour toutes les victimes de cette épidémie. Que le Ressuscité donne à chacun d’eux la lumière du paradis et le réconfort de la foi à leurs familles.

Depuis toujours les infirmiers jouent un rôle central dans l’assistance sanitaire. Chaque jour, au contact avec les malades, ils font l’expérience du traumatisme que la souffrance provoque dans la vie d’une personne. Ce sont des hommes et des femmes qui ont choisi de répondre “oui” à une vocation particulière: celle d’être de bons samaritains qui assument la vie et les blessures du prochain. Gardiens et serviteurs de la vie, lorsqu’ils administrent les thérapies nécessaires, ils donnent courage, espérance et confiance.[1]

Chères infirmières et chers infirmiers, la responsabilité morale guide votre professionnalité, qui ne se réduit pas aux connaissances scientifico-techniques, mais qui est constamment illuminée par la relation humaine et humanisante avec le malade. «En prenant soin des femmes et des hommes, des enfants et des personnes âgées dans chaque phase de leur vie, de la naissance à la mort, vous êtes engagés dans une écoute continuelle, attentifs à comprendre quelles sont les exigences de ce malade, dans la phase qu’il est en train de traverser. Devant la singularité de chaque situation, en fait, il ne suffit jamais de suivre un protocole, mais il est demandé un continuel – et fatigant! – effort de discernement et d’attention à chaque personne». [2]

Vous – et je pense aussi aux sages-femmes –, vous êtes proches des personnes dans les moments cruciaux de leur existence, la naissance et la mort, la maladie et la guérison, pour les aider à surmonter les situations les plus traumatisantes. Parfois vous vous trouvez à leurs côtés lorsqu’elles sont mourantes, donnant réconfort et soulagement dans les derniers instants. Par votre dévouement, vous êtes parmi les “saints de la porte d’à côté”.[3] Vous êtes l’image de l’Eglise “hôpital de campagne”, laquelle continue de remplir la mission de Jésus-Christ qui s’est fait proche et a guéri des personnes souffrant de tout genre de mal et qui s’est penché pour laver les pieds de ses disciples. Merci pour votre service à l’humanité!

Dans de nombreux pays, la pandémie a mis aussi en lumière beaucoup de carences au niveau de l’assistance sanitaire. Pour cela, je m’adresse aux Responsables des Nations du monde entier, afin qu’ils investissent dans la santé comme bien commun primaire, en renforçant les structures et en employant davantage d’infirmiers, afin de garantir à tous un service adéquat de soins, dans le respect de la dignité de chaque personne. Il est important de reconnaître de façon concrète le rôle essentiel que cette profession recouvre pour le soin des patients, l’activité d’urgence territoriale, la prévention des maladies, la promotion de la santé, l’assistance dans le domaine familial, communautaire, scolaire.

Les infirmiers et les infirmières, comme aussi les sages-femmes, ont droit et méritent d’être mieux valorisés et impliqués dans les processus qui concernent la santé des personnes et de la communauté. Il est démontré qu’investir sur eux améliore les résultats en termes d’assistance et de santé globale. Il faut dès lors développer leur profil professionnel, en fournissant des instruments appropriés au niveau scientifique, humain, psychologique et spirituel pour leur formation; comme aussi améliorer leurs conditions de travail et en garantir les droits afin qu’ils puissent accomplir en toute dignité leur service.

En ce sens, les Associations d’opérateurs sanitaires ont un rôle important car, en plus d’offrir une formation organique, elles accompagnent chaque adhérent en lui faisant sentir qu’il fait partie d’un corps unique et qu’il n’est jamais perdu et seul devant les défis éthiques, économiques et humains que la profession comporte.

Aux sages-femmes, en particulier, qui assistent les femmes enceintes et qui les aident à donner naissance à leurs enfants, je dis: votre travail est parmi les plus nobles qui existent, consacré directement au service de la vie et de la maternité. Dans la Bible, les noms de deux sages-femmes héroïques, Shiphra et Pua, sont immortalisés au commencement du livre de l’Exode (cf. 1, 15-21). Aujourd’hui encore le Père céleste vous regarde avec gratitude.

Chers infirmiers, chères infirmières et sages-femmes, puisse cet anniversaire mettre au centre la dignité de votre travail, au bénéfice de la santé de la société entière. A vous, à vos familles et à tous ceux que vous soignez, je vous assure de ma prière et j’accorde de grand cœur la Bénédiction Apostolique.

Rome, Saint Jean du Latran, 12 mai 2020

FRANÇOIS

 

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13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 00:44

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

Date :  Mercredi 13 Mai 2020 Notre Dame de Fatima.

 

Textes du jour : Actes des Apôtres 15,1-6 Psaume 121 ; Jean 15,1-8

 

Commentaire

 

Le discours de saint Jean sur la vigne que nous offre aujourd’hui la liturgie, trace la trame de notre vie de chrétiens dans le monde. “De même que la sarment ne peut de lui-même porter du fruit s’il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi” (v. 4b).

Il s’agit de parler d’un type de présence qui tende à incarner, dans l’esprit des Béatitudes, le cœur de notre vocation. Porter du fruit n’est pas une affaire du soi et pour soi. C’est une participation à la mission même que le Fils et l’Esprit Saint  nous confient. C’est une entrée quotidienne dans le mystère Pascal : Accueillir le ressuscité dans le quotidien de note existence. 
Nous avons chaque jour à  accueillir le projet de Dieu, nous avons chaque jour à nous laisser émonder par la puissance d’amour de Dieu pour rayonner davantage des fruits que Dieu chaque jours suscite. Nous avons chaque jour à devenir une brèche, un passage, à être assez pauvres pour nous laisser étreindre par l’Amour. “Hors de moi, vous ne pouvez rien faire” (v. 5).
Tout cela suppose de cultiver patience, humilité, maîtrise de soi envers nos frères ; il suppose de cultiver prière intense, écoute profonde de Dieu, conversion de cœur, dépassement de soi continuel, cheminement vers l’unité intérieure qui fixe notre cœur en Dieu pour que “pas un de ces petits ne se perde” (Mt 18, 14). IL nous faut garder l’attitude intérieure de prière qu’il nous a été donné de vivre ces dernières semaines pour mieux repartir dans notre société et dans notre mission au quotidien.

Que Dieu nous donne de demeurer toujours en son Amour, d’être émondés par le feu de son Esprit afin que notre présence rayonne sa Vie en nous et qu’elle soit pour la Gloire du Père et le Salut des frères.

                                                                                                                                               P. Fb

 

 

 

Paroles du jour du pape François :

 

La paix que donne le monde isole des autres, c’est un bien-être qui anesthésie. Elle est passagère et stérile. La paix du Seigneur est définitive, féconde et joyeuse. Elle fait aller vers les autres, elle est pleine d’espérance et regarde vers le Ciel. 

 

Nous célébrons aujourd’hui la journée des infirmières. C’est plus qu’une profession, c’est une vocation. En ce temps de pandémie, ils ont donné un exemple d’héroïsme et certains ont donné leur vie. Prions pour les infirmières et les infirmiers.

 

Je souhaite vous rappeler que le 14 mai, les croyants de toutes les religions sont invités à s’unir spirituellement pour une journée de prière, de jeûne et d’œuvres de charité, pour prier Dieu d’aider l’humanité à surmonter la pandémie.

 

 

 

Vivre de l’Espérance et dans la joie : dix conseils…(1)

 

1) Ouvrir son cœur

 

Ouvrir son cœur c’est accepter de vivre dans une certaine vulnérabilité, accepter la possibilité de tout accueillir, y compris celle d’être blessé. Les Pères de l’Eglise parlent de la « garde du cœur ».Eux, qui, au IIIe siècle, ont voulu vivre leur foi de manière radicale, dans le désert d’Egypte, avaient choisi ce mot qui se dit « nepsis » en grec, ce qui signifie vigilance, celle qui permet d’atteindre la joie profonde. Elle s’acquiert grâce à l’attention, portée à tout ce qui se passe dans notre cœur. C’est une méthode spirituelle qui vise à libérer l’homme des pensées mauvaises ou passionnées. Elle invite ainsi à observer les pensées qui pénètrent dans notre âme, de discerner les bonnes des mauvaises. Ouvrir son coeur c’est être attentif à soi-même.

 

2) Savourer les instants du quotidien :

 

Souvent c’est grâce à une expérience sensorielle que la joie se manifeste. Chacun a eu dans sa vie cette expérience étonnante : qu’il s’agisse de la beauté de la mer, de la voûte céleste un soir d’été ou de l’immensité de la forêt, leur beauté émerveille, parfois jusqu’aux larmes. Pour le vivre, il est essentiel de porter notre attention sur ce que nous renvoie nos sens. Ici et maintenant, et savourer ces instants du quotidien. « Savourer » et « savoir » : ces deux verbes ont la même origine latine qui renvoie au goût, à l’action de goûter, ou au fait d’avoir bon goût. Savourer, c’est saisir l’instant, goûter le présent. Porter une attention consciente au moment. Faire un arrêt image sur cet instant pour rester et faire durer l’émerveillement.

La suite demain…

 

13 mai : Notre Dame de Fatima

 

  Marie est venue six fois, de mai à octobre, à la rencontre des trois pastoureaux portugais en pleine Première Guerre mondiale.

 

« La Vierge Marie apparue à Fatima nous rappelle ces valeurs oubliées, cet avenir de l’homme en Dieu, avenir dont nous sommes une part active et responsable » (« Le message de Fatima », Congrégation pour la doctrine de la foi).

Le 13 mai 1917 au Portugal, la Vierge apparaît pour la première fois à trois enfants : Lucia (10 ans), qui deviendra plus tard religieuse du Carmel de Sainte-Thérèse à Coimbra, et ses cousins Francisco (9 ans) et Jacinta (7 ans), trois petits bergers qui s’occupent d’un troupeau de moutons à Cova da Iria, aujourd’hui diocèse de Leiria-Fatima.

 

Vers midi, ce 13 mai 1917, les trois pastoureaux voient une lumière brillante dans le ciel. Pensant qu’il s’agit là d’un éclair, ils décident de rentrer précipitamment chez eux. Mais en descendant de la montagne, un autre éclair de lumière traverse le ciel. En-dessous, ils découvrent un petit chêne, à l’emplacement duquel se situe désormais la chapelle des Apparitions. Ils voient alors une « Dame plus brillante que le soleil », tout de blanc vêtue, qui tient dans ses mains un chapelet blanc.

 

Cette « Dame » demande alors aux petits bergers de prier le chapelet tous les jours. Elle les invite également à revenir à Cova da Iria le mois suivant, le même jour à la même heure, et ce pendant cinq mois consécutifs. Lors de la dernière apparition du 13 octobre 1917, 70 000 personnes sont présentes et assistent à la fameuse danse du soleil. La Vierge leur dévoile qu’elle est « Notre-Dame du Rosaire » et leur demande de construire là une chapelle en son honneur.

 

Avertissement pour l’humanité

Fatima est sans aucun doute « la plus prophétique des apparitions modernes ». Les différentes parties du « secret » concernent avant tout la vision épouvantable de l’enfer, la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, la Deuxième Guerre mondiale, ainsi que la prédiction des très graves dommages que la Russie, abandonnant la foi chrétienne et adhérant au totalitarisme communiste, devait apporter à l’humanité.

En accord avec la Congrégation pour la doctrine de la foi, Sœur Lucie affirmait clairement que « l’objectif de toutes les apparitions était de grandir dans la foi, en espérance et en charité. Tout le reste était pour nous conduire à ceci ».

Le 13 octobre 1930, l’évêque de Leiria déclare les apparitions de Fatima dignes de foi et autorise le culte à Notre-Dame de Fatima. La construction de la chapelle des Apparitions commence dès le 28 avril 1919. Depuis, le sanctuaire attire des fidèles de toutes les religions. La ville ne porte-t-elle pas en effet le nom d’une princesse locale arabe convertie au catholicisme ? Fatima n’est-il pas le nom de la première fille de Mahomet, née de sa première épouse Khadija, elle-même issue d’une lignée chrétienne de la péninsule arabique ? À son sujet, le prophète de l’islam disait avec affection : « Tu seras la plus bénie d’entre toutes les femmes du Paradis après Marie ».

Un certain 13 mai…

Un 13 mai 1981, Mehmet Ali Agca tenta d’assassiner Jean Paul II sur la place Saint-Pierre de Rome. Le Pape a ensuite offert la balle qui lui a transpercé le corps en signe de remerciement à la Vierge de Fatima pour lui avoir sauvé la vie.

La béatification des deux voyants, Francisco et Jacinta, a eu lieu le 13 mai 2000 à Fatima. Concernant la troisième voyante, Lucia qui devint Sœur Maria-Lucia du Cœur Immaculé, décédée en 2005, le pape Benoît XVI a autorisé de réduire le temps prévu par le droit canonique pour ouvrir les enquêtes du procès de béatification.

 

Acte de consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie

Composé par saint Jean Paul II, cet acte solennel devait être célébré en la basilique Sainte-Marie-Majeure, le 7 juin 1981, jour de la Pentecôte. Le Pape étant par force des choses absent, on transmit son allocution enregistrée.

 

Mère des hommes et des peuples, toi qui connais toutes leurs souffrances et leurs espérances, toi qui ressens d’une façon maternelle toutes les luttes entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres qui secouent le monde, accueille l’appel que, dans l’Esprit Saint, nous adressons directement à ton cœur, et embrasse dans ton amour de mère et de servante du Seigneur, ceux qui ont le plus besoin de ta tendresse et aussi ceux dont tu attends toi-même d’une façon particulière qu’ils s’en remettent à toi.

Prends sous ta protection maternelle toute la famille humaine que, dans un élan affectueux, nous remettons entre tes mains, ô notre Mère.

Que vienne pour tous le temps de la paix et de la liberté, le temps de la vérité, de la justice et de l’espérance.

 

 

 

 

 

 

 

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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 23:43

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

Date :  Mardi 12 mai

 

Textes du jour : Actes des Apôtres 14,19-28 ; Psaume 144 ; Jean 14,27-31

 

Commentaire

 

“C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne.” Pour l’homme, la paix se réduit ordinairement à celle des armes. Et même en cette période de pandémie du Covid19, les armes, dans bien des parties du monde, ne se sont pas tues. Pire, le Covid19 s’est rajouté à la situation dramatique de nombreux camps de réfugiés, notamment au Moyen Orient. Cette paix-là est bien souvent le prix de la domination d’une personne sur une autre ou d’un peuple sur un autre. La guerre économique est aussi très présente et risque de s’amplifier dans les jours et semaines à venir.

 

Telle n’est pas la paix que Jésus nous donne. La paix de Jésus n’est-elle pas plutôt une cohérence intérieure profonde ? Un accord parfait entre le dire et le faire ? Cette harmonie qui habite Jésus lorsqu’il dit : “J’aime mon Père et je fais tout ce que mon Père me commande” ? Jésus va son chemin, il traverse les contradictions, jusqu’à celle de la croix, dans la paix, parce qu’à tout moment ce qu’il vit est en  harmonie profonde avec son désir qui est celui du Père : que tous connaissent le Père et se sachent aimés de Lui !

 

Dans notre expérience et notre quotidien, cet accord est fragile et imparfait, souvent menacé par notre faiblesse, nos peurs, nos incohérences, nos péchés … Contemplons sans cesse le Père pour communier à sa miséricorde infinie. Et osons agir en cohérence avec ce que nous croyons sans nus laisser envahir par la peur. Alors, nous prendrons conscience que la paix de Jésus est toujours avec nous ! P. Fb

 

 

Paroles du pape François

 

Que fait l’Esprit-Saint en nous? Il nous rappelle tout ce que Jésus a dit, Il nous aide à grandir dans la compréhension de la foi; il nous accompagne et nous soutient dans le discernement, Il nous éclaire dans les petites et les grandes décisions de la vie.

 

En cette période, beaucoup de personnes ont perdu leur travail. Prions pour nos frères et sœurs qui souffrent du manque de travail.

 

e souhaite vous rappeler que le 14 mai, les croyants de toutes les religions sont invités à s’unir spirituellement pour une journée de prière, de jeûne et d’œuvres de charité, pour prier Dieu d’aider l’humanité à surmonter la pandémie.

 

 

 

 

 

 

 

Méditation du pape François lors du Regina Ceali, dimanche 10 Mai :

 

Dans l’Évangile d’aujourd’hui (cf. Jn 14,1-12) nous écoutons le début du “Discours d’adieu” de Jésus. Ce sont les paroles qu’il adresse à ses disciples au terme de la dernière Cène, juste avant d’affronter la Passion. En un moment si dramatique, Jésus commence en disant : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé » (v. 1). Il nous le dit à nous aussi, dans les drames de nos vies. Mais comment faire pour que notre cœur ne soit pas bouleversé ? Car le cœur se bouleverse.

Le Seigneur indique deux remèdes au trouble. Le premier est : « croyez aussi en moi » (v. 1). On dirait un conseil un peu théorique, abstrait. Au contraire Jésus veut nous dire quelque chose de précis. Il sait que, dans la vie, la pire anxiété, le trouble, naît de la sensation de ne pas pouvoir y arriver, du sentiment de solitude et sans points de référence face à ce qui arrive. Cette angoisse, dans laquelle la difficulté s’ajoute à la difficulté, ne peut pas se dépasser seuls. Nous avons besoin de l’aide de Jésus, et c’est pour cela que Jésus demande d’avoir foi en Lui, c’est-à-dire de ne pas nous appuyer sur nous-mêmes, mais sur Lui. Parce que la libération du trouble passe par la confiance. Faire confiance à Jésus, faire le “saut”. Et voilà la libération des troubles. Jésus est ressuscité et vivant pour être toujours à notre côté. Nous pouvons alors lui dire : “Jésus, je crois que tu es ressuscité et que tu es à mes côtés. Je crois que tu m’écoutes. Je t’apporte ce qui me trouble, mes soucis : j’ai foi en Toi et je me confie à Toi”.

Il y a ensuite un deuxième remède au trouble, que Jésus exprime par ces paroles : « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures. […] Je pars vous préparer une place » (v. 2). Voici ce qu’a fait Jésus pour nous : il nous a réservé une place au Ciel. Il a pris sur lui notre humanité pour l’amener au-delà de la mort, en un lieu nouveau, au Ciel, pour que nos soyons là où Il est. C’est la certitude qui nous console : il y a une place réservée pour chacun. Il y a une place aussi pour moi. Chacun de nous peut dire: il y a une place pour moi. Nous ne vivons pas sans but et sans destination. Nous sommes attendus, nous sommes précieux. Dieu nous aime, nous sommes ses enfants. Et pour nous il a préparé la place la plus digne et la plus belle : le Paradis. Ne l’oublions pas : la demeure qui nous attend est le Paradis. Ici nous sommes de passage. Nous sommes faits pour le Ciel, pour la vie éternelle, pour vivre pour toujours. Pour toujours : c’est quelque chose que nous ne parvenons pas même à imaginer. Mais c’est encore plus beau de penser que ce pour toujours sera tout dans la joie, dans la pleine communion avec Dieu et avec les autres, sans plus de larmes, sans rancœurs, sans divisions et sans trouble.

Mais comment rejoindre le Paradis ? Quel est le chemin ? Voici la phrase décisive de Jésus. Aujourd’hui il dit : « Je suis le chemin » (v. 6). Pour monter au Ciel le chemin c’est Jésus : c’est avoir une relation vivante avec Lui, c’est l’imiter dans l’amour, c’est suivre ses pas. Et moi, chrétien, toi, chrétien, chacun de nous chrétiens, nous pouvons nous demander : “Quel chemin est-ce que je suis ?”. Il y a des chemins qui ne mènent pas au Ciel : les chemins de la mondanité, les chemins d’une auto-affirmation, les chemins du pouvoir égoïste. Et il y a le chemin de Jésus, le chemin de l’amour humble, de la prière, de la douceur, de la confiance, du service aux autres. Ce n’est pas le chemin de mon propre protagonisme, c’est le chemin de Jésus protagoniste de ma vie. C’est avancer chaque jour en lui demandant : “Jésus, que penses-tu de mon choix ? Que ferais-tu dans cette situation, avec ces personnes ?”. Cela nous fera du bien de demander à Jésus, qui est le chemin, les indications pour le Ciel. La Vierge Marie, Reine du Ciel, nous aide à suivre Jésus, qui pour nous a ouvert le Paradis.

 

12 Mai : Saint Nérée et saint Achille, martyrs :

 

Compagnons d'armes au service de l'empereur, ils se montrèrent frères au service du Christ, dans la foi, jusqu'à la mort. Dans une des légendes qui enjolivent leur vie, ils refusèrent de prêter le serment obligatoire pour les soldats. Selon une autre, ils auraient été exilés en même temps que Flavia Domitilla dans l'île de Terracina où tous trois ne tardèrent pas à mourir de misère et de faim. Une certitude, leurs tombes ont été retrouvées au cimetière de Domitilla, attestant ainsi qu'ils furent martyrs romains dans les premiers siècles de l'Église.
 

Mémoire des saints Nérée et Achille, martyrs à Rome, vers 304. Comme le rapporte le pape saint Damase, ils servaient dans l'armée au temps de Dioclétien et, poussés par la crainte, étaient prêts à exécuter les ordres impies du magistrat mais, conquis à la foi du Christ par le courage des chrétiens, ils se convertirent au vrai Dieu, jetèrent leurs boucliers, leurs colliers, leurs javelots, quittèrent le camp et, ayant confessé le Christ, furent décapités, heureux de partager son triomphe. Leurs corps furent déposés au cimetière de Domitille, sur la voie Ardéatine.

 

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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 21:39

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

Date : Lundi 11 Mai 2020

 

Textes du jour : Actes des Apôtres 14,5-18 ; Psaume 113b ; Jean 14,21-26

 

Commentaire :

 

Rester sur le chemin de la foi : Peut-être (je l’espère), ce temps du confinement nous a permis de prendre plus de temps de ressourcement spirituel, de lecture et de prière autour de la Parole de Dieu. Si nous avons été bien attentifs durant ces deux mois aux textes de la Liturgie, nous avons pu constater comment Jésus, par sa mort et sa résurrection, nous a fait passer à un « monde nouveau ». Pourquoi se tourner vers Dieu devrait-il être source d’une joie nouvelle ? La réponse de la Bible est claire : Contrairement au monde qui change et aux joies terrestres qui sont éphémères, seul Dieu demeure, il est le seul auquel nous puissions vraiment faire confiance. Dieu est éternel et demeure à jamais. Tout passe, tout change, mais la Parole de Dieu ne passera jamais, sa fidélité est pour toujours. On peut donc lui faire une confiance absolue et s’appuyer sur sa fidélité. Croire signifie alors : mettre toute sa confiance en Dieu. Quand nous disons « Amen », nous signifions notre adhésion , notre accord, Mais Amen veut dire aussi « tenir bon, être fiable ». Par conséquent, croire veut dire : s’appuyer sur Dieu, être ancré en lui, lui faire confiance ainsi qu’à sa parole, s’en remettre totalement à lui, lui garder une fidélité absolue et rester attaché à sa Parole, y compris dans les situations difficiles. Celui qui croit, dit Isaïe ne chancelle pas (Is.28,16), ne prend pas la fuite, ne s’affole pas… Dans la conversion et le calme est notre salut, dans la sérénité et la confiance est notre force (Isaïe 30,15). Malheureusement le prophète regrette de voir l’homme se détourner de cet appel. Alors le Nouveau  Testament va aller dans le même sens et rappeler la parole des prophètes : Montrez-vous fermes, inébranlables, toujours en progrès dans l’œuvre du Seigneur, sachant que votre labeur n’est pas vain (première lettre de Paul aux Corinthiens ch.15 verset 58…) ; tenez bon dans la foi (1 Co. 16,13). Croire c’est donc être profondément enraciné en Dieu qui nous a préparé une demeure, une cité dans les cieux : « Je suis allé vous préparer une place » (jean14,3)

C’est bien à cet attachement à la Parole que l’Evangile d’aujourd’hui continue à nous inviter. Nous continuons cette lecture du chapitre 14. Pour nous aider à cet «attachement » à Dieu, au Christ, Jésus nous envoie un « défenseur », un « consolateur » : L’Esprit Saint. Ce dernier nous rappelle sans cesse la Parole, et nous introduit dans la vérité tout entière (Jean 16,13). C’est alors que, même dans les épreuves, nous pouvons tenir fermes. Pour cela Jésus nous invitera à demeurer en Lui… (Jean 15) nous lirons ces textes dans la jours à venir.

Voilà bien à la fois un appel et une mise en confiance que nous pouvons faire nôtres tous ces jours. Nous avons connu deux mois de quasi arrêt de bons nombres de nos activités,  à un moment de nos vies où parfois le stress et le surmenage nous envahissaient. Un virus est venu stopper la logique d’un monde d’abondance et de sur-activité, avec beaucoup de personnes, de plus en plus, oubliées et laissées sur la route.  Nous avons alors pris confiance de la grande fragilité de nos équilibres humains. Et maintenant. Nous allons nous « déconfiner », certes très progressivement, car le virus n’as pas disparu, l’homme demeure très vulnérable, et nous devons bien prendre conscience que par notre comportement quotidien des uns vis à vis des autres, nous pouvons soit « dompter » le mal, soit le raviver.  La crainte, la peur, habitent beaucoup de nos consciences, à tort ou à raison. Mais alors, notre foi, même éprouvée par tant de souffrances, de deuils, dans certaines de nos familles, où est –elle ? quelle est-elle ? Nous devons prendre un masque, du gel, adopter des gestes de « distanciation » (attention quand nous disons cela dans une société si fragile) pour nous défendre conte le virus. Faisons le, bien sûr. Jésus, ce matin, nous parle lui aussi d’un défenseur. Et celui-là, allons nous « l’utiliser », le garder, le faire grandir, lui donner enfin toute la place qu’il doit prendre dans nos vies… ?

                                                                                                                                              P. Frédéric Benoist

 

 

Paroles du jour du pape François :

 

Dans l’Evangile du jour (Jn 14,1-12), Jésus nous indique deux remèdes pour les troubles du coeur. D’abord, ne pas compter sur nous-mêmes, mais avoir foi en Lui. Ensuite, se rappeler que nous sommes de passage et que Jésus nous a reservé une place au Ciel.

 

Pour prier, il faut du courage. Prier, c’est aller avec Jésus au Père qui te donnera tout. L’Église avance avec ce courage de la prière, car l’Esprit Saint nous enseigne que nous faisons peu. C’est Dieu qui “fait les choses” dans l’Église.

 

 

 

Après le confinement, comment garder le cap spirituel ? Pensez-y dès maintenant

 

Pour beaucoup de chrétiens, le confinement a été l’occasion d’approfondir sa foi, sa relation avec Dieu et de se laisser guider par lui. Mais attention à ne pas la laisser faiblir avec le déconfinement.

 

La crise sanitaire est loin d’être terminée mais nombreux sont ceux qui pensent déjà à l’après covid-19. La reprise du travail, le retour à l’école, les retrouvailles éventuellement avec la famille et les amis… Et qu’en est-il de la foi ? La flamme et l’ardeur de la prière qui porte tous les jours de nombreuses personnes durant le confinement brillera-t-elle aussi intensément après le déconfinement ? Une fois la décision prise de maintenir cette flamme, il faut définir les moyens à adopter pour parvenir à cette fin. 

 

Jésus, merci de m’aimer

 

Le désir de cultiver notre intimité avec le Seigneur et de persévérer dans notre vie chrétienne entraîne inévitablement dans un certain combat spirituel. Ce chemin nécessite ténacité et confiance. Cependant, « notre Seigneur est là, au milieu des marmites, qui nous aide et à l’intérieur et à l’extérieur », disait Thérèse d’Avila ! Nous sommes sûrs que « l’épreuve qui vous a atteints n’a pas dépassé la mesure humaine. Dieu est fidèle : il ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-delà de vos forces. Mais avec l’épreuve il donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter » (1 Co 10, 13). Telle est notre espérance qui appelle à la vigilance constante : il s’agira de rectifier nos pensées à la lumière de la foi, d’ordonner nos émotions à la force de la charité qui nous presse intérieurement, d’exposer nos épreuves à l’espérance qui nous porte et nous emporte.

 

Jésus, merci d’être avec moi ; passe le premier !

Quant aux moyens, ils peuvent être nombreux : la parole de Dieu et la vie des saints, la prière, l’ascèse, ainsi qu’une solide formation catéchétique, la connaissance du mystère de Dieu nourrissant l’amour. Les moyens envisagés doivent être réalistes, c’est-à-dire adaptés aux exigences du devoir d’état. Réalistes, mais fervents ! Et pour qu’ils ne soient pas que de pieuses résolutions, il est essentiel de fixer des priorités dans l’emploi du temps. Ce sont des choix d’amour qui ordonnent toute l’existence au primat de Dieu et de la grâce.

 

 Un chrétien seul est un chrétien en danger. Il est donc nécessaire de partager l’ardeur de sa foi avec d’autres chrétiens. Une dernière piste : ne pas hésiter, au quotidien, à lancer des cris du cœur vers le Seigneur comme autant d’actes d’amour, d’espérance et de foi : « Jésus, merci de m’aimer ! », « Marie, donne-moi ta délicatesse ! », « Ô Trinité d’amour ! » Un chef d’entreprise avait pris l’habitude de dire, chaque fois qu’il franchissait une porte : « Jésus, merci d’être avec moi ; passe le premier ! » À vous de trouver votre façon de faire mémoire de sa Présence dans votre présent.
 

Nicolas Buttet

 

Intention de prière : nous prions pour Edouard Larroque, fidèle paroissien, hospitalisé. Nous prions en communion avec son épouse et tous ses enfants.

 

Prier en communion avec vos prêtres : 9h : laudes ; 12h : messe ; 19h : Vêpres. 

Le père Frédéric Benoist reprend sa permanence d’accueil du jeudi dans l’église de 18h à 19h. Pour célébrer le sacrement de la réconciliation : le samedi de 10h. à 12h. ou sur rendez vous : 01-43-81-14-98, paroisse.leraincy@wanadoo.fr

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 22:31

HOMELIE DU Vème DIMANCHE DE PÂQUES

 

Ac 6, 1-7

Ps 32 (33), 1-2, 4-5, 18-19

1 P 2, 4-9

Jn 14, 1-12

 

 

 

 

 

 

 

 

« … Approchez-vous du Seigneur Jésus : il est la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu. Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ. »  1 P 2, 4

 

La liturgie de la Parole nous parle de Jésus comme le chemin vers le Père, la vérité et la vie. La seconde lettre de Saint Pierre livres apôtre ajoute que le Christ est « la pierre angulaire », la pierre vivante sur laquelle est fondée l’Eglise. Le livre des Actes des Apôtres enfin nous parle des tensions de la première communauté chrétienne et de la créativité avec laquelle les apôtres ont inventé la solution des diacres hellénistes, c’est-à-dire des juifs parlant grec, issu du monde gréco-romain. Entrons dans la méditation de ces textes de ce dimanche.

Dans ses discours d’adieux, tels qu’ils sont rapportés dans l’évangile de saint Jean, Jésus, juste avant sa mort, invite ses disciples attristés à tourner leur cœur vers son Père. Il ne part pas pour l'inconnu. Il revient à la maison du Père. Il rentre chez lui comme quelqu'un au terme d'un long et douloureux voyage. Comment ne serait-il pas heureux à la veille de retrouver la maison paternelle ! Sa joie déborde. S'il rentre chez lui, c'est sans amertume pour ses compagnons de voyage et pour tous les hommes qu'il a rencontrés et qui ont répondu par tant d'indifférence à ses avances. Il n'oubliera jamais ses amis de la terre. On a même l'impression que son bonheur ne sera total que lorsqu'ils partageront sa joie.

Plusieurs fois il les a assurés qu'il partait pour leur préparer une place. Comme on va attendre quelqu'un à son arrivée, il viendra nous chercher pour nous prendre avec lui et chez lui. La question de Thomas est celle du vrai disciple. Elle est posée pour préparer cette magnifique réponse de Jésus : « Je suis le chemin, la vérité, la vie. » Désormais, nous ne rencontrerons Dieu que sur ce chemin qu'est le Christ. En lui, chacun peut trouver le chemin de la Maison du Père. L’union avec Dieu, est la préoccupation majeure du dernier discours. Jésus, en qui se conjugue la vie éternelle de Dieu et la vie terrestre humaine, est l’incarnation de cette union ; il est le chemin.

Ce Père, « dès maintenant vous le connaissez et vous l'avez vu. » Comme la question de Thomas, celle de Philippe fait rebondir les confidences du Seigneur. Certes, personne n'avait jamais vu le Père. Et cependant, déclare Jésus, « celui qui m'a vu a vu le Père. » Jésus est venu révéler, découvrir le visage du Père. Désormais, on ne pourra plus parler de Dieu sans commencer par l'histoire de Jésus de Nazareth. Dieu, l'invisible et l'inaccessible, veut être reconnu, rencontré, aimé en son Fils devenu homme. Tel Fils, tel Père. Mais on ne perce le secret de sa personnalité que le jour où, par un choix, on consent à le voir en Jésus Christ. Lui seul est le chemin, lui seul est la pierre vivante choisie par Dieu.

Franchi ce seuil, de quelles audaces n'est pas capable le croyant « Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi, voire de plus grandes ». A notre tour, il nous est donné d'être l'épiphanie du Père ; chaque être a pour vocation de révéler la tendresse du Père.

A notre tour nous deviendrons des « pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel ». Nous sommes « chargés d'annoncer les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. » Et dans les tensions inévitables de la vie et de nos communautés, sachons gérer nos tensions et maintenir un équilibre entre des sensibilités et des vues différentes entre nous. Nous serons capables alors de recevoir les autres et à reconnaître Dieu en chaque personne, chaque culture, chaque tradition religieuse.

 

                                                                                                                                                    

   P. MMS

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 22:27

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

Date :  Dimanche 10 Mai : 5e dimanche de Pâques.

 

Textes du jour : Actes des Apôtres 6 ,1-7 ; Psaume 32 ; Première lettre de saint Pierre apôtre 2,4-9 ; Jean 14,1-12

 

Extrait du « Commentaire sur Jean » De saint Thomas d’Aquin, docteur de l’Eglise   (Ch. 14, lect. 2)

Le chemin pour arriver à la vraie vérité

Le chemin, c’est le Christ lui-même, et c’est pourquoi il dit : « Moi, je suis le chemin »Cela se comprend bien, puisque « par lui nous avons accès auprès du Père » Mais parce que ce chemin n’est pas éloigné du terme, parce qu’il y est joint, au contraire, Jésus ajoute La vérité et la vie ; et c’est ainsi que lui-même est à la fois le chemin et le terme. Le chemin en tant qu’homme Moi je suis le chemin ; en tant que Dieu, il ajoute :la vérité et la vie. Ces deux derniers mots désignent parfaitement le terme du chemin. Car le terme de ce chemin, c’est la fin que recherche le désir humain. Or, l’homme désire principalement deux choses : d’abord la connaissance de la vérité, ce qui lui est propre ; ensuite la continuation de son existence, ce qui est commun à tous les êtres. Or, le Christ est le chemin pour parvenir à la connaissance de la vérité, alors pourtant qu’il est lui-même la vérité : « Conduis-moi, Seigneur, dans ta vérité, et j’entrerai sur ton chemin. Et le Christ est le chemin pour parvenir à la vie, alors pourtant qu’il est lui-même la vie Tu m’as fait connaître les chemins de la vie.  C’est pourquoi il a désigné le terme de ce chemin par la vérité et la vie. L’une et l’autre, plus haut, ont été attribuées au Christ. D’abord, il est lui-même la vie : En lui était la vie ; ensuite, il est la vérité, puisqu’il était la lumière des hommes ; or la lumière, c’est la vérité. Si donc tu cherches par où passer, prends le Christ, puisque lui-même est le chemin : C’est le chemin, suivez-le. Et Augustin commente : « Marche en suivant l’homme et tu parviendras à Dieu ». Car il vaut mieux boiter sur le chemin que marcher à grands pas hors du chemin. Car celui qui boite sur le chemin, même s’il n’avance guère, se rapproche du terme ; mais celui qui marche hors du chemin, plus il court vaillamment, plus il s’éloigne du terme. Si tu cherches où aller, sois uni au Christ, parce qu’il est en personne la vérité à laquelle nous désirons parvenirC’est la vérité que ma bouche proclameSi tu cherches où demeurer, sois uni au Christ, parce qu’il est en personne la vieCelui qui me trouvera, trouvera la vie, et il obtiendra du Seigneur le salut. Sois donc uni au Christ, si tu veux être en sûreté : tu ne pourras pas t’égarer puisque lui-même est le chemin. C’est pourquoi ceux qui sont unis à lui ne marchent pas dans un pays sans routes, mais par un chemin droit. En outre, le Christ ne peut pas se tromper, parce qu’il est lui-même la vérité et enseigne toute vérité. Il dit en effet : Je suis né, je suis venu pour ceci : rendre témoignage à la vérité.Enfin il ne peut être mis en échec, parce que c’est lui-même qui est la vie et qui donne la vie, ainsi qu’il le dit Moi, je suis venu pour qu’ils aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance.

 

 

 

« Que rien ne te trouble, que rien ne t’épouvante, Tout passe, Dieu ne change pas. La patience triomphe de tout. Celui qui possède Dieu ne manque de rien: Dieu seul suffit ! Que ton désir soit de voir Dieu, ta crainte, de le perdre, ta douleur, ne pas le posséder; que ta joie puisse t’amener vers Lui et tu vivras dans une grande paix ».    Sainte Thérèse d’Avilla

 

Paroles du pape François :

 

À l'occasion du 70e anniversaire de la déclaration Schuman,j'espère qu'elle continuera à inspirer les responsables de l'Union européenne qui sont appelés à faire face aux conséquences sociales et économiques de la pandémie dans un esprit d'harmonie et de coopération

 

L'Eglise se situe entre les consolations de Dieu et les persécutions du monde. L'Esprit Saint fait l'harmonie de l'Eglise. Le mauvais esprit détruit. Nous sommes attentifs à ne pas mettre notre confiance dans les pouvoirs temporels, mais en Jésus-Christ et en l'Esprit Saint.

 

Méditation des mystères du Rosaire (4) : Les mystères glorieux

 

La RésurrectionRessuscité d’entre les morts, Jésus n’apparaît pas à Pilate ni aux grands-prêtres mais uniquement à ses disciples. Sans tambour ni trompettes, sans tonnerre ni éclairs, dans la discrétion des rencontres personnelles, Jésus se manifeste aux apôtres. Il communique avec eux à travers les plaies de sa Passion : les saints stigmates de ses mains et de ses pieds. Thomas, l’incrédule, celui qui veut toucher pour croire, est invité à mettre sa main dans le côté transpercé du Sauveur. Notre Dieu est discret. C’est au quotidien qu’il vient à notre rencontre non pas en dehors des souffrances mais dans la douleur qu’il a expérimentée dans sa propre chair.

L’AscensionLe mystère de l’Ascension inspire les peintres d’icônes. Quarante jours après sa résurrection, le Carême de la joie, Jésus monte au Ciel glorifié dans son corps et dans son âme. La glorification du corps de Jésus à la droite de Dieu le Père représente le but et l’accomplissement de la vocation de l’homme à partager la vie de Dieu. Le corps humain atteint par la maladie et la mort atteindra aussi la résurrection dans le Christ. Jésus, le Fils de Dieu, est descendu du Ciel pour que nous y montions. Il a pris notre nature mortelle pour nous rendre participants de son immortalité. Il a connu l’écartèlement de l’âme et de la chair dans sa mort pour unifier notre chair et notre âme dans la résurrection. Il a goûté l’amertume de l’isolement dans la Passion et dans la mort, pour nous associer à jamais à la vie de son Père et de nos frères dans la communion des saints bienheureuse jusqu’au point de former « un seul corps et un seul esprit dans le Christ » (Prière eucharistique III). Monté au Ciel, Jésus nous prépare une place pour que là où il est nous soyons aussi avec lui.

La Pentecôte (photo). À Jérusalem, l’Esprit Saint descend sur les Juifs de la diaspora rassemblés pour célébrer l’alliance du Sinaï entre Dieu et Israël. Ces Juifs venus de « toutes les nations » (Ac 2, 5), vont recevoir l’esprit sous la forme de « langues de feu » pour proclamer les merveilles de Dieu à toute la terre. « Le salut vient des Juifs » (Jn 4, 22), c’est pourquoi saint Luc prend soin de faire partir l’annonce du salut de Jérusalem, la ville sainte, centre du monde pour les Juifs.
Par le don de l’Esprit Saint, l’Église va grandir petit à petit au rythme des voyages missionnaires et des persécutions. L’Église, « le Christ répandu et communiqué », va se développer par l’annonce de l’Évangile. Les chrétiens, habités par « la langue de feu », symbole de l’Esprit d’amour, vont proposer le salut aux pays du bassin méditerranéen et dans le monde entier. La Trinité s’est humanisée dans l’Incarnation de Jésus et elle continue de s’humaniser au fur et à mesure que le Corps du Christ, l’Église, se développe par la foi et les sacrements.

L’Assomption de la Vierge Marie et son couronnement comme Reine de la création. La Vierge Marie, la mère de Jésus, la Mère de Dieu, n’a pas connu la corruption du tombeau. Glorifiée dans son corps et dans son âme, elle annonce la glorification de toute l’Église. En Marie, nous pouvons contempler notre propre mystère. Le chrétien comprend le mystère de Dieu et son propre mystère en regardant la Vierge Marie. Comme dans un miroir très pur nous voyons en elle l’image de l’Église appelée à devenir l’Épouse du Christ sans tache ni ride, pure et immaculée, heureuse de partager l’amour de son Époux, le Christ. Au Ciel, la Vierge Marie, la toute sainte, intercède pour son peuple, l’Église et l’humanité, comme le faisaient les reines en Israël. Cause de notre joie, par sa prière auprès de son Fils Jésus, le seul médiateur entre Dieu et les hommes, l’humanité reçoit la grâce de la résurrection. Au Ciel, la Vierge Marie comme une maquette fait entrevoir l’avenir de l’Église, la Jérusalem nouvelle, éclairée par la lumière du Premier-né d’entre les morts.

Le Jugement dernier. Au dernier jour, nous serons jugés sur l’amour. L’amour sera notre passeport pour entrer dans la vie éternelle. Ce n’est pas celui qui dit « Seigneur, Seigneur ! » qui accédera au Royaume des cieux mais celui qui aura partagé avec les malades, les faibles, les migrants, les détenus…Chaque jour, le Christ nous donne rendez-vous en la personne du pauvre. La vie éternelle est déjà commencée pour l’homme qui élève son âme vers Dieu et qui se penche vers son prochain.

 

Intentions de prière :

Pour Monique Krupa (maman du père David Krupa) dont les obsèques seront célébrées lundi 11 Mai  en l’église sainte Bernadette de Gagny ;

Pour Jeannine Paquet dont les funérailles seront célébrées Mardi 12 Mai  dans notre église.

Pour Christophe Hénard,  Emmanuelle Grynbaum, Renée Brunie, William Petriccioli, Vincent Berthellot

 

Nos témoignages, nos informations, nos initiatives

Nous souhaiterions que ce bulletin puisse témoigner de la vie de la communauté, malgré le confinement. Nous sommes séparés physiquement, mais unis dans la prière. Pour autant par vos témoignages, la notion de communauté sera véritablement incarnée. Alors envoyez nous des informations, des prières, des témoignages

 

Vos prêtres se tiennent dans l’église ce dimanche 10 Mai de 10h. à 11h. pour ceux qui veulent recevoir l’hostie consacrée pour célébrer la messe de 11h. sur France 2. Les cloches de l’église sonneront à 10h40

 

Autre messe sur Kto à 10h en direct des sanctuaires de Lourdes et à 18h30 en l’église saint Germain de l’Auxerrois de Paris

 

 

 

Une première phase du déconfinement progressif se met en place ce Lundi 11 Mai.

Pour quelques-uns de nos enfants, c’est le retour à l’école, pour certains d’entres-nous, la reprise du travail, pour d’autres la continuité du « télé-travail » . Pour beaucoup, je suppose, ce sera des retrouvailles en familles. Mais nous le savons tous, c’est par notre responsabilité individuelle et collective, que les conditions de réussites de la sortie du confinement réussiront.  Souhaitons-nous bon courage et prions les uns pour les autres.

 

Il nous faut continuer de prier pour toutes les familles éprouvées et endeuillées par la maladie du Covid19. Il y a encore à ce jour, plus de 100 personnes par jour qui décèdent du Covid. Nous pouvons prier pour toutes celles et tous ceux qui sont aujourd’hui malades, pour certains en réanimation, pour d’autres en soins médicaux ou en rééducations, pour d’autres encore confinés au domicile. Nous prions aussi pour toutes les personnes qui sont hospitalisées en ce moment et qui ne peuvent recevoir aucune visite. Nous prions pour tous les soignants de toutes catégories.  Nous prions enfin pour tous nos anciens pour qui la solitude devient de plus en plus pesante.

 

Ce déconfinement n’a pour l’instant peu de conséquences sur notre vie paroissiale. Aucune messe n’est célébrée en public pour l’instant. Seules les célébrations de funérailles sont célébrées avec une assemblée de 20 personnes. Vos prêtres célèbrent donc en privé, les Laudes à 9h ; la messe à 12h ; Les Vêpres à 19h. Priez pour nous et en communion avec nous.

 

La permanence d’accueil dans l’église du père Frédéric reprendra le Jeudi 14 Mai de 18h. à 19h. Le Samedi de 10h à 12h. un prêtre sera disponible pour célébrer le sacrement de la réconcilation.

 

Le secrétariat de la paroisse ouvrira le Lundi 18 Mai à 9h.

Une permanence téléphonique est en place tous les jours 01-43-81-14-98. Vous pouvez toujours nous écrire au presbytère, ou envoyer un email : paroisse.leraincy@wanadoo.fr

 

 

Quelques réunions d’adultes (de moins de 10 personnes) se tiendront dans nos salles dans la deuxième quinzaine du mois de Mai. La catéchèse des enfants et des jeunes ne reprendra pas avant le 2 Juin.

 

Dans quelques jours, Nous vous exposerons les règles sanitaires que nous allons mettre en place dans notre église pour les célébrations : les messes, les baptêmes, les mariages. Nous attendons encore quelques précisions de la part du gouvernement et des autorités religieuses. Nous allons tout faire pour sécuriser au maximum nos lieux de cultes. Mais il faudra aussi que chacune et chacun respecte scrupuleusement les règles qui seront édictées, sans exceptions. C’est la responsabilité civile et pénale de votre curé qui est en jeu.

 

Espérons que les règles fixées par nos gouvernants s’avèrent positives, que nous ne subissions pas une deuxième poussée de l’épidémie trop violente. Encore une fois nous devons tous nous sentir responsables de la réussite de la sortie de cette cirse sanitaire sans précédents que nous vivons depuis plus de 50 jours.

 

Nous attendons de vos nouvelles, vos prêtres ne croulent pas sous les appels !!

 

Unis dans la prière.

 

Se déconfiner avec les quatre premières paroles du Ressuscité

 

Et si les premières paroles de Jésus fraîchement déconfiné inspiraient, guidaient et nourrissaient notre déconfinement à nous ?

 

Souvent, nous commentons les sept dernières paroles du Christ en Croix. Et en un sens, nous ne faisons pas bien. Nous pensons que ce sont les ultimes paroles, nous nous y attachons comme on s’accroche aux derniers mots d’un proche avant sa mort, ces quelques mots qui résonnent avec une intensité particulière parce qu’ils font figure de testament. Mais nous devrions écouter avec la même attention, plus grande même, les premières paroles de Jésus ressuscité. Car il y a au tout début la promesse d’une suite, les mots même d’un nouveau… testament ! 

Que dit donc Jésus après l’événement le plus important de l’histoire, après la seule chose véritablement nouvelle qui soit arrivée depuis l’origine, après ce confinement improbable que Dieu a consenti dans l’humanité, cet enfermement que le Christ a accepté dans la mort ? 

 

« DE QUOI DISCUTIEZ-VOUS EN CHEMIN ? »

 

C’est la question de Jésus aux disciples d’Emmaüs. Dieu vient de changer le sens de l’histoire, il retrouve deux disciples et, selon Luc, Il ne leur fait pas d’abord une homélie ! Il prend des nouvelles ! Au fond, de quoi est baigné notre « puits d’inquiétudes » comme l’a écrit Charles Péguy, ce puits « à lui seul plus inquiet que toute la création ensemble » ? Dis-moi ton souci, je te dirais qui tu es… Dis-moi, pendant ce confinement, de quoi tu as parlé le plus souvent ? Pour nous aussi, il est venu le temps de rattraper le temps avec nos familles, nos amis : remonter le fil de nos conversations interdites parce que confinées, impossibles parce qu’il est des confidences qu’on ne peut pas faire en visio-conférence. Et vous les amis, de quoi parliez-vous dans votre confinement ? 

 

« POURQUOI PLEURES-TU ? QUI CHERCHES-TU ? »

 

Dans l’Évangile de Jean, voici la question de Jésus fraîchement déconfiné, tout juste ressuscité, à Marie-Madeleine. Des larmes, il y en a eu aussi depuis le début de cette épidémie : nos deuils, nos angoisses, nos colères contre le gouvernement, notre incompréhension devant le mal, nos exaspérations liées au confinement… Quelle est la raison profonde de ces pleurs ? Qui cherchons-nous par-delà ces larmes ? L’ivresse romantique de se sentir exister ou la faim réelle d’un Autre ?

 

« ALLEZ DANS LE MONDE ENTIER ! »

 

Voici les premiers mots de Jésus dans l’Évangile de Marc après le drame de la Croix : on y lit que Jésus a probablement parlé auparavant, mais cet appel à partir dans le monde entier est la première phrase rapportée par l’évangéliste et d’ailleurs, selon lui, sa dernière prise de parole terrestre. 

À partir de 11 mai, et prudemment, il nous faudra aussi quitter nos domiciles. Sortir pour aller où ? et surtout pourquoi ? Pour proclamer et pour baptiser, c’est le programme ! Il est vraiment déconfiné, et ce temps sera celui d’une sortie, si chère au pape François, sortie accompagnée d’une parole et d’un plongeon. Ce sera aussi le temps de l’écoute : une écoute approfondie de tous ceux qui nous diront : « Bon-jour ! Tu as fait quoi pendant ce confinement ? Ça été dur pour toi ? Tu vas où, maintenant ? » Bref, ces paroles anodines, confites des appels amoureux de l’Inconfinable !

 

 

 

 

 

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 20:18

 

L'Europe du pape François

 

A quoi ressemble l'Europe du pape François ? Dans deux discours particulièrement forts prononcés mardi 25 novembre à Strasbourg, devant le Parlement européen et le Conseil de l'Europe, le pape a donné ses « clés » pour réveiller le Vieux Continent.

 

 

Une Europe prophétique

« À l’Europe, nous pouvons demander: où est ta vigueur? Où est cette tension vers un idéal qui a animé ton histoire et l’a rendue grande? Où est ton esprit d’entreprise et de curiosité? Où est ta soif de vérité, que jusqu’à présent tu as communiquée au monde avec passion? De la réponse à ces questions, dépendra l’avenir du continent. (...) L’Europe doit réfléchir pour savoir si son immense patrimoine humain, artistique, technique, social, politique, économique et religieux est un simple héritage de musée du passé, ou bien si elle est encore capable d’inspirer la culture et d’ouvrir ses trésors à l’humanité entière. Dans la réponse à cette interrogation, le Conseil de l’Europe avec ses institutions a un rôle de première importance »
(Discours au Conseil de l'Europe)

 

Une Europe de la « défense de la vie »...

« On constate avec regret une prévalence des questions techniques et économiques au centre du débat politique, au détriment d’une authentique orientation anthropologique. L’être humain risque d’être réduit à un simple engrenage d’un mécanisme qui le traite à la manière d’un bien de consommation à utiliser, de sorte que – nous le remarquons malheureusement souvent – lorsque la vie n’est pas utile au fonctionnement de ce mécanisme elle est éliminée sans trop de scrupule, comme dans le cas des malades en phase terminale, des personnes âgées abandonnées et sans soin, ou des enfants tués avant de naître. C’est une grande méprise qui advient "quand l’absolutisation de la technique prévaut", ce qui finit par produire "une confusion entre la fin et moyens". »
(Discours au Parlement européen)

 

 

… Contre la « culture du déchet »

« C’est une grande méprise qui advient "quand l’absolutisation de la technique prévaut", ce qui finit par produire "une confusion entre la fin et moyens". Résultat inévitable de la "culture du déchet" et de la "mentalité de consommation exagérée". Au contraire, affirmer la dignité de la personne c’est reconnaître le caractère précieux de la vie humaine, qui nous est donnée gratuitement et qui ne peut, pour cette raison, être objet d’échange ou de commerce. Dans votre vocation de parlementaires, vous êtes aussi appelés à une grande mission, bien qu’elle puisse sembler inutile : prendre soin de la fragilité des peuples et des personnes. Prendre soin de la fragilité veut dire force et tendresse, lutte et fécondité, au milieu d’un modèle fonctionnaliste et privatisé qui conduit inexorablement à la "culture du déchet". Prendre soin de la fragilité de la personne et des peuples signifie garder la mémoire et l’espérance ; signifie prendre en charge la personne présente dans sa situation la plus marginale et angoissante et être capable de l’oindre de dignité. »
(Discours au Parlement européen)

 

Une Europe écolo

« Respecter l’environnement signifie cependant non seulement se limiter à éviter de le défigurer, mais aussi l’utiliser pour le bien. Je pense surtout au secteur agricole, appelé à donner soutien et nourriture à l’homme. On ne peut tolérer que des millions de personnes dans le monde meurent de faim, tandis que des tonnes de denrées alimentaires sont jetées chaque jour de nos tables. En outre, respecter la nature, nous rappelle que l’homme lui-même en est une partie fondamentale. À côté d’une écologie environnementale, il faut donc une écologie humaine, faite du respect de la personne, que j’ai voulu rappeler aujourd’hui en m’adressant à vous. »
(Discours au Parlement européen)

 

 

Une Europe du « nous tous » et pas du « moi je »

« Il convient de faire attention pour ne pas tomber dans des équivoques qui peuvent naître d’un malentendu sur le concept de droits humains et de leur abus paradoxal. Il y a en effet aujourd’hui la tendance à une revendication toujours plus grande des droits individuels, qui cache une conception de la personne humaine détachée de tout contexte social et anthropologique, presque comme une "monade", toujours plus insensible aux autres "monades" présentes autour de soi. Au concept de droit, celui – aussi essentiel et complémentaire – de devoir, ne semble plus associé, de sorte qu’on finit par affirmer les droits individuels sans tenir compte que tout être humain est lié à un contexte social dans lequel ses droits et devoirs sont connexes à ceux des autres et au bien commun de la société elle-même (...). En effet, si le droit de chacun n’est pas harmonieusement ordonné au bien plus grand, il finit par se concevoir comme sans limites et, par conséquent, devenir source de conflits et de violences. »
(Discours au Parlement européen)

 

Une Europe qui a une âme

 

« Une Europe qui n’a plus la capacité de s’ouvrir à la dimension transcendante de la vie est une Europe qui lentement risque de perdre son âme, ainsi que cet "esprit humaniste" qu’elle aime et défend cependant. Précisément à partir de la nécessité d’une ouverture au transcendant, je veux affirmer la centralité de la personne humaine, qui se trouve autrement à la merci des modes et des pouvoirs du moment. En ce sens j’estime fondamental, non seulement le patrimoine que le christianisme a laissé dans le passé pour la formation socioculturelle du continent, mais surtout la contribution qu’il veut donner, aujourd’hui et dans l’avenir, à sa croissance. Cette contribution n’est pas un danger pour la laïcité des États ni pour l’indépendance des institutions de l’Union, mais au contraire un enrichissement. Les idéaux qui l’ont formée dès l’origine le montrent bien: la paix, la subsidiarité et la solidarité réciproque, un humanisme centré sur le respect de la dignité de la personne. »
(Discours au Parlement européen)

 

Une Europe forte de ses racines religieuses pour lutter contre les extrémismes

 

« Une Europe capable de mettre à profit ses propres racines religieuses, sachant en recueillir la richesse et les potentialités, peut être plus facilement immunisée contre les nombreux extrémismes qui déferlent dans le monde d’aujourd’hui, et aussi contre le grand vide d’idées auquel nous assistons en Occident, parce que "c’est l’oubli de Dieu, et non pas sa glorification, qui engendre la violence". Nous ne pouvons pas ici ne pas rappeler les nombreuses injustices et persécutions qui frappent quotidiennement les minorités religieuses, en particulier chrétiennes, en divers endroits du monde. Des communautés et des personnes sont l’objet de violences barbares : chassées de leurs maisons et de leurs patries ; vendues comme esclaves ; tuées, décapitées, crucifiées et brulées vives, sous le silence honteux et complice de beaucoup. (…) Un auteur anonyme du IIe siècle a écrit que "les chrétiens représentent dans le monde ce qu’est l’âme dans le corps". Le rôle de l’âme est de soutenir le corps, d’en être la conscience et la mémoire historique. Et une histoire bimillénaire lie l’Europe et le christianisme. Une histoire non exempte de conflits et d’erreurs, mais toujours animée par le désir de construire pour le bien. Nous le voyons dans la beauté de nos villes, et plus encore dans celle des multiples œuvres de charité et d’édification commune qui parsèment le continent. Cette histoire, en grande partie, est encore à écrire. Elle est notre présent et aussi notre avenir. Elle est notre identité. Et l’Europe a fortement besoin de redécouvrir son visage pour grandir, selon l’esprit de ses Pères fondateurs, dans la paix et dans la concorde, puisqu’elle-même n’est pas encore à l’abri de conflits. »
(Discours au Parlement européen)

 

Une Europe dotée d'une politique migratoire long-termiste et courageuse

 

« On ne peut tolérer que la mer Méditerranée devienne un grand cimetière ! Dans les barques qui arrivent quotidiennement sur les côtes européennes, il y a des hommes et des femmes qui ont besoin d’accueil et d’aide. L’absence d’un soutien réciproque au sein de l’Union Européenne risque d’encourager des solutions particularistes aux problèmes, qui ne tiennent pas compte de la dignité humaine des immigrés, favorisant le travail d’esclave et des tensions sociales continuelles. L’Europe sera en mesure de faire face aux problématiques liées à l’immigration si elle sait proposer avec clarté sa propre identité culturelle et mettre en acte des législations adéquates qui sachent en même temps protéger les droits des citoyens européens et garantir l’accueil des migrants ; si elle sait adopter des politiques justes, courageuses et concrètes qui aident leurs pays d’origine dans le développement sociopolitique et dans la résolution des conflits internes – cause principale de ce phénomène – au lieu des politiques d’intérêt qui accroissent et alimentent ces conflits. »
(Discours au Parlement européen)

 

Une Europe multipolaire 

« Aujourd’hui, (...) nous pouvons légitimement parler d’une Europe multipolaire. Les tensions – aussi bien celles qui construisent que celles qui détruisent – se produisent entre de multiples pôles culturels, religieux et politiques. L’Europe aujourd’hui affronte le défi de « globaliser » de manière originale cette multipolarité. Les cultures ne s’identifient pas nécessairement avec les pays: certains d’entre eux ont diverses cultures et certaines cultures s’expriment dans divers pays. Il en est de même des expressions politiques, religieuses et associatives. Globaliser de manière originale la multipolarité comporte le défi d’une harmonie constructive, libérée d’hégémonies qui, bien qu’elles semblent pragmatiquement faciliter le chemin, finissent par détruire l’originalité culturelle et religieuse des peuples. »
(Discours au Conseil de l'Europe)

 

Une Europe transversale qui retrouve son esprit de jeunesse

« L’autre défi que je voudrais mentionner est la transversalité. Je pars d’une expérience personnelle: dans les rencontres avec les politiciens de divers pays de l’Europe, j’ai pu remarquer que les politiciens jeunes affrontent la réalité avec une perspective différente par rapport à leurs collègues plus adultes. Ils disent peut-être des choses apparemment similaires, mais l’approche est différente. La lettre est la même mais la musique est différente. Cela s’observe chez les jeunes politiciens des divers partis. Cette donnée empirique indique une réalité de l’Europe contemporaine que l’on ne peut ignorer sur le chemin de la consolidation continentale et de sa projection future: tenir compte de cette transversalité qui se retrouve dans tous les domaines. Cela ne peut se faire sans recourir au dialogue, même inter-générationnel. (...) L’histoire aujourd’hui demande pour la rencontre, la capacité de sortir des structures qui « contiennent » sa propre identité afin de la rendre plus forte et plus féconde dans la confrontation fraternelle de la transversalité. Une Europe qui dialogue seulement entre ses groupes d’appartenance fermés reste à mi-chemin; on a besoin de l’esprit de jeunesse qui accepte le défi de la transversalité. »
(Discours au Conseil de l'Europe)

 

 

Une Europe qui a une âme

 

« Une Europe qui n’a plus la capacité de s’ouvrir à la dimension transcendante de la vie est une Europe qui lentement risque de perdre son âme, ainsi que cet "esprit humaniste" qu’elle aime et défend cependant. Précisément à partir de la nécessité d’une ouverture au transcendant, je veux affirmer la centralité de la personne humaine, qui se trouve autrement à la merci des modes et des pouvoirs du moment. En ce sens j’estime fondamental, non seulement le patrimoine que le christianisme a laissé dans le passé pour la formation socioculturelle du continent, mais surtout la contribution qu’il veut donner, aujourd’hui et dans l’avenir, à sa croissance. Cette contribution n’est pas un danger pour la laïcité des États ni pour l’indépendance des institutions de l’Union, mais au contraire un enrichissement. Les idéaux qui l’ont formée dès l’origine le montrent bien: la paix, la subsidiarité et la solidarité réciproque, un humanisme centré sur le respect de la dignité de la personne. »
(Discours au Parlement européen)

 

Une Europe forte de ses racines religieuses pour lutter contre les extrémismes

 

« Une Europe capable de mettre à profit ses propres racines religieuses, sachant en recueillir la richesse et les potentialités, peut être plus facilement immunisée contre les nombreux extrémismes qui déferlent dans le monde d’aujourd’hui, et aussi contre le grand vide d’idées auquel nous assistons en Occident, parce que "c’est l’oubli de Dieu, et non pas sa glorification, qui engendre la violence". Nous ne pouvons pas ici ne pas rappeler les nombreuses injustices et persécutions qui frappent quotidiennement les minorités religieuses, en particulier chrétiennes, en divers endroits du monde. Des communautés et des personnes sont l’objet de violences barbares : chassées de leurs maisons et de leurs patries ; vendues comme esclaves ; tuées, décapitées, crucifiées et brulées vives, sous le silence honteux et complice de beaucoup. (…) Un auteur anonyme du IIe siècle a écrit que "les chrétiens représentent dans le monde ce qu’est l’âme dans le corps". Le rôle de l’âme est de soutenir le corps, d’en être la conscience et la mémoire historique. Et une histoire bimillénaire lie l’Europe et le christianisme. Une histoire non exempte de conflits et d’erreurs, mais toujours animée par le désir de construire pour le bien. Nous le voyons dans la beauté de nos villes, et plus encore dans celle des multiples œuvres de charité et d’édification commune qui parsèment le continent. Cette histoire, en grande partie, est encore à écrire. Elle est notre présent et aussi notre avenir. Elle est notre identité. Et l’Europe a fortement besoin de redécouvrir son visage pour grandir, selon l’esprit de ses Pères fondateurs, dans la paix et dans la concorde, puisqu’elle-même n’est pas encore à l’abri de conflits. »
(Discours au Parlement européen)

 

Une Europe dotée d'une politique migratoire long-termiste et courageuse

 

« On ne peut tolérer que la mer Méditerranée devienne un grand cimetière ! Dans les barques qui arrivent quotidiennement sur les côtes européennes, il y a des hommes et des femmes qui ont besoin d’accueil et d’aide. L’absence d’un soutien réciproque au sein de l’Union Européenne risque d’encourager des solutions particularistes aux problèmes, qui ne tiennent pas compte de la dignité humaine des immigrés, favorisant le travail d’esclave et des tensions sociales continuelles. L’Europe sera en mesure de faire face aux problématiques liées à l’immigration si elle sait proposer avec clarté sa propre identité culturelle et mettre en acte des législations adéquates qui sachent en même temps protéger les droits des citoyens européens et garantir l’accueil des migrants ; si elle sait adopter des politiques justes, courageuses et concrètes qui aident leurs pays d’origine dans le développement sociopolitique et dans la résolution des conflits internes – cause principale de ce phénomène – au lieu des politiques d’intérêt qui accroissent et alimentent ces conflits. »
(Discours au Parlement européen)

 

Une Europe multipolaire 

« Aujourd’hui, (...) nous pouvons légitimement parler d’une Europe multipolaire. Les tensions – aussi bien celles qui construisent que celles qui détruisent – se produisent entre de multiples pôles culturels, religieux et politiques. L’Europe aujourd’hui affronte le défi de « globaliser » de manière originale cette multipolarité. Les cultures ne s’identifient pas nécessairement avec les pays: certains d’entre eux ont diverses cultures et certaines cultures s’expriment dans divers pays. Il en est de même des expressions politiques, religieuses et associatives. Globaliser de manière originale la multipolarité comporte le défi d’une harmonie constructive, libérée d’hégémonies qui, bien qu’elles semblent pragmatiquement faciliter le chemin, finissent par détruire l’originalité culturelle et religieuse des peuples. »
(Discours au Conseil de l'Europe)

 

Une Europe transversale qui retrouve son esprit de jeunesse

« L’autre défi que je voudrais mentionner est la transversalité. Je pars d’une expérience personnelle: dans les rencontres avec les politiciens de divers pays de l’Europe, j’ai pu remarquer que les politiciens jeunes affrontent la réalité avec une perspective différente par rapport à leurs collègues plus adultes. Ils disent peut-être des choses apparemment similaires, mais l’approche est différente. La lettre est la même mais la musique est différente. Cela s’observe chez les jeunes politiciens des divers partis. Cette donnée empirique indique une réalité de l’Europe contemporaine que l’on ne peut ignorer sur le chemin de la consolidation continentale et de sa projection future: tenir compte de cette transversalité qui se retrouve dans tous les domaines. Cela ne peut se faire sans recourir au dialogue, même inter-générationnel. (...) L’histoire aujourd’hui demande pour la rencontre, la capacité de sortir des structures qui « contiennent » sa propre identité afin de la rendre plus forte et plus féconde dans la confrontation fraternelle de la transversalité. Une Europe qui dialogue seulement entre ses groupes d’appartenance fermés reste à mi-chemin; on a besoin de l’esprit de jeunesse qui accepte le défi de la transversalité. »
(Discours au Conseil de l'Europe)

 

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 20:17

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Discours du pape François devant le Conseil de l'Europe le 25 Novembre 2014

 

En visite officielle aux institutions européennes à Strasbourg, mardi 25 novembre, le pape François s’est adressé aux membres du Conseil de l’Europe. Comme devant le Parlement européen, il a rappelé l’importance de « profondes racines » pour que l’Europe puisse se projeter vers « des utopies de l’avenir » et relever les défis actuels du continent. Evoquant la « multipolarité » et la « transversalité » de l’Europe il a appelé le Conseil à sortir retrouver « 

 

Je suis heureux de pouvoir prendre la parole en cette Assemblée qui voit réunie une représentation significative de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, les Représentants des pays membres, les Juges de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, et aussi les diverses Institutions qui composent le Conseil de l’Europe. De fait, presque toute l’Europe est présente en cette enceinte, avec ses peuples, ses langues, ses expressions culturelles et religieuses, qui constituent la richesse de ce continent. Je suis particulièrement reconnaissant au Secrétaire général du Conseil de l’Europe, Monsieur Thorbjørn Jagland, pour la courtoise invitation et pour les aimables paroles de bienvenue qu’il m’a adressées. Je salue Madame Anne Brasseur, Présidente de l’Assemblée parlementaire, ainsi que les représentants des diverses institutions qui composent le Conseil de l’Europe. Je vous remercie tous de tout cœur pour l’engagement que vous prodiguez et pour la contribution que vous offrez à la paix en Europe, par la promotion de la démocratie, des droits humains et de l’État de droit.

Dans l’intention de ses Pères fondateurs, le Conseil de l’Europe, qui célèbre cette année son 65e anniversaire, répondait à une tension vers un idéal d’unité qui, à plusieurs reprises, a animé la vie du continent depuis l’antiquité. Cependant, au cours des siècles, des poussées particularistes ont souvent prévalu, caractérisées par la succession de diverses volontés hégémoniques. Qu’il suffise de penser que dix ans avant ce 5 mai 1949, où a été signé à Londres le Traité qui a institué le Conseil de l’Europe, commençait le plus cruel et le plus déchirant conflit dont ces terres se souviennent et dont les divisions se sont poursuivies pendant de longues années, alors que ce qu’on a appelé le rideau de fer coupait en deux le continent de la Mer Baltique au Golfe de Trieste. Le projet des Pères fondateurs était de reconstruire l’Europe dans un esprit de service mutuel, qui aujourd’hui encore, dans un monde plus enclin à revendiquer qu’à servir, doit constituer la clé de voûte de la mission du Conseil de l’Europe, en faveur de la paix, de la liberté et de la dignité humaine.

D’autre part, la voie privilégiée vers la paix – pour éviter que ce qui est arrivé durant les deux guerres mondiales du siècle dernier ne se répète –, c’est de reconnaître dans l’autre non un ennemi à combattre, mais un frère à accueillir. Il s’agit d’un processus continu, qu’on ne peut jamais considérer pleinement achevé. C’est justement l’intuition qu’ont eue les Pères fondateurs, qui ont compris que la paix était un bien à conquérir continuellement, et qu’elle exigeait une vigilance absolue. Ils étaient conscients que les guerres s’alimentent dans le but de prendre possession des espaces, de figer les processus et de chercher à les arrêter; par contre, ils recherchaient la paix qui peut s’obtenir seulement par l’attitude constante d’initier des processus et de les poursuivre.

De cette manière, ils affirmaient la volonté de cheminer en mûrissant dans le temps, parce que c’est justement le temps qui gouverne les espaces, les éclaire et les transforme en une chaîne continue de croissance, sans voies de retour. C’est pourquoi, construire la paix demande de privilégier les actions qui génèrent de nouveaux dynamismes dans la société et impliquent d’autres personnes et d’autres groupes qui les développeront, jusqu’à ce qu’ils portent du fruit dans des événements historiques importants (1).

Pour cela, ils ont créé cet Organisme stable. Le bienheureux Paul VI, quelques années après, eut à rappeler que « les institutions mêmes qui, sur le plan juridique et dans le concert des nations, ont pour rôle – et ont le mérite – de proclamer et de conserver la paix, n’atteignent le but prévu que si elles sont continuellement à l’œuvre, si elles savent à chaque instant engendrer la paix, faire la paix » (2). Un chemin constant d’humanisation est nécessaire, de sorte qu’« il ne suffit pas de contenir les guerres, de suspendre les luttes, (…) une paix imposée ne suffit pas, non plus qu’une paix utilitaire et provisoire; il faut tendre vers une paix aimée, libre, fraternelle, et donc fondée sur la réconciliation des esprits » (3). C’est-à-dire poursuivre les processus sans anxiété mais certainement avec des convictions claires et avec ténacité.

Pour conquérir le bien de la paix, il faut avant tout y éduquer, en éloignant une culture du conflit qui vise à la peur de l’autre, à la marginalisation de celui qui pense ou vit de manière différente. Il est vrai que le conflit ne peut être ignoré ou dissimulé, il doit être assumé. Mais si nous y restons bloqués, nous perdons la perspective, les horizons se limitent et la réalité elle-même demeure fragmentée. Quand nous nous arrêtons à la situation conflictuelle, nous perdons le sens de l’unité profonde de la réalité (4), nous arrêtons l’histoire et nous tombons dans les usures internes des contradictions stériles.

Malheureusement, la paix est encore trop souvent blessée. Elle l’est dans de nombreuses parties du monde, où font rage des conflits de diverses sortes. Elle l’est aussi ici en Europe, où des tensions ne cessent pas. Que de douleur et combien de morts encore sur ce continent, qui aspire à la paix, mais pourtant retombe facilement dans les tentations d’autrefois! Pour cela, l’œuvre du Conseil de l’Europe dans la recherche d’une solution politique aux crises en cours est importante et encourageante.

Mais la paix est aussi mise à l’épreuve par d’autres formes de conflit, tels que le terrorisme religieux et international, qui nourrit un profond mépris pour la vie humaine et fauche sans discernement des victimes innocentes. Ce phénomène est malheureusement très souvent alimenté par un trafic d’armes en toute tranquillité. L’Église considère que « la course aux armements est une plaie extrêmement grave de l’humanité et lèse les pauvres d’une manière intolérable » (5). La paix est violée aussi par le trafic des êtres humains, qui est le nouvel esclavage de notre temps et qui transforme les personnes en marchandises d’échange, privant les victimes de toute dignité. Assez souvent, nous notons également comment ces phénomènes sont liés entre eux. Le Conseil de l’Europe, à travers ses Commissions et ses Groupes d’Experts, exerce un rôle important et significatif dans le combat contre ces formes d’inhumanité.

Cependant, la paix n’est pas la simple absence de guerres, de conflits et de tensions. Dans la vision chrétienne, elle est, en même temps, don de Dieu et fruit de l’action libre et raisonnable de l’homme qui entend poursuivre le bien commun dans la vérité et dans l’amour. « Cet ordre rationnel et moral s’appuie précisément sur la décision de la conscience des êtres humains à la recherche de l’harmonie dans leurs rapports réciproques, dans le respect de la justice pour tous » (6).

Le chemin choisi par le Conseil de l’Europe est avant tout celui de la promotion des droits humains, auxquels est lié le développement de la démocratie et de l’État de droit. C’est un travail particulièrement précieux, avec d’importantes implications éthiques et sociales, puisque d’une juste conception de ces termes et d’une réflexion constante sur eux dépendent le développement de nos sociétés, leur cohabitation pacifique et leur avenir. Cette recherche est l’une des plus grandes contributions que l’Europe a offerte et offre encore au monde entier.

C’est pourquoi, en cette enceinte, je ressens le devoir de rappeler l’importance de l’apport et de la responsabilité de l’Europe dans le développement culturel de l’humanité. Je voudrais le faire en partant d’une image que j’emprunte à un poète italien du XXe siècle, Clemente Rebora, qui, dans l’une de ses poésies, décrit un peuplier, avec ses branches élevées vers le ciel et agitées par le vent, son tronc solide et ferme, ainsi que ses racines profondes qui s’enfoncent dans la terre (7). En un certain sens, nous pouvons penser à l’Europe à la lumière de cette image.

Au cours de son histoire, elle a toujours tendu vers le haut, vers des objectifs nouveaux et ambitieux, animée par un désir insatiable de connaissance, de développement, de progrès, de paix et d’unité. Mais l’élévation de la pensée, de la culture, des découvertes scientifiques est possible seulement à cause de la solidité du tronc et de la profondeur des racines qui l’alimentent. Si les racines se perdent, lentement le tronc se vide et meurt et les branches – autrefois vigoureuses et droites – se plient vers la terre et tombent. Ici, se trouve peut-être l’un des paradoxes les plus incompréhensibles pour une mentalité scientifique qui s’isole: pour marcher vers l’avenir, il faut le passé, de profondes racines sont nécessaires et il faut aussi le courage de ne pas se cacher face au présent et à ses défis. Il faut de la mémoire, du courage, une utopie saine et humaine.

D’autre part – fait observer Rebora – « le tronc s’enfonce là où il y a davantage de vrai » (8). Les racines s’alimentent de la vérité, qui constitue la nourriture, la sève vitale de n’importe quelle société qui désire être vraiment libre, humaine et solidaire. En outre, la véritéfait appel à la conscience, qui est irréductible aux conditionnements, et pour cela est capable de connaître sa propre dignité et de s’ouvrir à l’absolu, en devenant source des choix fondamentaux guidés par la recherche du bien pour les autres et pour soi et lieu d’une liberté responsable (9).

Il faut ensuite garder bien présent à l’esprit que sans cette recherche de la vérité, chacun devient la mesure de soi-même et de son propre agir, ouvrant la voie à l’affirmation subjective des droits, de sorte qu’à la conception de droit humain, qui a en soi une portée universelle, se substitue l’idée de droit individualiste. Cela conduit à être foncièrement insouciant des autres et à favoriser la globalisation de l’indifférence qui naît de l’égoïsme, fruit d’une conception de l’homme incapable d’accueillir la vérité et de vivre une authentique dimension sociale.

Un tel individualisme rend humainement pauvre et culturellement stérile, puisqu’il rompt de fait les racines fécondes sur lesquelles se greffe l’arbre. De l’individualisme indifférent naît le culte de l’opulence, auquel correspond la culture de déchet dans laquelle nous sommes immergés. Nous avons, de fait, trop de choses, qui souvent ne servent pas, mais nous ne sommes plus en mesure de construire d’authentiques relations humaines, empreintes de vérité et de respect mutuel. Ainsi, aujourd’hui nous avons devant les yeux l’image d’une Europe blessée, à cause des nombreuses épreuves du passé, mais aussi à cause des crises actuelles, qu’elle ne semble plus capable d’affronter avec la vitalité et l’énergie d’autrefois. Une Europe un peu fatiguée et pessimiste, qui se sent assiégée par les nouveautés provenant des autres continents.

À l’Europe, nous pouvons demander: où est ta vigueur? Où est cette tension vers un idéal qui a animé ton histoire et l’a rendue grande? Où est ton esprit d’entreprise et de curiosité? Où est ta soif de vérité, que jusqu’à présent tu as communiquée au monde avec passion?

De la réponse à ces questions, dépendra l’avenir du continent. D’autre part – pour revenir à l’image de Rebora – un tronc sans racines peut continuer d’avoir une apparence de vie, mais à l’intérieur il se vide et meurt. L’Europe doit réfléchir pour savoir si son immense patrimoine humain, artistique, technique, social, politique, économique et religieux est un simple héritage de musée du passé, ou bien si elle est encore capable d’inspirer la culture et d’ouvrir ses trésors à l’humanité entière. Dans la réponse à cette interrogation, le Conseil de l’Europe avec ses institutions a un rôle de première importance.

Je pense particulièrement au rôle de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, qui constitue en quelque sorte la “conscience” de l’Europe pour le respect des droits humains. Je souhaite que cette conscience mûrisse toujours plus, non par un simple consensus entre les parties, mais comme fruit de la tension vers ces racines profondes, qui constituent les fondements sur lesquels les Pères fondateurs de l’Europe contemporaine ont choisi de construire.

Avec les racines – qu’il faut chercher, trouver et maintenir vivantes par l’exercice quotidien de la mémoire, puisqu’elles constituent le patrimoine génétique de l’Europe – il y a les défis actuels du continent qui nous obligent à une créativité continue, pour que ces racines soient fécondes aujourd’hui et se projettent vers des utopies de l’avenir. Je me permets d’en mentionner seulement deux: le défi de la multipolarité et le défi de la transversalité.

L’histoire de l’Europe peut nous amener à concevoir celle-ci naïvement comme une bipolarité, ou tout au plus comme une tripolarité (pensons à l’antique conception: Rome – Byzance – Moscou), et à nous mouvoir à l’intérieur de ce schéma, fruit de réductionnismes géopolitiques hégémoniques, dans l’interprétation du présent et dans la projection vers l’utopie de l’avenir.

Aujourd’hui, les choses ne se présentent pas ainsi et nous pouvons légitimement parler d’une Europe multipolaire. Les tensions – aussi bien celles qui construisent que celles qui détruisent – se produisent entre de multiples pôles culturels, religieux et politiques. L’Europe aujourd’hui affronte le défi de « globaliser » de manière originale cette multipolarité. Les cultures ne s’identifient pas nécessairement avec les pays: certains d’entre eux ont diverses cultures et certaines cultures s’expriment dans divers pays. Il en est de même des expressions politiques, religieuses et associatives.

Globaliser de manière originale la multipolarité comporte le défi d’une harmonie constructive, libérée d’hégémonies qui, bien qu’elles semblent pragmatiquement faciliter le chemin, finissent par détruire l’originalité culturelle et religieuse des peuples.

Parler de la multipolarité européenne signifie parler de peuples qui naissent, croissent et se projettent vers l’avenir. La tâche de globaliser la multipolarité de l’Europe, nous ne pouvons pas l’imaginer avec l’image de la sphère – dans laquelle tout est égal et ordonné, mais qui en définitive est réductrice puisque chaque point est équidistant du centre – mais plutôt avec celle du polyèdre, où l’unité harmonique du tout conserve la particularité de chacune des parties. Aujourd’hui, l’Europe est multipolaire dans ses relations et ses tensions; on ne peut ni penser ni construire l’Europe sans assumer à fond cette réalité multipolaire.

L’autre défi que je voudrais mentionner est la transversalité. Je pars d’une expérience personnelle: dans les rencontres avec les politiciens de divers pays de l’Europe, j’ai pu remarquer que les politiciens jeunes affrontent la réalité avec une perspective différente par rapport à leurs collègues plus adultes. Ils disent peut-être des choses apparemment similaires, mais l’approche est différente. La lettre est la même mais la musique est différente. Cela s’observe chez les jeunes politiciens des divers partis. Cette donnée empirique indique une réalité de l’Europe contemporaine que l’on ne peut ignorer sur le chemin de la consolidation continentale et de sa projection future: tenir compte de cette transversalité qui se retrouve dans tous les domaines. Cela ne peut se faire sans recourir au dialogue, même inter-générationnel. Si nous voulions définir aujourd’hui le continent, nous devrions parler d’une Europe en dialogue, qui fait en sorte que la transversalité d’opinions et de réflexions soit au service des peuples unis dans l’harmonie.

Emprunter ce chemin de communication transversale comporte non seulement une empathie générationnelle mais aussi une méthodologie historique de croissance. Dans le monde politique actuel de l’Europe, le dialogue uniquement interne aux organismes (politiques, religieux, culturels) de sa propre appartenance se révèle stérile. L’histoire aujourd’hui demande pour la rencontre, la capacité de sortir des structures qui « contiennent » sa propre identité afin de la rendre plus forte et plus féconde dans la confrontation fraternelle de la transversalité. Une Europe qui dialogue seulement entre ses groupes d’appartenance fermés reste à mi-chemin; on a besoin de l’esprit de jeunesse qui accepte le défi de la transversalité.

Dans cette perspective, j’accueille positivement la volonté du Conseil de l’Europe d’investir dans le dialogue inter-culturel, y compris dans sa dimension religieuse, par les Rencontres sur la dimension religieuse du dialogue interculturel. Il s’agit d’une occasion propice pour un échange ouvert, respectueux et enrichissant entre personnes et groupes de diverses origines, tradition ethnique, linguistique et religieuse, dans un esprit de compréhension et de respect mutuel.

Ces rencontres semblent particulièrement importantes dans le contexte actuel multiculturel, multipolaire, à la recherche de son propre visage pour conjuguer avec sagesse l’identité européenne formée à travers les siècles avec les instances provenant des autres peuples qui se manifestent à présent sur le continent.

C’est dans cette logique qu’il faut comprendre l’apport que le christianisme peut fournir aujourd’hui au développement culturel et social européen dans le cadre d’une relation correcte entre religion et société. Dans la vision chrétienne, raison et foi, religion et société sont appelées à s’éclairer réciproquement, en se soutenant mutuellement et, si nécessaire, en se purifiant les unes les autres des extrémismes idéologiques dans lesquelles elles peuvent tomber. La société européenne tout entière ne peut que tirer profit d’un lien renouvelé entre les deux domaines, soit pour faire face à un fondamentalisme religieux qui est surtout ennemi de Dieu, soit pour remédier à une raison « réduite », qui ne fait pas honneur à l’homme.

Les thèmes d’actualité, dans lesquels je suis convaincu qu’il peut y avoir un enrichissement mutuel, où l’Église catholique – particulièrement à travers le Conseil des Conférences Épiscopales d’Europe (CCEE) – peut collaborer avec le Conseil de l’Europe et offrir une contribution fondamentale, sont très nombreux. Avant tout, à la lumière de tout ce que je viens de dire, il y a le domaine d’une réflexion éthique sur les droits humains, sur lesquels votre Organisation est souvent appelée à se pencher. Je pense particulièrement aux thèmes liés à la protection de la vie humaine, questions délicates qui ont besoin d’être soumises à un examen attentif, qui tienne compte de la vérité de tout l’être humain, sans se limiter à des domaines spécifiques médicaux, scientifiques ou juridiques.

De même, ils sont nombreux, les défis du monde contemporains qui requièrent une étude et un engagement commun, à commencer par l’accueil des migrants, qui ont besoin d’abord et avant tout de l’essentiel pour vivre, mais principalement que leur dignité de personnes soit reconnue. Il y a ensuite le grave problème du travail, surtout en ce qui concerne les niveaux élevés de chômage des jeunes dans beaucoup de pays – une vraie hypothèque pour l’avenir – mais aussi pour la question de la dignité du travail.

Je souhaite vivement que s’instaure une nouvelle collaboration sociale et économique, affranchie de conditionnements idéologiques, qui sache faire face au monde globalisé, en maintenant vivant ce sens de solidarité et de charité réciproques qui a tant caractérisé le visage de l’Europe grâce à l’action généreuse de centaines d’hommes et de femmes – dont certains sont considérés saints par l’Église catholique – qui, au cours des siècles, se sont dépensés pour développer le continent, tant à travers l’activité d’entreprise qu’à travers des œuvres éducatives, d’assistance et de promotion humaine. Surtout ces dernières représentent un point de référence important pour les nombreux pauvres qui vivent en Europe. Combien il y en a dans nos rues! Ils demandent non seulement le pain pour survivre, ce qui est le plus élémentaire des droits, mais ils demandent aussi à redécouvrir la valeur de leur propre vie, que la pauvreté tend à faire oublier, et à retrouver la dignité conférée par le travail.

Enfin, parmi les thèmes qui sollicitent notre réflexion et notre collaboration, il y a la protection de l’environnement, de notre bien-aimée Terre qui est la grande ressource que Dieu nous a donnée et qui est à notre disposition non pour être défigurée, exploitée et avilie, mais pour que nous puissions y vivre avec dignité, en jouissant de son immense beauté.

Monsieur le Secrétaire général, Madame la Présidente, Excellences, Mesdames et Messieurs,

Le bienheureux Paul VI a défini l’Église « experte en humanité » (10). Dans le monde, à l’imitation du Christ, malgré les péchés de ses enfants, elle ne cherche rien d’autre que de servir et de rendre témoignage à la vérité (11). Rien d’autre que cet esprit ne nous guide dans le soutien du chemin de l’humanité.

Avec cette disposition d’esprit, le Saint-Siège entend continuer sa propre collaboration avec le Conseil de l’Europe, qui revêt aujourd’hui un rôle fondamental pour forger la mentalité des futures générations d’Européens. Il s’agit d’effectuer ensemble une réflexion dans tous les domaines, afin que s’instaure une sorte de « nouvelle agora », dans laquelle chaque instance civile et religieuse puisse librement se confronter avec les autres, même dans la séparation des domaines et dans la diversité des positions, animée exclusivement par le désir de vérité et par celui d’édifier le bien commun. La culture, en effet, naît toujours de la rencontre réciproque, destinée à stimuler la richesse intellectuelle et la créativité de ceux qui y prennent part; et outre le fait que c’est la réalisation du bien, cela est beau. Je souhaite que l’Europe, en redécouvrant son patrimoine historique et la profondeur de ses racines, en assumant sa vivante multipolarité et le phénomène de la transversalité en dialogue, retrouve cette jeunesse d’esprit qui l’a rendue féconde et grande.

Merci!

 

Notes :

(1) Evangelii gaudium, n. 223
(2) Paul VI, Message pour la VIIIe Journée Mondiale de la Paix, 8 décembre 1974.
(3)
 Ibid.
(4)
 Evangelii gaudium, n. 226.
(5)
 Catéchisme de l’Église Catholique, n. 2329 et Gaudium et spes n. 81.
(6) Jean-Paul II, Message pour la XVe Journée Mondiale de la Paix, 8 décembre 1981, n. 4.
(7)
 “Vibra nel vento con tutte le sue foglie / il pioppo severo; / spasima l’aria in tutte le sue doglie / nell’ansia del pensiero: / dal tronco in rami per fronde si esprime / tutte al ciel tese con raccolte cime: / fermo rimane il tronco del mistero, / e il tronco s’inabissa ov’è più vero”, Il pioppo in : Canti dell’Infermità, ed. Vanni Scheiwiller, Milano 1957, 32.
(8)
 Ibid.
(9) Jean Paul II, Discours à l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, Strasbourg, 8 octobre 1988, n. 4.
(10) Lett. Enc.
 Populorum progressio, n. 13.
(11)
 Ibid.

 

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 20:15

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

Date :  Samedi 9 Mai 2020

 

Textes du jour : Actes des Apôtres 13,44-52 ;  Psaume 97 ; Jean 14,7-14

 

Commentaire

 

Qui connait le Fils, connait le Père, lisons-nous dans l’évangile de Matthieu (Mt 11,27). Connaitre, au sens biblique, implique un vivre-ensemble, un compagnonnage, une expérience de relation  commune et réciproque, où l’on reçoit de l’autre, sans vouloir en premier lieu le posséder. En Jésus, Dieu se révèle tel qu’il est, qui voit le Fils voit le Père (Jean 14,8).

Cette interdépendance entre le Père et le Fils n’a rien de théorique, nous le comprenons en lisant page après page l’évangile de Jean. Elle se donne à entendre et à voir dans les paroles et les actes (Jn 14,10-11). Si nous consentons à être interdépendant du Père par le Fils (Jn 14,21.23) nous connaitront cette communion dans les actes (œuvres) avec le Fils et le Père (Jn 14,12).

Alors oui « tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils (Jn14, 13). Devant cette promesse, je peux de temps en temps m’interroger pour m’ajuster : quelle qualité de présence ai-je envers cet Hôte Intérieur qu’est Dieu dans mes choix de vies. Nous pouvons notamment se poser cette question dans la « reprise » des activités que nous allons revivre. Il ya deux manières essentielles de se laisser déconfiner. Repartir petit à petit dans la course infernale des rythmes de vies qu’étaient les nôtres avant la crise, OU se laisser habiter en profondeur par la force d’entreprendre de Dieu qui agit en nous, qui nous fait poser des degrés d’importance et de choix dans tout ce que nous avons à entreprendre. C’est en tous les cas cet appel que nous allons entendre dans ces chapitres de Jean que nous lisons.  P.Fb

 

Paroles du pape François :

 

Le Seigneur console avec proximité: il parle peu mais il est proche. Avec vérité: il ne trompe pas. Avec espérance: "que votre coeur ne se trouble pas". La consolation du Seigneur est proche, véridique et nous ouvre les portes de l'espérance.

 

Aujourd'hui au sanctuaire de Pompéi (*), s'élève l'intense prière de la Supplique à Notre Dame du Rosaire afin que par l'intercession de la Sainte Vierge, le Seigneur accorde miséricorde et paix à l'Église et au monde entier.

 

*)Le sanctuaire de la nouvelle ville de Pompéi, situé à une vingtaine de kilomètres de Naples – et à 250 km au sud de Rome – en Campanie, a été fondé par le bienheureux Bartolo Longo : un jour, lors d’une promenade dans la campagne, cet avocat entendit une voix lui dire : « Si tu propages le Rosaire tu seras sauvé. »

Il décida de répandre le culte de la Vierge, en commençant par construire une nouvelle église vouée à Notre-Dame du Rosaire. Il composa en 1883 la « Supplique à la Reine du Rosaire de Pompéi», traditionnellement récitée à midi en Italie, le 8 mai et le premier dimanche d’octobre, mois du Rosaire.

Autour de ce sanctuaire, aujourd’hui centre de pèlerinage international, Bartolo Longo fonda de nombreuses œuvres sociales pour les plus petits de la société, en particulier les enfants et adolescents orphelins et abandonnés. Le pape François s’y est rendu le 21 mars 2015.

 

 

 

 

Méditation des mystères du Rosaire (3) : les mystères douloureux :

 

Gethsémani. « Abba (Père) ! Tout t’est possible : éloigne de moi cette coupe ; pourtant pas ce que je veux mais ce que tu veux ! » (Mc 14, 36). À la veille de sa crucifixion, Jésus prie son Père avec les mots de sa langue maternelle, l’araméen. Abba veut dire « papa ». Aucun Juif n’avait osé appeler Dieu « papa ». Ce mot affectueux manifeste l’union intime et filiale de Jésus avec Dieu le Père. Le Saint-Esprit répandu dans les cœurs des baptisés prie aussi « Abba ». La prière de Jésus passe par l’Esprit Saint dans le cœur de ses disciples. Ce n’est pas l’homme qui prie mais l’Esprit qui prie en lui. C’est pourquoi le grand mystique dominicain de l’École rhénane du XIVe siècle, maître Eckhart enseignait : « Nous ne prions pas, nous sommes priés ».

La flagellation. Le Fils de Dieu, le Saint, est fouetté par des soldats qui se moquent de lui. Supplice cruel qui fait resplendir l’amour infini du Christ célébré dans l’Eucharistie : « Le sang versé pour la multitude en rémission des péchés ». Ce n’est pas la souffrance qui sauve mais l’amour qui se dévoile dans l’épreuve. Jésus n’est pas un prophète illuminé ni un révolutionnaire raté. Il donne sa vie librement pour la rémission des péchés. En regardant Jésus, victime d’un procès truqué, nous comprenons la grandeur de Dieu et notre bassesse humaine. Le corps tuméfié du Serviteur souffrant frappe notre conscience, souvent insensible voire anesthésiée. Il ne s’agit pas de plaindre le condamné à mort mais de se remettre en cause dans une démarche de conversion de mentalité et de mœurs.

Le couronnement d’épines (photo). L’ange Gabriel avait annoncé à Marie que son fils Jésus allait recevoir le trône de David, son père : « Il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n’aura pas de fin » (Lc 1, 33). Le voici maintenant ridiculisé par des étrangers qui l’ont revêtu d’une couronne d’épines et le frappent avec un roseau pour enfoncer les pointes du buisson dans son cerveau. Cependant, Jésus n’a pas l’idée du mal. En son cœur, point de vengeance.


Le portement de la croix. Sur le chemin du Calvaire un homme, Simon de Cyrène, aide un autre homme, Jésus. Au début c’est par devoir. Les soldats romains voyant le condamné ployer sous le poids de la croix ont demandé à Simon qui revenait des champs, fatigué après une journée de travail, de porter la croix. « Pas de chance ! », a-t-il probablement murmuré dans son esprit. Pourtant au fur et à mesure qu’il partage le poids de la croix avec le prophète de Nazareth, Simon découvre un mystère qui le bouleverse et le rend même heureux. Au contact avec Jésus, alors qu’il peine à soulever le bois, Simon sent monter en lui la grâce. Il est en train d’aider le Fils de Dieu lui-même. Jamais Dieu n’a été aussi proche que sur le Calvaire en partageant la souffrance d’un condamné à mort, Jésus.
 Ce que nous faisons aux malades, aux prisonniers, aux étrangers, aux affamés, c’est à Jésus lui-même que nous le faisons.

La mort de Jésus en croix. Sur la croix, Jésus crie. Moulu par la souffrance, il n’arrive pas à respirer. Cloué au bois, son corps sent la mort s’approcher. Il se sent même abandonné par son Père : « Éli, Éli, lema sabachtani ? », c’est-à-dire « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46). Au moment où son être va subir la déchirure de la mort, Jésus hurle dans une horrible solitude à la recherche du Père. Judas l’a trahi. Pierre l’a renié. Les chefs des prêtres, les anciens et les scribes, hommes religieux de son peuple, l’ont condamné pour blasphème et imposture. Triste et abandonné, Jésus ne sent pas la présence de son Père. Mais sa confiance en lui demeure intacte, pure, parfaite : « Père, en tes mains je remets mon esprit » (Lc 23,46). Au pied de la croix les badauds pensent qu’il appelle Élie, le prophète. Parlant araméen, leur connaissance de l’hébreu semble rudimentaire au point de confondre les mots. Mais Jésus ne se tourne pas vers un prophète si grand soit-il mais vers son Père qui l’a envoyé pour une mission : « Tout est accompli » (Jn 19, 30). Il ne dit pas « tout est fini » mais tout est accompli dans le don absolu de lui-même pour le salut des hommes.

9 Mai : Journée de l’Europe : ci joint le discours du pape François au Conseil Européen le 25 Novembre 2014

UN résumé de la vision de l’Europe que propose le pape François. (2 Pièces jointes)

 

A Partir de Lundi, nous publierons une série de catéchèses du pape François sur les Actes des Apôtres, pour nous conduire en semi-confinés jusque la Pentecôte. Belles réflexions pour sortir autrement du confinement dans notre Eglise.

 

Appel à don : Nous sommes en train d’engager un certain nombre de dépenses pour aménager nos églises et salles de réunions pour la sortie du confinement (notamment des bornes de distributions de gel hydroalcoolique sans contacts. Depuis deux mois, les recettes de trésorerie sont réduites au minimum. Merci de nous aider pour le financement de toutes ces dépenses supplémentaires. Don à l’ordre de la paroisse Notre Dame, 40 allée du Jardin anglais

 

Partir avec l’hostie consacrée dimanche pour la messe télévisée de 11h : vos prêtres seront dans l’église dimanche à 10h.

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Published by paroisse du Raincy - dans Feuille quotidienne "confinement"
8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 20:13

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

Date : 8 Mai 2020

 

Textes du jour : Actes des Apôtres 13,26-33 ; Psaume 2 ; Jean 14,1-6

 

Commentaire :

 

La voie, c’est Lui…

 Menacés, déstabilisés,  par l’annonce du départ de Jésus: Celui avec qui, les apôtres ont vécu, prononce son message d’Adieu.

 L’objection de Thomas permet à Jésus de se révéler avec d’autant plus de clarté, tant sur son identité que celle de son Père. A la question « où vas-tu? », il ne répond pas directement. Il centre sa révélation sur sa propre personne: « JE SUIS ». La voie, c’est Lui et rien ne passe en dehors de Lui. Une voie qu’il a proposée à ses disciples durant ses trois années de vie, de mission. Jésus a ouvert une fois pour toutes « la cohabitation » avec le Père. Mais ses disciples et nous-mêmes semblons ne pas toujours comprendre; et nous ne sommes pas toujours en vérité sur cette voie qui mène à la vie. Mais Jésus se fait rassurant pour ses disciples, pour chacun de nous. Sa mort en Croix, le don de sa vie, a tracé un chemin véritable qui a ouvert le ciel pour que chacun y trouve sa place. A cette étape de l’évangile, nous voyons à quoi sont appelés les apôtres : accueillir le mystère de la passion et de la résurrection du Christ.  P.FB

 

Paroles du pape François

 

Etre chrétien, c'est appartenir à un peuple choisi librement par Dieu, c'est avoir en mémoire tous ceux qui nous ont précédé sur le chemin du salut. Demandons au Seigneur la conscience d'appartenir au peuple de Dieu, qui dans sa totalité a le parfum de la foi.

 

En ce mois de mai, où le peuple de Dieu exprime avec une particulière intensité son amour et sa dévotion pour la Vierge Marie, il est de tradition de prier le Rosaire à la maison, en famille. Une dimension, la dimension domestique, que les restrictions de la pandémie nous ont “contraints” à valoriser, également du point de vue spirituel. J’ai donc pensé proposer à tous de redécouvrir la beauté de prier le Rosaire à la maison pendant le mois de mai.

On peut le faire ensemble ou personnellement ; c’est à vous de choisir selon les situations, en évaluant les deux possibilités. Mais, de toute manière, il y a un secret pour le faire : la simplicité ; et il est facile de trouver, aussi sur internet, de bons modèles de prières à suivre.

 

De plus, je vous offre les textes de deux prières à la Vierge que vous pourrez réciter à la fin du Rosaire, et que je réciterai moi-même pendant le mois de mai, uni à vous spirituellement. Je les joins à cette lettre de sorte qu’elles soient mises à la disposition de tous.

 

Chers frères et sœurs, contempler ensemble le visage du Christ avec le cœur de Marie, notre Mère, nous rendra encore plus unis comme famille spirituelle et nous aidera à surmonter cette épreuve. Je prierai pour vous, spécialement pour ceux qui souffrent le plus, et vous, s’il vous plait, priez pour moi. Je vous remercie et vous bénis de tout cœur.

 

 

 

Méditation des mystères du Rosaire : 2/ les mystères lumineux

 

 Le baptême de Jésus. « Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré » (Lc 3, 22). Ces paroles de Dieu le Père résonnent dans le ciel. Ce sont les paroles du Psaume deuxième (Ps 2,7) qui parlent de l’adoption filiale du Roi-Messie. Entouré de pécheurs, en prière, plongé dans les eaux du Jourdain, Jésus reçoit l’Esprit Saint sous la forme d’une colombe. Messie, en hébreu, et Christ, en grec, sont des mots synonymes qui veulent dire « oint ». Jésus n’a pas été oint d’huile comme les rois en Israël. Il a été oint de l’Esprit Saint. Sur lui a ruisselé en plénitude l’Esprit Saint.

Le chrétien est aussi un autre Christ, oint de l’Esprit de Jésus. Le baptême chrétien représente une nouvelle naissance de l’eau et de l’Esprit.

Les noces de Cana. Marie, la mère de Jésus, n’a pas une foi éthérée. Pour elle, croire c’est faire la volonté de Dieu qui consiste à accueillir Jésus l’Envoyé du Père et à aimer comme il aime. C’est pourquoi, à Cana, Marie dit aux servants : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jn 2, 5). Ce n’est pas en récitant des prières que l’homme entre dans le Royaume des cieux mais en accomplissant la volonté de Dieu. Marie construit sur le roc car elle garde la parole de Jésus dans son cœur et la met en pratique. Ce qui n’est pas bien ne dure pas. L’expérience nous le prouve. Marie demeure vivante et heureuse car elle vit de manière unifiée. En elle, la pensée, le cœur, la parole et l’action ne font qu’un. Aussi Jésus accomplit-il des miracles à sa prière respectueuse : « Ils n’ont pas de vin ». Marie ne dit pas : « change l’eau en vin ». Elle présente les besoins des nouveaux époux qu’elle perçoit de son regard pénétrant tout en laissant à son fils la liberté d’agir selon la pensée de Dieu. Et Jésus manifeste sa gloire.

Jésus à la synagogue de Nazareth. Dans la synagogue de sa ville, Jésus lit un beau passage du prophète Isaïe : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres » (Is 61, 1). En refermant le rouleau dont les dimensions prouvent l’importance de la synagogue de Nazareth, Jésus déclare : « Aujourd’hui s’accomplit à vos oreilles ce passage de l’Écriture » (Lc 4, 21). En Jésus les prophéties de l’Ancien Testament trouvent leur réalisation et leur plénitude.

Aujourd’hui, chaque fois que la Parole de Dieu est annoncée et expliquée, particulièrement au cours de la liturgie, nous pouvons dire avec Jésus : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture ». L’homélie à la messe actualise la prédication évangélique. Le prêtre continue l’œuvre du salut en prêchant l’Évangile et en le commentant de manière à mettre en lumière l’action de Dieu au cœur de l’Église et de l’humanité. Il en va de même pour le témoignage apostolique des baptisés qui annoncent par l’exemple et l’interprétation fidèle des Écritures le mystère de Jésus.

La Transfiguration. Sur le mont Thabor, les apôtres Pierre, Jacques et Jean sont heureux. Ils sont envahis par le bonheur de la prière qui unit à Dieu. La lumière du Christ qui fait resplendir ses vêtements leur montre la face divine et cachée de leur maître. La présence de Moïse et d’Élie annoncent l’exode, c’est-à-dire « le départ » prochain de Jésus vers son Père. La voix du Père oriente les yeux et le cœur des disciples vers l’alpha et l’oméga, le centre et la clé de l’histoire du monde : « Celui-ci est mon Fils, l’Élu, écoutez-le » (Lc 9, 35).

Pourquoi ne pas partager nos moments heureux vécus dans la foi et la prière alors que nous nous plaignons souvent du silence de Dieu ?

La Cène. Lors de la célébration de la dernière Cène, Jésus manifeste le sens de sa mort. Il va donner sa vie pour le salut des hommes. La mort, instant d’anéantissement, est en réalité le moment le plus sublime de la vie de Jésus : offrande absolue de son corps et de son sang dans l’amour pour la rémission des péchés. L’amour parfait efface la mort engendrée par le refus de croire et d’aimer.

La véritable mort se trouve dans le péché. Le pardon de Jésus représente la résurrection de l’âme offerte à tout homme.

L’Eucharistie, sacrement de l’amour de Dieu, efface le péché : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ».
Les mourants communient au Corps du Christ, viatique, pain pour la traversée de la mort, qui nous fait partager sa résurrection d’entre les morts.

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