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19 avril 2020 7 19 /04 /avril /2020 18:43

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

Date :  19 Avril 2020 : Deuxième dimanche de Pâques - Dimanche de la Divine Miséricorde

 

Textes du jour : Actes des Apôtres 2,42-47 ; Psaume 117 ; Première lettre de Pierre 1,3-9 ; Jean 20,19-31

 

Commentaire

 

                                     « La paix soit avec vous ! »

 

Ce dimanche après Pâques, appelé par Jean Paul II « dimanche de la Miséricorde », nous plonge à travers des textes liturgiques dans les entrailles de Dieu : abimes d’amour pour l’humanité.

Thomas demande de pouvoir reconnaître le Seigneur aux signes de la passion. En cela il était bien inspiré : le Christ ressuscité se reconnaît bien aux signes de sa Passion. La Résurrection n’a pas aboli la Passion. Elle est une glorification mais ne supprime pas tout ce que Jésus a souffert auparavant. Au contraire elle met en lumière la Passion, en montrant toutes les séquelles et en manifestant toute la valeur. Elle montre que la Passion qui semblait être une défaite est en réalité une merveilleuse victoire de l’amour généreux. Jésus s’est livré à la mort pour nous avec un amour infini et il a obtenu ainsi la victoire de Résurrection.

Le Ressuscité nous apporte la paix tout en nous ouvrant à la source débordante de son amour et voudrait que nous l’accueillions avec un cœur sans partage. C’est en ce sens que Sœur Faustine dans son petit journal, nous révèle cet amour inépuisable qui désire se donner tout entier à l’humanité : « Mon cœur déborde d’une grande miséricorde pour les âmes et particulièrement pour les pauvres pécheurs. Si elles pouvaient comprendre que je suis pour elles le meilleur Père, que c’est pour elles que le sang et l’eau ont jailli de mon cœur comme d’une source débordante de miséricorde ; pour elles je demeure dans le tabernacle, comme Roi de miséricorde je désire combler les âmes de grâces, mais elles ne veulent pas les accepter... Oh ! combien est grande l’indifférence des âmes pour tant de bonté, tant de preuves d’amour ; mon cœur n’est abreuvé d’ingratitude, d’oubli de la part des âmes qui vivent dans le monde ; elles ont du temps pour tout, mais elles n’ont pas de temps pour venir vers moi, ni pour chercher des grâces ».

En ce dimanche, à la suite de Thomas et de Sœur Faustine, proclamons notre foi, reconnaissons en la grande valeur. Elle est source de paix, de joie et d’amour. Elle est, par-dessus tout, source d’une union personnelle, intime avec Jésus ressuscité, et par lui avec le Père céleste. Notre foi est un trésor que nous sommes heureux de posséder et que nous devons considérer dans toutes les circonstances de notre vie.

« Mon Seigneur et mon Dieu », « Jésus, j’ai, confiance en Toi »

                                                                                                                 Père Modeste Mégnanou

                                                                                                    

Intentions de prières :

- Pour tous les défunts dont nous avons célébré les funérailles cette semaine : Andrée, Janine, Raymond, Claude

- Pour Jean Pierre Brain, Jean-Baptiste Logier dont les funérailles chrétiennes seront célébrées jeudi en la paroisse Saint Louis de Drancy

- Pour Emmanuelle Grymbaum ; Renée Brunie ; Marie Claude Klein ; William Petriccioli ; Mauricette Galizzi, Vincent Bertheloot, recommandés à notre prière en ce dimanche

- Pour Gaëtan Manfré dcd du covid19, dont les funérailles seront célébrées Mardi 21 ; Augustine Bazin, dcd du covid19 dont les funérailles chrétiennes seront célébrées Jeudi 23 

- Pour les plus de 700 victimes quotidiennes du Covid19 en France.

 

 

CATÉCHÈSE DE JÉRUSALEM AUX NOUVEAUX BAPTISÉS : Le Corps et le Sang…

 La nuit même où il était livré, notre Seigneur Jésus Christ prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit et dit à ses disciples : Prenez, mangez ; ceci est mon corps. Ayant pris la coupe et rendu grâce, il dit : Prenez, buvez ; ceci est mon sang. Quand lui-même a déclaré, au sujet du pain : Ceci est mon corps, qui osera encore hésiter ? Et quand lui-même affirme catégoriquement : Ceci est mon sang, qui pourra en douter, et dire que ce n'est pas son sang C'est donc avec une pleine conviction que nous participons à ce repas comme au corps et au sang du Christ. Car, sous la figure du pain, c'est le corps qui t'est donné ; sous la figure du vin, c'est le sang qui t'est donné, afin que tu deviennes, en participant au corps et au sang du Christ, un seul corps et un seul sang avec le Christ. C'est ainsi que nous devenons des « porte-Christ », son corps et son sang s'étant répandus dans nos membres. De cette façon, selon saint Pierre, nous devenons participants de la nature divine.

Jadis le Christ, s'entretenant avec les Juifs, disait : Si vous ne mangez pas ma chair, et ne buvez pas mon sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Mais eux, comme ils n'entendaient pas spirituellement ses paroles, se retirèrent scandalisés, en s'imaginant que le Sauveur les invitait à manger de la chair. 

Il y avait aussi, dans l'ancienne Alliance, les pains de l'offrande ; mais ces pains, appartenant à l'Alliance ancienne, ont pris fin. Dans l'Alliance nouvelle, il y a un pain venu du ciel, et une coupe du salut. Car, comme le pain est bon pour le corps, le Verbe s'accorde bien avec l'âme.

 Ne t'attache donc pas au pain et au vin comme à des aliments ordinaires, car ils sont corps et sang selon la déclaration du Maître. Si la connaissance sensible te dit autre chose, la foi doit te donner toute assurance.

Tu as reçu cet enseignement et tu en es pleinement convaincu : ce qui paraît du pain n'est pas du pain, bien qu'il soit tel pour le goût : c'est le corps du Christ ; ce qui paraît du vin n'est pas du vin, bien que le goût en juge ainsi : c'est le sang du Christ. Et jadis David chantait à ce sujet : Le pain fortifie le cœur de l'homme, et l'huile donne la joie à son visage. Fortifie ton cœur en prenant ce pain comme une nourriture spirituelle, et rends joyeux le visage de ton âme.

 Puisses-tu avoir le visage dévoilé, grâce à une conscience pure, refléter la gloire du Seigneur, et marcher de gloire en gloire, dans le Christ Jésus notre Seigneur. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Lettre apostolique du pape Jean-Paul II : le jour du Seigneur (sur le sens du dimanche) , 31 Mai 1998

(Le Dimanche) C'est un jour qui se trouve au cœur même de la vie chrétienne. Si, depuis le début de mon pontificat, je ne me suis pas lassé de répéter: « N'ayez pas peur! Ouvrez toutes grandes les portes au Christ! »,(9) je voudrais aujourd'hui vous inviter tous avec insistance à redécouvrir le dimanche: N'ayez pas peur de donner votre temps au Christ! Oui, ouvrons notre temps au Christ, pour qu'il puisse l'éclairer et l'orienter. C'est lui qui connaît le secret du temps comme celui de l'éternité, et il nous confie « son jour » comme un don toujours nouveau de son amour. La redécouverte de ce jour est la grâce à implorer, non seulement pour vivre pleinement les exigences propres de la foi, mais aussi pour donner une réponse concrète aux aspirations les plus vraies de tout être humain. Le temps donné au Christ n'est jamais un temps perdu, mais plutôt un temps gagné pour l'humanisation profonde de nos relations et de notre vie.

 

Prière pour nos catéchumènes : Ayons une pensée particulière pour tous nos catéchumènes, notamment pour les trois qui n’ont pas pu recevoir le sacrement du baptême et communier : Julie, Scotty, Duncan ; mais aussi pour tous les autres, en attente de la grâce des sacrements. Chers accompagnateurs du catéchuménat, je vous les confie, gardez contact et priez avec et pour eux. (P. FB)

Seigneur, nous te prions pour les catéchumènes qui restent dans l’attente des sacrements qu’ils devaient recevoir en ces fêtes pascales. Sois proche d’eux, viens fortifier leur foi et leur désir. Nous te prions pour tant de personnes atteintes de plein fouet par cette pandémie. Accorde-nous de faire l’expérience de ta présence de Ressuscité au cœur de la souffrance. Donne-nous de croire que rien ne peut t’empêcher de venir à nous, car tu es vraiment ressuscité, et que ce temps où tout est suspendu, cet espace ouvert par la déroute de nos projets nous donne de comprendre davantage que tout est lié et creuse en nous le désir d’une vie nouvelle.       Sœurs du Carmel de Frileuse (Essonne)                                  

 Pour celles et ceux qui veulent recevoir l’hostie consacrée ce dimanche, je vous reporte au deux derniers bulletins quand « aux consignes précises » à respecter. Faisons de ce dimanche, bien que confiné, un jour autre que les autres jours de la semaine.

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Published by paroisse du Raincy - dans Feuille quotidienne "confinement"
18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 14:23

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

Date :  Samedi 18 Avril 2020 : Samedi de l’Octave de Pâques.

 

Textes du jour : Actes des Apôtres 4,13-21 ; Psaume 117 ; Marc 16,9-15

 

Commentaire :

 

« Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d'abord à Marie de Magdala dont il avait chassé sept démons. » Marie, appelée par son nom (cf l’évangile de mardi dernier)   représente « l’humanité nouvelle » qui accède à la vie filiale, après avoir été libérée des liens du péché. L’attitude de cette femme contraste singulièrement avec celle des disciples, qui « « s’affligent et « pleurent ». La mort de leur Maître a ruiné leur espérance, au point qu’ils « refusent de croire » les témoins de la résurrection - que ce soit Marie Madeleine ou les disciples d’Emmaüs auxquels il est fait allusion (Mc 16, 12). Craignant de se laisser entraîner dans un nouveau mouvement d’enthousiasme sans lendemain, ils font la sourde oreille, ils ne veulent pas entendre. Que manque-t-il à ces hommes pour croire ? Les témoins sont pourtant crédibles, et la grâce divine est sans aucun doute au rendez-vous, nous l’avons bien compris à travers les textes de toute cette semaine... Il semble plutôt que ce soit le « saut » de la foi qui leur fasse peur, ce « lâcher prise » du « vieil homme », qui doit accepter de ne plus tout comprendre ni tout maîtriser. Aussi lorsque Jésus se manifeste à eux personnellement, il leur reproche vertement « leur incrédulité et leur endurcissement ». La foi ne consiste pas en un savoir rationnel sur Dieu, mais est une connaissance infusée par le Seigneur lui-même, qui se communique à nous en se donnant dans l’Esprit. Le  « cœur » est traditionnellement le lieu de cette rencontre où se scelle la Nouvelle Alliance : « Voici que je me tiens à la porte (de ton cœur) et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi » (Apocalypse de saint Jean 3, 20).

Le « cœur endurci » est le cœur qui repousse cette invitation, par peur des exigences qui en découlent. Serait-ce notre état ?  Le blâme sévère infligé aux disciples ne signifie pas pour autant que Jésus leur retire sa confiance, il les envoie en mission, et ce, malgré leurs imperfections. Et c’est un véritable changement qui va s’opérer dans la vie des Apôtres : « allez dans le monde entier, et proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création ». La foi ne supporte ni délai, ni hésitation : elle est tout entière don de soi à la cause de celui qu’elle aime. Elle est un « oui » inconditionnel dans une totale disponibilité au Christ Seigneur et Sauveur, qui nous fait l’honneur de nous appeler à sa suite. A nous de ne pas le décevoir.

Jésus ne détaille pas l’objet du kérygme : seule compte la « Bonne Nouvelle », qui chez Marc, fait corps avec la Personne même de Notre Seigneur (Cf. Marc 1,1). C’est de lui qu’il nous faut témoigner : tout le reste en découle ; le christianisme n’est pas une idéologie, mais l’histoire d’une rencontre bouleversante avec le Dieu qui s’est fait homme pour que nous puissions participer à sa vie divine.

                                                                                                                       Père Frédéric Benoist

 

« Seigneur, envoie sur nous ton Esprit, que nous prenions conscience de notre responsabilité au cœur de ce monde, et que nous proclamions avec saint Pierre : “Quant à nous, il nous est impossible de ne pas dire ce que nous avons vu et entendu” (1ère lect.). »

 

Parole du pape François

 

Les disciples ont fait un chemin de familiarité avec le Seigneur. Que le Seigneur enseigne à nous aussi cette familiarité avec Lui, qui est personnelle, mais toujours communautaire: une familiarité dans la vie quotidienne, dans les sacrements, au milieu du peuple de Dieu.  

Prions pour les femmes enceintes qui deviendront mères et s’interrogent: «Dans quel monde vivra mon enfant ?». Que le Seigneur leur donne courage et confiance: ce sera certainement un monde différent, mais ce sera toujours un monde que le Seigneur aimera tant.

 

 

 

 

Deuxième dimanche de Pâques : Qu’est ce que le dimanche de la Divine MIséricorde ?

 

 Le dimanche après Pâques est le Dimanche de la Miséricorde. C’est Saint Jean Paul II qui institua cette fête en 2000 le jour de la canonisation de Sainte Faustine. Le Christ lui avait dit « La Fête de la Miséricorde est issue de mes entrailles, je désire qu’elle soit fêtée solennellement le premier dimanche après Pâques ».

 

C’est dans la lecture de la Bible que saint Jean-Paul II enracine sa méditation sur la miséricorde divine. Toute sa vie et son œuvre ont été dictées par son ardeur à faire connaître la grandeur réconfortante de la miséricorde de Dieu à tous les habitants de la terre. En mourant le soir du samedi 2 avril 2005, veille du dimanche de la Divine Miséricorde, saint Jean-Paul II livre une clef de son pontificat. Toute sa vie et son œuvre ont été dictées par son ardeur à faire connaître la grandeur réconfortante de la miséricorde de Dieu à tous les habitants de la terre, dans un monde traversé par tant d’horreurs au cours des siècles – et dont Jean-Paul II a été le témoin, notamment lors de la seconde guerre mondiale. Dès les premières années de son pontificat, il lui consacre une encyclique : Dives in misericordia – "Dieu riche en Miséricorde" – et il en fait un thème majeur et constant de son enseignement, jusqu’à instituer, le 30 avril 2000, la Fête de la Miséricorde Divine le premier dimanche après Pâques. Tout le monde se souvient aussi de sa grande qualité d’écoute et de son regard intense envers tous ceux qui souffrent.

« Comme le monde d’aujourd’hui a besoin de la Miséricorde de Dieu ! Sur tous les continents, du plus profond de la souffrance humaine semble s’élever l’invocation de la Miséricorde. Là où dominent la haine et la soif de vengeance, là où la guerre sème la douleur et la mort des innocents, la grâce de la Miséricorde est nécessaire pour apaiser les esprits et les cœurs, et faire jaillir la paix. Là où manque le respect pour la vie et pour la dignité de l’homme, l’amour miséricordieux de Dieu est nécessaire, car à sa lumière se manifeste la valeur inestimable de chaque être humain. La Miséricorde est nécessaire pour faire en sorte que chaque injustice du monde trouve son terme dans la splendeur de la vérité. »

 

« Dieu, Père miséricordieux, qui as révélé Ton amour dans ton Fils Jésus-Christ, et l’as répandu sur nous dans l’Esprit Saint Consolateur, nous Te confions aujourd’hui le destin du monde et de chaque homme.

Penche-toi sur nos péchés, guéris notre faiblesse, vaincs tout mal, fais que tous les habitants de la terre fassent l’expérience de ta miséricorde, afin qu’en Toi, Dieu Un et Trine, ils trouvent toujours la source de l’espérance.

Père éternel, pour la douloureuse Passion et la Résurrection de ton Fils, accorde-nous ta miséricorde, ainsi qu’au monde entier! Amen. »

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Published by paroisse du Raincy - dans Feuille quotidienne "confinement"
16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 20:43

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

 

Date : Vendredi 17 Avril : Vendredi de l’Octave de Pâques.

 

Textes du jour : Actes des Apôtres 4,1-12 ; Psaume 117, Jean 21,1-14

 

Commentaire :

Les disciples ont quitté Jérusalem et sont revenus en Galilée où ils ont repris leur ancien métier de pêcheurs. On a l’impression que la résurrection de Jésus n’a rien changé, au contraire, certains apôtres auraient repris le travail qu’ils avaient avant même d’avoir rencontré Jésus… Et pourtant, pour sa dernière apparition parmi eux que nous relatent les évangiles, il va les enseigner sur ce que sera leur vie prochaine. Ils deviendront pêcheurs d'hommes, et c'est uniquement lorsqu'ils seront à l'écoute de sa Parole qu'ils pourront accomplir leur ministère. La Parole est ici pleinement accomplie, Dieu a bien glorifié son Fils, il est ressuscité.  Sans sa Parole, sans la « connaissance » de sa personne, les apôtres pourront bien jeter leurs filets toutes la nuit et ils ne prendront rien, mais s'ils demeurent à l'écoute de ce que veut le Seigneur ils feront une abondante pêche pour le Royaume.

        IL s’agit donc pour eux de bien reconnaître Jésus ressuscité. Le premier à le faire est Jean (le disciple que Jésus aimait).

        En fait tout a changé dans le cœur des apôtres : après la résurrection ce n'est plus d'une manière naturelle que l'on connaît Jésus, mais c'est d'une manière spirituelle. Jésus, en étant présent à coté de ses disciples, les invitent « spirituellement » à l’associer à leur tâche, et ce tous ls jours de leur vie . « Je serai avec vous tous les jours ». Et c’est cela la nouveauté de leur vie.

Et nous, dans nos tâches quotidiennes, comment, et de quelle manière, associons nous le Christ ressuscité ?

        Jésus a mis sur le feu des poissons que les disciples n'ont pas péchés, mais il leur demande aussi de mettre sur ce feu les poissons qu'ils ont pêchés.  Belle image que Jean nous invite à contempler : Jésus nous associe à sa résurrection, il nous confie même sa propre mission d’annoncer au monde les merveilles de Dieu. Mais pour cela nous avons besoin, pas simplement de nos vivres, mais des siens. Nous avons besoin de la nourriture qu’il nous donne pour accomplir la mission. Continuons tous ces jours à nous laisser nourrir quotidiennement de sa Parole.

                                                                   Père Frédéric Benoist

 

Paroles du pape François :

 

« Prions aujourd’hui pour les personnes âgées, en particulier celles qui sont isolées ou en maison de retraite », en temps de Coronavirus. Elles ont peur, ont peur de mourir seules. Elles ressentent cette pandémie comme quelque chose d’agressif pour elles. Elles sont nos racines; notre histoire. Elles nous ont donné la foi, la tradition, le sens de l’appartenance à une patrie.  Prions pour que le Seigneur leur soit proche en cette période »

 

 

 

CATÉCHÈSE DE JÉRUSALEM AUX NOUVEAUX BAPTISÉS :

Baptisés dans la mort et la résurrection du Christ.



Vous avez été conduits par la main à la piscine du baptême, comme le Christ est allé de la croix au tombeau qui est devant vous. On a demandé à chacun s'il croyait au nom du Père et du Fils, et du Saint-Esprit. Vous avez proclamé la confession de foi qui donne le salut et vous avez été plongés trois fois dans l'eau, et ensuite vous en êtes sortis. C'est ainsi que vous avez rappelé symboliquement la sépulture du Christ pendant trois jours.

 De même, en effet, que notre Sauveur a passé trois jours et trois nuits au cœur de la terre, c'est ainsi que vous, en sortant de l'eau pour la première fois, vous avez représenté la première journée du Christ dans la terre ; et la nuit, en étant plongés. Celui qui est dans la nuit ne voit plus rien, tandis que celui qui est dans le jour vit dans la lumière. C'est ainsi qu'en étant plongés comme dans la nuit vous ne voyiez rien ; mais en sortant de l'eau vous vous retrouviez comme dans le jour. Dans un même moment vous mouriez et vous naissiez. Cette eau de salut est devenue à la fois votre sépulture et votre mère.



Ce que Salomon dit à un autre sujet pourrait s'appliquer à vous : Il y a un temps pour enfanter, et un temps pour mourir. Mais pour vous c'était l'inverse : un temps pour mourir et un temps pour naître. Un seul temps a produit les deux effets, et votre naissance a coïncidé avec votre mort.

 Chose étrange et incroyable ! Nous n'avons pas été véritablement morts ni véritablement ensevelis, et nous avons ressuscité sans être véritablement crucifiés. Mais si la représentation ne réalise qu'une image, le salut, lui, est véritable.

 Le Christ a été réellement crucifié, réellement enseveli, et il a ressuscité véritablement. Et tout ceci nous est accordé par grâce. Unis par la représentation de ses souffrances, c'est en toute vérité que nous gagnons le salut.



Bonté excessive pour les hommes ! Le Christ a reçu les clous dans ses mains toutes pures, et il a souffert ; et moi, qui n'ai connu ni la souffrance ni la peine, il me fait, par pure grâce, participer au salut !

Personne donc ne doit penser que le baptême consiste simplement dans le pardon des péchés et la grâce de la filiation adoptive ; il en était ainsi pour le baptême de Jean, qui ne procurait que le pardon des péchés. Mais nous savons très précisément que notre baptême, s'il est purification des péchés et nous attire le don de l'Esprit Saint, est aussi l'empreinte et l'image de la passion du Christ. C'est pourquoi saint Paul proclamait : Ne le savez-vous pas ?  Nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés. Nous avons donc été mis au tombeau avec lui par le baptême.

Quelques règles de méthodes si nous voulons communier dimanche, en venant recevoir du prêtre l’hostie consacrée

(nous vous reportons à la feuille du 16 Avril)

 

- Je reconnais la présence réelle du Christ dans l’hostie consacrée :

              -> Cette hostie (ou ces hosties, si c’est pour les membres de ma famille) sera donnée par le prêtre, en se servant de la réserve eucharistique de notre église, au maximum 1 heure avant la messe télévisée de 11h. Je ne vais pas faire mes courses ou autres activités avec une hostie consacrée en ma possession.

              -> Je m’engage de ce fait à « participer » à l’eucharistie du dimanche à la télévision. (messe télévisée)

              -> Je célèbre cette messe télévisée dans son intégralité, en ayant aucune autre activité pendant sa diffusion

              -> L’hostie consacrée est consommée dans son intégralité et n’est pas conservée au-delà de la célébration de l’eucharistie retransmise à la télévision.

              -> L’hostie consacrée qui m’est confiée est emportée dans un custode ou une petite boite métallique et non dans un tissu ou un mouchoir. (se munir de cette custode)

              -> C’est au moment de la communion que je consomme cette hostie.

 

- Je reçois mission de porter la communion :

-> éventuellement, je peux demander à vivre le sacrement de la réconciliation avant qu’il me soit confié une telle mission.

-> Je prendrai le temps de me laisser instruire par le prêtre de la mission à suivre . Je l’informe des personnes à qui je donne la communion.

 

Une telle proposition concerne uniquement la messe dominicale et s’appliquera uniquement durant le temps du confinement.

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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 10:29

« La privation de l’Eucharistie dans le Corps Mystique », par le fr. Jean-Ariel Bauza-Salinas, op

« La notion d’Eglise domestique »

 

« Quelles seraient les répercussions de cette privation de l’Eucharistie dans le Corps Mystique ? »: à l’occasion du Jeudi Saint, jour d’action de grâce pour le sacerdoce et pour l’Eucharistie, le Fr. Jean-Ariel Bauza Salinas, op, a bien voulu répondre aux questions de Zenit sur la situation actuelle créée par la pandémie et la nécessité d’adopter des règles sanitaires strictes pour enrayer la contagion et vaincre le virus.

Dominicain, licencié en théologie, enseignant en théologie sacramentaire, le Fr. Jean-Ariel Bauza Salinas a été, pendant 10 ans aumônier de l’Institut Bergonié, Centre de Lutte Contre le Cancer (CLCC) de la région Nouvelle-Aquitaine, il a aussi été aumônier diocésain des artistes à Bordeaux. Il est, depuis 2016, Secrétaire général de l’Ordre des Prêcheurs à Rome.

AB

Zenit – Les solutions en ligne ont été très créatives pour continuer à faire passer la Parole de Dieu. Mais comme la pandémie dure, n’est-ce pas une urgence pastorale de réfléchir à des solutions respectant rigoureusement les consignes de sécurité sanitaire mais permettant une vie eucharistique autre que virtuelle?

Fr Jean-Ariel Bauza Salinas – La Parole de Dieu s’adresse à notre ouïe, elle touche nos oreilles, et peut donc être transmise par les médias. Même s’il ne faut pas négliger ce que représente la présence « en vrai » d’une personne à une autre personne… Mais le Corps du Christ touche notre corps de l’intérieur. C’est véritablement un corps à corps qui nous est proposé lorsque nous communions. Le Christ vivant nous saisit quand nous le recevons et cela ne peut pas se vivre virtuellement.

Il y a une urgence pastorale. C’est un mot qui résonne fort dans votre question.

Mais ce qui m’inquiète un peu, – cette inquiétude est partagée par quelques frères et théologiens avec qui j’en parlais cette semaine – c’est le manque, parfois, d’un substrat, d’un « humus » moins moral que théologique, qui nous permettrait de réfléchir aux fondements de notre relation au Christ pour donner, depuis cette base théologique et dans la perspective théologale, une réponse large, entière et… nourrissante. Si l’urgence pastorale entraîne seulement une multiplication de la présence du clergé sur les réseaux sociaux, on passe à côté de quelque chose. La multiplication du Pain de vie doit accompagner cette multiplication de la visibilité ecclésiale et la nourrir.

Concernant la virtualité, bien entendu, il est précieux lorsque l’on est malade, isolé ou confiné, de pouvoir suivre sur internet ou à la télévision la célébration eucharistique. A défaut d’y participer on peut s’associer en direct à ceux qui la célèbrent et beaucoup de pasteurs ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour rejoindre ainsi ceux qui leur étaient confiés. Mais cela ne peut pas être le régime habituel des chrétiens et, pour les fêtes de Pâques, alors que nous sommes face au mystère central de notre foi, je peux comprendre que beaucoup de fidèles ressentent comme un manque, un vide. C’est un signe de santé de leur part ! Cela n’est pas bien entendu un « jeûne eucharistique » auquel ils se livreraient – le père François-Marie Léthel en a parlé dans un de ses articles – mais bien une privation de ce qui les fait vivre. Comment y faire face ? Le virtuel n’est pas une solution miracle. Et d’ailleurs, l’approche de la virtualité n’est pas le même partout. On a entendu récemment le théologien orthodoxe Jean Zizioulas, manifester qu’il n’était pas d’accord avec la retransmission de la divine liturgie à la télévision…

On a l’impression que certains prêtres se sont résignés à cette situation et que nombre de fidèles ont renoncé à recevoir la communion. Est-ce bon de se résigner en disant que finalement un temps meilleur viendra où l’on pourra communier ?

Il y a une dimension de la vertu chrétienne qui s’exerce quand on accepte les choses telles qu’elles sont. Le réel dit vrai ! Il est évident que les mesures hygiéniques qu’on nous recommande, et même que nos Etats nous imposent, doivent être scrupuleusement respectées. Le chrétien n’est pas au-dessus des lois. La vraie loi est toujours au service du bien commun. C’est le cas pour les efforts qui nous sont demandés aujourd’hui. Etre ordonné ne fait pas échapper le prêtre aux conditionnements physiques et biologiques. Et parce qu’un curé est appelé à rencontrer un nombre important de personnes différentes en raison de son ministère pastoral, il peut – s’il est malade – contaminer tous ceux qu’il voulait servir !

Mais on pourrait aussi penser à la comparaison qu’a faite le pape François de l’Eglise avec un « hôpital de campagne ». Les ministres du Seigneur qui, après tout, sont aussi « les infirmiers ou les médecins » des âmes, pourraient s’inspirer pour exercer leur action pastorale des exigences sanitaires prises par le corps médical.

Il y a une double question posée par l’impossibilité qu’a le peuple chrétien de se réunir dans l’Eglise afin de célébrer le sacrifice eucharistique : celle de la présence à la Messe et celle de la communion. La célébration de la Messe devant le peuple réuni est sans doute impossible dans les conditions actuelles. C’est douloureux et regrettable mais cette réunion de tous ceux qui constituent l’assemblée représente un facteur de risque important, d’après les spécialistes.

Mais il y a un autre aspect de la question : la communion eucharistique, le contact avec le Corps vivant et vivifiant du Christ. Ne peut-on imaginer, dans le respect de la tradition de l’Eglise, que le Corps eucharistique du Christ soit porté aux fidèles pour qu’ils puissent communier ? Ne le fait-on pas de manière ordinaire pour les malades ? D’ailleurs la présence du tabernacle et de la réserve eucharistique sont historiquement justifiées par la nécessité de leur apporter la communion. J’ai été pendant dix ans aumônier à Bordeaux d’un centre de lutte contre le cancer, l’Institut Bergonié. C’est des centaines de fois que j’ai apporté le Corps du Christ à des personnes hospitalisées…

Concrètement comment faire ? Qui pourrait s’en charger et comment ?

Lors du synode pour l’Amazonie, une des propositions était celle de l’ordination des viri probati. Le souci des Pères synodaux était, selon un évêque, de trouver un moyen de « rendre présente l’eucharistie dans les communautés isolées ». Le Saint-Père n’a pas retenu cette solution dans son Exhortation apostolique. Mais ce que l’on entendait il y a trois mois concernant la nécessité de l’Eucharistie dans ces communautés isolées en Amazonie est toujours actuel. Aujourd’hui le monde connaît une situation globale d’isolement que subissent nos familles, nos communautés religieuses, nos amis célibataires ou seuls enfermés chez eux.

On n’a sans doute pas encore développé suffisamment toutes les richesses offertes par la notion d’Eglise domestique. Il y aurait peut-être à reprendre quelques pratiques de régime eucharistique qui ont fait leurs preuves dans l’église ancienne, ou en temps de danger ou de guerre, soutenant la foi des croyants. Qu’est-ce qui empêche par exemple, de confier aux chefs de famille pratiquant tous les dimanches et qui sont fidèles au sacrement de pénitence, la réserve eucharistique pour qu’ils puissent donner la communion à leurs familles le jour de Pâques, après avoir accueilli le Seigneur sous leur toit, le plus dignement possible ? Ceci vaudrait évidemment pour des fidèles qui passent ce temps de confinement ensemble ou des fidèles isolés.

Bien sûr, il faudrait que s’exerce un jugement, un « discernement » de la part des pasteurs. Il y a aussi des questions pratiques touchant au « comment faire ». Du côté du prêtre cela exigerait qu’il prenne des précautions d’hygiène élevées pour préparer custodes et hosties, sans les avoir manipulées à mains nues. Il faudrait aussi préparer un vade-mecum (texte, vidéo) et les textes liturgiques sur l’administration de l’Eucharistie. Du côté des fidèles, il faudrait préparer ceux qui viendraient recevoir le Corps du Christ pour l’emmener chez eux. En France, en Espagne, en Italie, nombre de châteaux, même aujourd’hui, disposent d’une chapelle privée ! Sans construire une chapelle chez soi, ceux qui recevraient l’Eucharistie à domicile pourraient aménager un endroit digne, priant et beau. De même que nous accueillons symboliquement l’humanité du Christ dans nos crèches, nous pourrions l’accueillir réellement dans nos foyers.

On s’approcherait ainsi de l’idée de « l’Eglise en sortie », « près des gens et moins cléricale ». Pourquoi seuls les clercs ont-ils actuellement la possibilité réelle d’accès au Corps du Christ, les laïcs restant récepteurs des initiatives virtuelles proposée par le clergé ? Le Christ ne peut pas rester dans la sacristie, son Corps dans le tabernacle, alors que les fidèles ne peuvent y accéder… Il en va de même lorsque certaines églises-musées sont davantage fréquentées par des touristes que par des priants. Qui doit sortir prêcher dans les chemins de Galilée ? Dans la phrase « l’Eglise en sortie » le sujet de l’action c’est le Christ et les chrétiens qui sont attachés à Lui. Chrétiens, nous sommes des christophores, des porteurs du Christ en raison de notre baptême, et pour les ministres ordonnés, en raison aussi d’une mission pour le don de son amour miséricordieux. C’est pour cela que les prêtres sont marqués du sceau du Christ, configurés à Lui. Le grand défi est celui d’être ouverts pour laisser passer en nous le Christ, qui va déjà au-devant de nous dans la force de l’Esprit.

En conclusion, il me semble que nous ne pouvons rater quelque chose de très important dans cette épreuve. Nous ne devons pas passer à côté d’une opportunité de renouvellement intérieur, dans le cœur de l’Eglise, dans la ligature, la jointure de ses membres. Il y a là quelque chose de vital, d’essentiel, qui touche les racines mêmes de l’ontologie ecclésiale. L’Eglise, Corps Mystique, vit du Corps vrai. Elle ne vit que de lui, par l’action de l’Esprit. Aucune initiative virtuelle, aucun exercice de piété – même avec des indulgences – ne peut remplacer cet aliment spirituel, le Panis vivus dont des centaines de milliers de laïcs seront privés pour ces fêtes de Pâques. Quelles seraient les répercussions de cette privation de l’Eucharistie dans le Corps Mystique ? Le dépérissement, la mort. Sans le Corps qui donne la vie, l’Eglise se meurt. « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie », dit le Seigneur (Jn 14, 6). Prenez et mangez.

 

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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 10:27

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

 

Date :  Jeudi 16 Avril : Jeudi d l’Octave de Pâques

 

Textes du jour : Actes des Apôtres 3,11-26 ; Psaume 8 ; Luc 24,35-48

 

 

Chers paroissiennes, chers paroissiens

 

Ce n’est pas vraiment un commentaire de la Parole du Jour que je vous propose aujourd’hui, mais une réflexion que j’ai envie de partager avec vous, à distance !

Je voudrais revenir sur le texte d’évangile d’hier : la rencontre avec les disciples d’Emmaüs.  Pour ne pas créer de confusions, et en rester au texte, je n’ai pas voulu, hier, encore, vous faire part de cette réflexion, qu’évidemment cette période exceptionnelle du confinement que nous vivons, éveille en moi , au jour le jour, aussi, au regard de la fête de Pâques que nous avons, les uns et les autres, tant bien que mal, célébré.

Ce texte de Luc est comme « la structure originelle » de nos célébrations eucharistiques. C’est aussi pour cela, qu’hier, je vous ai transmis un texte de saint Justin du IIe siècle, sur l’institution de l’eucharistie. Mais nous pourrions aussi lire le récit de la Didaché (Fin du 1er siècle) sur la première liturgie…

Jésus marche avec les disciples d’Emmaüs. Ils ne le reconnaissent pas. Attitude relatée dans la plupart des récits d’apparitions du Ressuscité,  L’homme, à lui seul ne peut reconnaître le Christ ressuscité, il faut que ce dernier « se manifeste », « se donne à voir », à toucher… Mais Jésus est là, il écoute le récit des disciples.

Ensuite, une fois exposé le récit des événements qui se sont passés… Jésus prend la parole. Il enseigne aux deux disciples la Parole le concernant. Cela suscite deux choses… un rappel (une mémoire) des enseignements qu’ils avaient au préalable entendus. Cette parole de Jésus, qui est « Parole » de Dieu, « nourrit » aussi les disciples… C’est le Ressuscité qui parle, elle commence à susciter un appel dans le cœur des deux disciples. On pourrait en rester là.

Jésus s’en va donc… mais il est retenu, il ne s’impose pas, mais il est invité par les deux disciples, « chez eux ». C’est une demande que Jésus reçoit : « reste avec nous ». Visiblement la « liturgie de la Parole » de Jésus porte ses fruits.

Alors Jésus prend le pain et le partage… C’est alors que les yeux des deux disciples s’ouvrirent… et ils le reconnurent ! C’est une autre manifestation de Jésus ressuscité, complémentaire, encore une fois pas imposée, mais proposée par Jésus, et reçue par les deux disciple : C’est à la fraction du pain et au partage de celui-ci, que le cœur des disciples s’ouvrent enfin vraiment et totalement.  C’est une nourriture (Liturgie de l’Eucharistie). Jésus disparaît… mais il est bien là, C’est sa présence de Ressuscité qui est maintenant ancrée dans le cœur des deux disciples, alors ils se mettent en route vers les Apôtres… Ces derniers vont vivre une rencontre quasi identique à celle des disciples d’Emmaüs (c’est le texte de ce jour)

 

Depuis les règles de confinement, cher(e)s baptisé(e)s, vous êtes « privé(e)s » de la nourriture du corps du Christ contenue dans l’hostie consacrée . C’est un jeûne eucharistique qui nous est donné de vivre. Il est peut être une chance ? Il nous permet peut-être de faire naître un « manque », du fait que nous ne communions pas ?  Dès le début du confinement, le pape François nous a communiqué la prière de la « communion spirituelle ». La célébration de l’eucharistie, n’entraine pas forcement de recevoir la communion. Nous sommes membres du corps du Christ, même si nous ne communions pas.  Une prochaine fois, je reviendrai d’ailleurs sur la « communion spirituelle » avec toutes ses richesses spirituelles qu’elle peut procurer.  

Le concile Vatican II, dans sa réforme de la Liturgie, nous rappelle que c’est tout le peuple des baptisés qui célèbre le Christ ressuscité.  Aujourd’hui, le père Modeste et moi même, célébrons l’eucharistie quotidienne en privé…  Nous portons le monde et chacun d’entre-vous dans nos prières. Nous communions seuls. Vous participez à la messe dominicale en regardant la télévision. Vous ne recevez pas le corps du Christ. La communion deviendrait-elle réservée qu’aux prêtres ? C’est me semble-t-il, une fragilité de toutes ces messes célébrées avec un écran qui sépare les participants… Si cela demeure exceptionnel, pourquoi pas ?... mais… il ne faudrait pas qu’une liturgie de confort s’installe : « je me contente de « regarder » la messe télévisée »

.

J’en viens à ma proposition : pourquoi ne pas mieux encore laisser Jésus entrer dans  nos foyers ? … Relisons bien le texte de l’Evangile. Il ne s’impose pas, mais il est invité par les deux disciples. Et pourquoi ne l’inviterions nous pas concrètement chez nous, alors que c’est un besoin réel pour nous?

 -> Aussi, voudrais-je vous proposer que vous puissiez venir « chercher le corps du Christ » (si vous le voulez) pour pouvoir communier au cours de la messe que vous regardez à la télévision le dimanche. Je voudrais proposer à un membre de votre famille, d’être responsable de la distribution de cette communion, avec des règles strictes de respect de la foi en la présence réelle du Christ dans l’hostie consacrée, et en respectant aussi entre vous et moi, et entre-vous, les règles d’hygiène sanitaire que le covid19 nous imposent.

 

Avant de vous énoncer quelques règles de procédures et de méthodes pour dimanche qui vient, je vous repose en toute conscience et sincérité cette question : quel est mon rapport à l’eucharistie, à la communion au corps du Christ ? Suis je capable de dire « mon Seigneur et mon Dieu » quand je communie au corps du Christ ? Pourquoi aurais-je besoin de recevoir aujourd’hui le corps du Christ ? Suis-je conscient de la mission « extraordinaire » qui m’est confiée en venant recevoir le corps du Christ et le transmettre aux membres de ma famille ( baptisés, en âge de communier). Car en effet, je vous enverrai porter la communion.

C’est tout un chemin de discernement spirituel qui nous est ainsi demandé et que je vous demande. Il dépasse, soit dit en passant, le temps exceptionnel d’un confinement sanitaire : quel est effectivement mon rapport à l’eucharistie dominicale… ?

 

Quand nous célébrons l’eucharistie du dimanche, certains d’entre-nous portons ensuite la communion à des personnes isolées ou malades. Nous sommes envoyés par le célébrant.   Eh bien c’est un peu cette démarche élargie que je souhaite mettre en place à partir de ce deuxième dimanche de Pâques, riche de sens, car Dimanche de la Miséricorde Divine, et ce temps que durera le confinement strict et nécessaire.

Pardon par avance si cette démarche laissent certains perplexes. C’est en tous les cas, en conscience, et comme ministre de l’eucharistie, que je la pose. Permettez-moi de vous joindre un article d’un théologien dominicain de Rome , Frère Jean-Ariel Bauza-Salinas, qui a attiré toute mon attention et m’a aidé à cheminer.

 

                                                                                               Votre curé, Père Frédéric Benoist

 

 

Quelques règles de méthodes

 

- Je reconnais la présence réelle du Christ dans l’hostie consacrée :

              -> Cette hostie (ou ces hosties, si c’est pour les membres de ma famille) sera donnée par le prêtre, en se servant de la réserve eucharistique de notre église, au maximum 1 heure avant la messe télévisée de 11h. Je ne vais pas faire mes courses ou autres activités avec une hostie consacrée en ma possession.

              -> Je m’engage de ce fait à « participer » à l’eucharistie du dimanche à la télévision. (messe télévisée)

              -> Je célèbre cette messe télévisée dans son intégralité, en ayant aucune autre activité pendant sa diffusion

              -> L’hostie consacrée est consommée dans son intégralité et n’est pas conservée au-delà de la célébration de l’eucharistie retransmise à la télévision.

              -> L’hostie consacrée qui m’est confiée est emportée dans un custode ou une petite boite métallique et non dans un tissu ou un mouchoir. (se munir de cette custode)

              -> C’est au moment de la communion que je consomme cette hostie.

 

- Je reçois mission de porter la communion :

-> éventuellement, je peux demander à vivre le sacrement de la réconciliation avant qu’il me soit confié une telle mission.

-> Je prendrai le temps de me laisser instruire par le prêtre de la mission à suivre . Je l’informe des personnes à qui je donne la communion.

 

Une telle proposition concerne uniquement la messe dominicale et s’appliquera uniquement durant le temps du confinement.

 

 

Commentaire de l’évangile du Jour

En ce jeudi de l'octave de Pâques, Jésus ressuscité se manifeste à ses disciples : c'est le retour d'Emmaüs (Lc 24, 35-48).
 La salutation que le Ressuscité  adresse à ses apôtres, "la paix soit avec vous", s’adresse à chacune et chacun d’entre nous.  C’est peut être une salutation que nous pouvons dire dans notre coeur lors de chaque rencontre que nous vivons en cette journée... Cela peut pacifier nos tensions avec certaines personnes et façonner notre coeur et notre esprit pour que nous soyons des artisans de paix pour notre monde. Ce temps du confinement est là pour nous aider à y réfléchir. À propos du témoignage et de la proposition de la foi, si la dernière phrase de l'Évangile de ce jour est d'abord adressée aux Apôtres et à leurs compagnons, aujourd'hui, c'est à nous que Jésus s'adresse. S'ils n'avaient pas témoigné, l'Église n'en serait pas là. Le Christ compte aussi sur notre témoignage :  On ne nous demande pas de réciter un catéchisme. Nous ne pouvons qu'inviter à rencontrer Jésus et à permettre à chacun une telle rencontre.  On peut toujours nous  reprocher   un décalage entre nos paroles et nos actes, mais si nous attendons qu'ils coïncident parfaitement, nous risquons d'attendre et on nous en fera à nouveau le reproche. IL est temps de vouloir oser le témoignage l’Evangile… Il peut aider à la sortie du confinement de notre société avec tous les changements nécessaires que nous entrevoyons comme nécessaires.

Voici quelques questions par rapport à  l'évangile de ce jeudi :


Quelle est la Bonne nouvelle de l’Evangile pour moi aujourd’hui ? Et cette Bonne nouvelle, avec qui vais-je la partager ? A qui ai-je envie de la transmettre ? Quel temps j’arrive à prendre pour lire "la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes" , comme m’y invite Jésus ? ?
- Qui m'aide à m'ouvrir à l'intelligence des Ecritures?
- Comment suis-je un témoin vivant de Jésus Ressuscité à travers mes paroles et mes actes de chaque jour ?

Pour les couples et les (grands-) parents :
- Quand reconnaissons-nous le Christ ressuscité présent dans notre vie de couple? Dans notre famille ? quelle transmission, aujourd’hui, de l’évangile vais je vivre avec mes enfants ? Et si nous prions ensemble ?

Pour ceux qui travaillent (professionnellement ou à la maison) :
- Avec qui puis-je évoquer et parler des joies et  des difficultés de mon travail? Suis-je bien attentif à ce que mon travail n’envahisse pas complètement mon foyer, en ces temps ?...

 

Hymne du soir de Pâques

 

 

Que cherchez-vous au soir tombant

Avec des cœurs aussi brûlants ?

Où courez-vous en abaissant

Vos têtes ?

Tout simplement le jour promis

À ceux qui auront accueilli

Cette lumière que Dieu dit

Luire aux ténèbres.

 

N’étiez-vous donc pas prévenus ?

Ce nouveau jour qui apparut

Lors de la Pâque de Jésus,

Il monte ;

Où irions-nous si ce n’est là ?

Quand notre lumière décroît,

Nous savons bien qu’il est déjà

Le jour du monde.

 

Et vous aussi, venez le voir,

Mais hâtez-vous, car il est tard !

Chacun de nous aura sa part

De grâce ;

Chacun de vous, s’il prend l’esprit,

Et l’esprit vous mène à sa nuit,

Verra surgir ce jour promis :

C’est Dieu qui passe.

 

Voici pourquoi nous accourons

À sa nouvelle création :

Dieu fait toujours ce qui est bon

Pour l’homme.

Il le découvre peu à peu,

Doucement il ouvre nos yeux,

Car rien n’est impossible à Dieu,

Puisqu’il se donne.

 

 

 

 

 

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15 avril 2020 3 15 /04 /avril /2020 11:29

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

 

Date : Mercredi 15 Avril ; Mercredi de l’Octave de Pâques

 

Textes du jour : Actes des Apôtre 3,1-10 ; Psaume 104 ; Luc 24,13-35

 

Commentaire :

Les deux disciples discutent entre eux, Jésus marche à leur coté et il les écoute. Il est là, au cœur de cette situation dramatique dans laquelle les deux hommes sont encore enfermés. Quelles sont leurs attentes et leurs espoirs déçus…Ils ne voient pas dans les Ecritures une aide, ils ne savent pas les interpréter sinon dans une logique purement humaine, et j’oserais dire à court terme : Jésus aurait dû être le libérateur national de l’occupant romain.

Ils marchent toujours… mais ils n’ont plus rien à se dire, ni même à raconter à cet « étranger » qui marche avec eux. Alors Jésus prend enfin la parole, il leur explique les Ecritures, ce qu’elles disent à son sujet… Les deux disciples se laissent rejoindre, mais ils ne savent pas, la Parole de Jésus les nourrit intérieurement. 

Le soir tombe. Ils l’invitent à partager leur repas. Jésus accepte, il rentre chez eux. Un morceau de pain lui suffit. Et lorsqu’il le rompt, c’est là qu’ils le reconnaissent, et c’est alors qu’il disparaît.

Jésus serait donc vivant ? Les deux disciples passent du désespoir à l’espoir. Jésus a accepté de rester avec eux, il est rentré chez eux,  Ils ont communié avec lui, et leurs yeux se sont ouverts. Alors ils retournent à Jérusalem. Ils annoncent ce qu’ils ont vu. Mais c’est l’acte de foi qui est le plus important. Il ne se voit pas, lui : « notre cœur n’était-il pas brûlant alors qu’il nous parlait en chemin ?

Nous avons quelque chose en commun avec ces deux disciples. Nous pouvons être envahis par le  découragement.  En cette période du confinement peut être nous sentons-nous  seuls, fatigués, découragés, déprimés ?   Personne n’est à l’abri de tels moments, moments de déception, moments de découragement dans une journée. Alors, dans de tels moments, nous voulons sentir la présence de Jésus.

Nous avons à nous attacher aux Ecritures. C’est là que Jésus nous rejoint aujourd’hui. J’espère que le bulletin que vous recevez chaque jour, vous aide : gouter et méditer la Parole de Dieu. Faisons-le, Christ ressuscité se rend présent  quotidiennement dans les Ecritures.

 Jésus mange aussi avec eux. IL partage le pain. Ce partage du repas, ensemble, nous en sommes privés, dans ce temps du confinement. Nous pouvons alors nous demander en quoi « cette privation » de la communion suscite un manque, un vide ? De quelle « nature » ?... J’espère qu’alors, nous saurons, au moment venu, combler ce vide et mieux prendre conscience de cette présence réelle du Christ dans l’eucharistie, vitale à notre vie spirituelle et à notre foi.

                                                                                                           Père Frédéric Benoist

 

Paroles du pape François :

C’est une rencontre rapide que celle de Jésus avec les deux disciples d’Emmaüs. Mais elle renferme tout le destin de l’Eglise. Elle nous raconte que la communauté chrétienne n’a pas été enfermée dans une citadelle fortifiée, mais qu’elle marche sur son élément le plus vital, c’est-à-dire la route. Et là, elle rencontre les personnes, avec leurs espérances et leurs déceptions, parfois lourdes. L’Eglise écoute les histoires de tous, telles qu’elles ressortent de l’écrin de la conscience personnelle: pour ensuite offrir la Parole de vie, le témoignage de l’amour de Dieu, amour fidèle jusqu’au bout. Et alors, le cœur des personnes recommence à brûler d’espérance.

Nous tous, dans notre vie, avons eu des moments difficiles, sombres; des moments au cours desquels nous marchions tristes, pensifs, sans horizons, avec uniquement un mur devant nous. Et Jésus est toujours à nos côtés pour nous donner l’espérance, pour réchauffer notre cœur et dire: «Va de l’avant. Je suis avec toi. Va de l’avant». Le secret de la route qui conduit à Emmaüs est entièrement là: même si les apparences semblent contraires, nous continuons à être aimés, et Dieu ne cessera jamais de nous aimer. Dieu marchera toujours avec nous, toujours, même dans les moments les plus douloureux, dans les moments les plus sombres, même dans les moments d’échec: le Seigneur est là. Et c’est notre espérance. Allons de l’avant avec cette espérance! Parce qu’il est à nos côtés et marche avec nous, toujours! (Audience du 24 Mai 2017)

Lecture Patristique : Saint Justin (2e siècle ap. Jc)

Apologie première : La célébration de l’eucharistie

Personne ne doit prendre part à l’Eucharistie, sinon celui qui croit à la vérité de notre doctrine, qui a été baptisé pour obtenir le pardon des péchés et la nouvelle naissance, et qui vit selon l’enseignement que le Christ nous a transmis. Car nous ne prenons pas l’Eucharistie comme un pain ordinaire ou une boisson ordinaire. De même que Jésus Christ notre Sauveur, en s’incarnant par la Parole de Dieu, a pris chair et sang pour notre salut : ainsi l’aliment devenu eucharistie par la prière contenant sa parole, et qui nourrit notre sang et notre chair en les transformant, cet aliment est la chair et le sang de ce Jésus qui s’est incarné. Voilà ce qui nous est enseigné.

En effet, les Apôtres, dans leurs mémoires qu’on appelle évangiles, nous ont ainsi transmis l’ordre de Jésus : Il prit du pain, il rendit grâce et il dit : Faites cela en mémoire de moi. Ceci est mon corps. Il prit la coupe de la même façon, il rendit grâce et il dit : Ceci est mon sang. Et c’est à eux seuls qu’il le distribua. ~ Depuis ce temps, nous n’avons jamais cessé d’en renouveler la mémoire entre nous.

Parmi nous, ceux qui ont de quoi vivre viennent en aide à tous ceux qui sont dans le besoin, et nous sommes toujours unis entre nous. Dans toutes nos offrandes, nous bénissons le créateur de l’univers par son Fils Jésus Christ et par l’Esprit Saint. Le jour appelé jour du soleil, tous, qu’ils habitent la ville ou la campagne, ont leur réunion dans un même lieu et on lit les mémoires des Apôtres et les écrits des prophètes aussi longtemps qu’il est possible. Quand le lecteur a fini, celui qui préside fait un discours pour nous avertir et pour nous exhorter à mettre en pratique ces beaux enseignements.

Ensuite nous nous levons tous et nous faisons ensemble des prières. Puis, lorsque nous avons fini de prier, ainsi que je l’ai déjà dit, on apporte le pain avec le vin et l’eau. Celui qui préside fait monter au ciel des prières et des actions de grâce, autant qu’il en est capable, et le peuple acclame en disant Amen. Puis on distribue et on partage à chacun les dons sur lesquels a été prononcée l’action de grâce ; ces dons sont envoyés aux absents par le ministère des diacres.

Les fidèles, qui sont dans l’aisance et qui veulent donner, donnent librement, chacun ce qu’il veut ; ce qu’on recueille est remis à celui qui préside et c’est lui qui vient en aide aux orphelins et aux veuves, à ceux qui sont dans le besoin par suite de maladie ou pour toute autre cause, aux prisonniers, aux voyageurs, aux étrangers ; bref, il vient en aide à tous les malheureux.

C’est le jour du soleil que nous faisons tous notre réunion, d’abord parce que c’est le premier jour, celui où Dieu, à partir des ténèbres et de la matière, créa le monde ; et c’est parce que ce jour-là est encore celui où Jésus Christ, notre Sauveur, ressuscita d’entre les morts. La veille du jour de Saturne (du samedi), on l’avait crucifié, et le surlendemain, c’est-à-dire le jour du soleil, s’étant montré à ses Apôtres et à ses disciples, il leur enseigna ce que nous avons exposé.

Intention de prière :

Pour Janine Constant, dont les funérailles chrétiennes sont célébrées ce mercredi 15 Avril

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 11:25

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

Date :  Mardi 14 Avril : Mardi de l’octave de Pâques

 

Textes du jour : Actes des Apôtres 2,36-41 ; Psaume 32 ; Jean 20,11-18

 

« On a enlevé mon Seigneur ». Les paroles de Marie Madeleine révèlent un profond désarroi , en venant au tombeau, elle venait rendre hommage à  son Maître défunt.  De profonds liens de foi et d’amour l’avaient attachée au Christ. Elle pleure parce qu’il est demeuré vivant dans son cœur.  C’est une attitude tout à fait humaine et « naturelle » que nous mêmes vivons en  célébrant un rite de funérailles ou en nous rendant devant la tombe d’un proche. Par amour, Marie Madeleine va oindre le corps de Jésus. Rien ne la retiendra, pas même un énorme rocher, ni des gardes, ni des étrangers qui ont pu l’emporter. Car on n’a pas seulement emporté son corps, « on a enlevé mon Seigneur ».  A la suite de Marie Madeleine je peux me poser ces questions : est-ce que Jésus est « mon » Seigneur ? Ai-je construit une relation personnelle au point de le chercher dans tout ce que je fais, dans tout ce que je vois et au point que toute offense envers lui me blesse ?

« Qui cherches-tu ? »  Nous voyons que Jésus n’abandonne pas ceux qui le cherchent. « Cherchez et vous trouverez » a-t-il dit à ses disciples (Mt 7,7). Tant de personnes passent leur temps à chercher des choses qui les asservissent, celles qui les laissent vides et le coeur brisé. Marie, elle, recherche son amour véritable et son bonheur. Elle a déjà ressenti la solitude auparavant, mais jamais si profondément. Jésus lui parle d’abord par l’intermédiaire des anges : « Pourquoi pleurez-vous ? » Puis il répète lui-même : « Pourquoi pleurez-vous ? » Comme pour dire « Rappelez-vous qui vous cherchez. N’est-ce pas lui qui vous a cherché le premier et vous a trouvé ? » Marie ne répond pas, elle insiste « Si c’est vous qui l’avez enlevé, j’irai le reprendre ». Il prononce son nom, comme il l’a souvent fait autrefois : « Marie ! » et Jésus la retrouve. Est-ce que je sais qui je cherche dans la prière ?

3. « J’ai vu le Seigneur, et voilà ce qu’il m’a dit. » Marie Madeleine n’a pas gardé jalousement pour elle cette rencontre avec le Christ. Elle s’est empressée de la partager. Partager notre foi est la façon la plus sûre de la préserver et de la faire grandir.  Ce temps du confinement nous invite à intérioriser notre propre relation au Christ, mais nous savons aussi que si nous voulons vraiment augmenter notre amour pour Jésus, il faut témoigner de cet amour: parler du Christ autour de nous,  parler du Christ au sein de notre famille, ne pas avoir peur de parler du Christ même à un étranger. Trouvons des moyens de faire connaître le Christ aux autres à travers nos gestes de tous les jours, notre comportement, nos conversations. Ma prière produit-elle le désir et l’action d’amener les autres au Christ ? Comment je me prépare déjà mon cœur au désir de vouloir refaire communauté après le confinement ?

Dialogue avec le Christ Seigneur Jésus, je veux t’entendre m’appeler par mon nom ! Je veux t’aimer de manière active et concrète. Je veux t’aimer au point de communiquer ta vie dans tout ce que je fais et tout ce que je dis. Que mon amour conduise d’autres vers toi. Seigneur, aide-moi à avancer dans la vie en cherchant à chaque instant à partager ton amour avec d’autres.

                                                                                                                       Père Frédéric Benoist

Parole du pape François :

Comme il est beau de penser que la première apparition du Ressuscité — selon les Evangiles — a eu lieu d’une manière aussi personnelle! Il y a quelqu’un qui nous connaît, qui voit notre souffrance et notre déception, et qui s’émeut pour nous et nous appelle par notre nom. C’est une loi que nous trouvons gravée dans beaucoup de pages de l’Evangile. Autour de Jésus se trouvent de nombreuses personnes qui cherchent Dieu; mais la réalité la plus prodigieuse est que, bien avant, c’est tout d’abord Dieu qui se préoccupe pour notre vie, qui veut la relever, et pour ce faire, il nous appelle par notre nom, en reconnaissant le visage personnel de chacun. Chaque homme est une histoire d’amour que Dieu écrit sur cette terre. Chacun de nous est une histoire d’amour de Dieu. Dieu appelle chacun de nous par son propre nom: il nous connaît par notre nom, il nous regarde, il nous attend, il nous pardonne, il a de la patience avec nous. Est-ce vrai ou n’est-ce pas vrai? Chacun de nous fait cette expérience.

Et Jésus l’appelle: «Marie!»: la révolution de sa vie, la révolution destinée à transformer l’existence de chaque homme et femme, commence par un nom qui retentit dans le jardin du sépulcre vide. Les Evangiles nous décrivent le bonheur de Marie: la résurrection de Jésus n’est pas une joie donnée au compte-goutte, mais une cascade qui renverse toute la vie. L’existence chrétienne n’est pas tissée de doux bonheurs, mais de vagues qui emportent tout. Essayez de penser vous aussi, en cet instant, avec le bagage de déceptions, et d’échecs que chacun de nous porte dans son cœur, qu’il y a un Dieu proche de nous qui nous appelle par notre nom et nous dit: «Relève-toi, arrête de pleurer, car je suis venu te libérer!». Cela est beau. (catéchèse, audience générale du 17 Mai 2017)

 

Le mystère de la résurrection Homélie de saint Jean Chrysostome (+ 407) (extraits)

 

 

Comment vous expliquerai-je les choses cachées? Comment proclamerai-je ce qui surpasse tout langage et toute intelligence? Comment ferai-je connaître le mystère de la résurrection du Seigneur? Sa croix aussi est un mystère, et sa mort pendant trois jours, et tout ce qui est arrivé à notre Sauveur est mystère. De même, en effet, qu'il est né du sein inviolé de la Vierge, de même il est ressuscité du tombeau fermé. De même que le Fils unique de Dieu est devenu premier-né en naissant d'une mère, de même il est devenu le premier-né d'entre les morts par sa résurrection. De même, assurément, que sa naissance n'a pas fait perdre à la Vierge mère sa virginité, de même sa résurrection n'a pas brisé les sceaux du sépulcre. Je ne puis donc pas définir par des mots sa naissance ni comprendre sa sortie du sépulcre. <>

 

Venez voir l'endroit où reposait le Seigneur (Mt 28,6). <> Venez voir l'endroit où fut rédigé l'acte garantissant votre résurrection. Venez voir l'endroit où la mort fut ensevelie. Venez voir l'endroit où un corps, grain non semé par l'homme, a produit une multitude d'épis d'immortalité. <> Allez annoncer à mes disciples <>, allez annoncer à mes frères qu'ils doivent se rendre en Galilée: c'est là qu'ils me verront (Mt 28,10). Annoncez à mes disciples les mystères que vous avez contemplés." <>

 

Voilà ce que le Seigneur a dit aux femmes. Et maintenant encore, au bord de la piscine baptismale, il se tient invisible auprès des croyants, il embrasse les nouveaux baptisés comme des amis et des frères <>, il remplit leurs coeurs et leurs âmes d'allégresse et de joie. Il lave leurs souillures dans les fontaines de sa grâce. Il oint du parfum de l'Esprit ceux qui ont été régénérés. Le Seigneur devient celui qui les nourrit et il devient leur nourriture. Il procure à ses serviteurs leur part de nourriture spirituelle. Il dit à tous les fidèles: "Prenez, mangez le pain du ciel, recevez la source qui jaillit de mon côté, celle où l'on puise toujours sans que jamais elle se tarisse. Vous qui avez faim, rassasiez-vous; vous qui avez soif, enivrez-vous d'un vin sobre et salutaire." <>

 

O Christ, notre Dieu, toi seul es vraiment le seul Seigneur, plein de bonté et d'amour pour les hommes. Avec ton Père exempt de toute souillure et avec l'Esprit vivifiant, à toi reviennent la gloire et la puissance, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.

 

Amen.

Ci joint une chanson de Grand Corps Malade : https://youtu.be/4UX6Wsr8GMU

Mardi soir sur France 2 : la cathédrale de Paris un an après…

 

Intentions de prière :

 Pour le père Michel Picard, sorti du coma depuis Samedi soir.

 

 

 

 

Et maintenant…

Grand Corps Malade 9 avril 2020

 

Entre les masque et les gants, entre peur et colère
Voyant les dirigeants flipper dans leur confuse gestion
En ces temps confinés, on se pose des questions

Et maintenant…

Et si ce virus avait beaucoup d’autres vertus
Que celle de s’attaquer à nos poumons vulnérables
S’il essayait aussi de nous rendre la vue
Sur nos modes de vie devenus préjudiciables
Si on doit sauver nos vies en restant bien chez soi
On laisse enfin la terre récupérer ce qu’on lui a pris
La nature fait sa loi en reprenant ses droits
Se vengeant de notre arrogance et de notre mépris
Et est-ce un hasard si ce virus immonde
N’attaque pas les plus jeunes, n’atteint pas les enfants
Il s’en prend aux adultes responsables de ce monde
Il condamne nos dérives et épargne les innocents
Ce monde des adultes est devenu si fébrile
L’ordre établi a explosé en éclats
Les terriens se rappellent qu’ils sont humains et fragiles
Et se sentent peut-être l’heure de remettre tout à plat


Et si ce virus avait beaucoup d’autres pouvoirs
Que celui de s’attaquer à notre respiration
S’il essayait aussi de nous rendre la mémoire
Sur les valeurs oubliées derrière nos ambitions
On se découvre soudain semblables, solidaire
Tous dans le même bateau pour affronter le virus
C’était un peu moins le cas pour combattre la misère
On était moins unis pour accueillir l’Aquarius.


Et si ce virus avait le don énorme de rappeler ce qui nous est vraiment essentiel
Les voyages, les sorties, l’argent ne sont plus la norme
Et de nos fenêtres on réapprend à regarder le ciel
On a du temps pour la famille, on ralenti le travail
Et même avec l'extérieur on renforce les liens
On réinvente nos rituels, pleins d’idées, de trouvailles
Et chaque jour on prend des nouvelles de nos anciens
Et si ce virus nous montrait qui sont les vrais héros
Ceux qui trimaient déjà dans nos pensées lointaines
Ce n’est que maintenant qu’ils font la une des journaux

 

Pendant que le CAC 40 est en quarantaine
Bien avant le Corona l'hôpital suffoquait
Il toussait la misère et la saturation
Nos dirigeants découvrent qu’il y a lieu d'être inquiets
Maintenant qu’il y a la queue en réanimation
On reconnaît tout à coup ceux qui nous aident à vivre
Quand l’état asphyxie tous nos services publics
Ceux qui nettoient les rues, qui transportent et qui livrent
On redécouvre les transparents de la république

Et maintenant…

Alors quand ce virus partira comme il est venu
Que restera-t-il de tous ses effets secondaires
Qu’est-ce qu’on aura gagné avec tout ce qu’on a perdu
Est-ce que nos morts auront eu un destin salutaire

Et maintenant…
Et maintenant…
Et maintenant…

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 11:15

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 11:28

Notre Communauté au quotidien

avec Notre-Dame de la Consolation

 

« Courage et confiance »

 

Date :  Lundi 13 Avril : Lundi de l’octave de Pâques

 

 

 

Lectures du jour : Actes des Apôtres 2,14. 22-33 ; Psaume 15, Matthieu 28,8-15

 

 

Commentaire

 

 Nous revenons à la suite du récit de l ‘évangile de la vigile Pascale en saint Matthieu . A la lumière de la Résurrection, contemplons les  femmes au tombeau. Ressentons leur détresse en voyant le tombeau ouvert et vide. Eprouvons leur crainte soudaine quand elles réalisent que le corps de Jésus a disparu. Puis, laissons la joie nous envahir face à la réalité de la résurrection du Seigneur. C’est vrai ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !  Jésus apparaît aux femmes en chemin, approchons-nous de lui et prosternons-nous, comme ces femmes.  Adorons-le, embrassons les pieds du Seigneur. Il est notre force, notre lumière, et notre amour. Il est notre Seigneur.

 Des Contemplatifs aux Missionnaires :  Jésus n’en reste pas là avec les femmes , il les envoie en mission, aller annoncer aux disciples la nouvelle.  Notre contemplation,  de ce jour de Pâques, doit nous emmener à devenir des missionnaires. C’est la leçon que Jésus-Christ donne à ces femmes privilégiées : « allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » Jésus les appelle à être des témoins au monde, en commençant par les apôtres. Ces femmes sont devenues les « premiers apôtres » irremplaçables de l’évangile. Pourquoi ? Non pas en raison de leur position sociale ou de leurs  éventuels talents intellectuels., C’est plutôt en raison de leur foi et de l’amour avec lesquels elles vivent et accomplissent la mission confiée. Elles ont été fidèles au Seigneur aux heures sombres et elles se hâtent pour annoncer la bonne nouvelle de la Résurrection aux apôtres et au monde.

3L’obéissance dans la foi nous permet de voir. Jésus-Christ demande aux apôtres d’obéir à son commandement : « ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. » Le Christ exige de nous l’obéissance afin que nous puissions le voir dans la foi et faire l’expérience de sa résurrection. Sans obéissance, nous ne pourrions pas le reconnaître.  L’obéissance au Christ mène à la foi qui mène à la vie. "Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire en lui ne verra pas 
la vie. "(Jean 3,36).

En ce lundi de l’octave de Pâques demandons : Seigneur Jésus, je te remercie de ce moment passé avec toi dans la prière et la contemplation de ta résurrection. Aide-moi à toujours grandir et mûrir dans la foi. Sans elle je suis perdu. Sans elle, je ne puis te voir, et si je ne peux pas te voir, comment pourrais-je te suivre ? Je place ma confiance en toi et en ta promesse de vie éternelle.

Père  Frédéric Benoist

 

Paroles du pape François

La joie de Pâques ne doit pas nous faire oublier le contexte particulier dans lequel nous sommes, nous le savons trop bien, ne serait-ce que par ces offices de la Semaine sainte célébrés ou priés dans le cadre du confinement. Aussi voici cette prière du pape François qu’il a prononcé, lors du chemin de croix, vendredi dernier ,pour toutes les victimes du Covid 19.

 

« Dieu éternel et tout-puissant,

refuge de ceux qui souffrent,


regarde avec compassion la détresse de tes enfants

atteints par cette pandémie,


soulage la douleur des malades,


donne la force à ceux qui les soignent,


accueille dans ta paix ceux qui sont mort,


et, en ce temps d’épreuve,


accorde à tous le réconfort de ta miséricorde.


Par le Christ, notre Seigneur.
Amen. »

 

Qu’est-ce que l’octave de Pâques ?

 

L´Octave de Pâques est constitué par les huit jours qui suivent le dimanche de Pâques. La pratique de l´Octave religieuse se retrouve déjà dans l´Ancien Testament avec la fête des Tabernacles (Lv 23-26). C´est Constantin qui l’a introduit dans la liturgie catholique.

Durant l´Octave, on célèbre tous les jours la messe, avec les prières du jour de Pâques ; la Préface, notamment, et des passages de la Prière eucharistique. Une semaine où reviennent les mêmes prières, les mêmes chants. Un temps pour échapper à la roue affolée des heures qui nous asservit tous. Redire et acclamer, encore et encore, pour raviver l´événement du dimanche de Pâques. Rappeler que la Résurrection se prolonge par-delà la fête pascale.

 

Dans notre liturgie de la Parole, toute cette semaine nous allons parcourir les différents récits d’apparition de Jésus ressuscité à travers les quatre évangiles.

Jusqu'à la Pentecôte, en première lecture, nous relisons le livre des Actes des Apôtres, le récit des commencements de l’Eglise.

 

 

Que souffle aujourd’hui l’Esprit de liberté et de joie ! l’Esprit du Ressuscité !

Rendons au Christ la primauté de la joie :
C’et sa joie à lui de révéler le Père ; 
C’est sa joie à lui d’être le Prince et le principe de la Vie.
C’est sa joie d’être entré à coeur ouvert dans le jeu de nos existences, et d’avoir affronté toutes nos morts pour nous en délivrer ;
C’est sa joie d’être le gage et l’artisan de toute résurrection ; 
c’est sa joie vive de savoir parler le langage de l’homme, et de pouvoir faire tressaillir pour chacun la lettre des Ecritures et le coeur des créatures ;

C’est sa joie secrète de demeurer parmi nous par son Esprit, et d’être pour les siens le pain d’aujourd’hui ;
C’est sa joie d’être ce Corps démultiplié à l’infini de l’espace et du temps où la communion avec tous peut se recevoir comme la vocation de chacun...
Cette joie qui est sienne, elle nous est toute entière communiquée. Il ne retient rien pour lui. et cette joie nul ne pourra nous la ravir.

Frère Christian de Chergé – Pâques 1995}

 

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 11:24

Confinement en temps de carême, par Ysabel de Andia (2/2)

  1. Confinement en temps de carême (2/2)
  2. De l’isolement à la solitude avec Dieu : le chemin pascal
  3. L’isolement et la solitude

L’isolement quel qu’il soit (être « mis en quarantaine », ou dans des « chambres isolées » à l’hôpital) est une rupture avec les relations humaines. On est privé du réconfort d’une personne, du visage de l’autre et de sa parole. Le silence devient « pesant ».

Mais l’isolement est aussi nécessaire à la prière. Jésus va « à l’écart » pour prier. Cet « écart », cette distance du monde et des siens (les disciples) est un « pas en retrait » du monde vers la transcendance divine.  C’est aussi une entrée dans l’intériorité, le voyage dans ces espaces intérieurs où nous nous découvrons à nu devant Dieu. Cela peut-être une chance, une grâce, une joie : « O beata Solitudo, sola beatitudo », disait saint Bernard. 

  1. La peur de la mort, l’angoisse et l’abandon. Gethsémani.

La mort est là, elle rôde, elle joue avec nous une partie d’échecs comme dans le film d’Ingmar Bergman Le septième sceau, qui se situe au XIVe siècle au moment où la peste noire (autre pandémie) ravage la Suède : « Échec et mat », dit la mort au chevalier. Elle gagne toujours à la fin. La mort entraîne aussi les vivants dans sa danse, comme dans la fresque de la « danse macabre » de l’Abbaye de la Chaise-Dieu.

L’homme se découvre, selon Heidegger, un « être pour la mort ».

La peur est là, la peur de souffrir, la peur de mourir, la peur de ma mort et la peur de la mort de ceux que j’aime.

Cependant cette « pensée de la mort » est salutaire : « Vivre aujourd’hui comme si je devais mourir ce soir », disait le Père de Foucauld. Elle fait partie des « exercices spirituels » de la vie monastique, comme des « dialogues » philosophiques. À ses amis qui se demandent ce qu’ils pourront partager avec lui dans les derniers instants qui lui sont accordés, Socrate répond ainsi : « Un autre regard sur ce qui nous tient et à quoi nous tenons. » Face à la mort, nous apprenons ce qui est essentiel et ce qui est provisoire.

Jésus a vécu cette peur à Gethsémani et son corps s’est couvert de « sueur de sang », mais il a vaincu son angoisse par son abandon entre les mains du Père : « Père non pas ce que je veux, mais ce tu veux » (Mt 26,39//Luc 22,42). Et c’est dans l’abandon de Jésus que nous pouvons aujourd’hui nous abandonner au Père. Et cet abandon est notre repos. « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer… Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. Ton bâton me guide et me rassure » (Ps 22, 1-2.4).

  1. Le triomphe de la vie. Pâques.

Mais le temps du carême ne s’arrête pas au Vendredi Saint, il nous conduit au matin de Pâques, à la Résurrection qui fait éclater le temps et l’espace de la vie limitée ici-bas.

La Résurrection ne peut être vécue que dans la foi, l’espérance et la charité : la Foi, qui témoigne du triomphe de la vie, d’une vie éternelle (temps), l’espérance de l’ouverture des tombeaux et de l’appel au large de l’immensité de la mission (espace), et enfin de la charité, car l’amour n’a pas de limites. « La mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure ».

La Résurrection est l’ouverture des tombeaux, mais aussi de la porte des enfers et de la porte du paradis, la sortie de tous les enfermements ou « confinements », et cette sortie n’est possible que parce que l’homme est un « homme nouveau » qui est « envoyé » jusqu’aux « confins » de la terre.

L’icône de la Résurrection est celle de la descente aux enfers du Christ qui saisit Adam et Eve pour les faire « sortir » de cet espace clos de la mort et remonter à la vie. 

Conclusion : du Désert à la Résurrection. Lazare

Le chemin pascal du carême va de Gethsémani à Pâques, du désert (Évangile du premier dimanche de carême) à la résurrection de Lazare, signe de la résurrection du Christ et de notre propre résurrection (Évangile du cinquième dimanche de carême).

Jésus se révèle comme « la résurrection et la vie » et demande à Marthe de le croire : « Je suis la résurrection et la vie. Si quelqu’un croit en moi, il vivra » (Jn 11,25). Face à la mort, le seul « salut » est la foi dans le Christ.

Jésus pleure : Voyant Marie et « les Juifs qui l’accompagnaient pleurer », « Jésus pleura. Les Juifs dirent alors : “Voyez comme il l’aimait” » (Jn 11,35). Ces larmes sont des larmes de compassion. Devant la mort de ceux que l’on aime, nous sommes « bouleversés ». Cet « ébranlement » de tout l’être est la prise de conscience que l’homme est mortel, que tout a une fin, que tout passe. Une part de nous-mêmes se détache de nous, celle des êtres que nous ne reverrons plus, un passé qui ne reviendra plus.

Marthe oppose à Jésus le « réalisme » de la mort, sa froidure et son odeur : « il sent déjà » (Jn 11,39). Et de nouveau, Jésus lui demande de le croire : « Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu » (Jn 11,40). On ne voit pas la gloire de Dieu sans mourir, mais dans la foi dans la résurrection, le passage de la mort à la vie, on voit la gloire de Dieu ; ce que Moïse a demandé, Marthe l’a obtenu.

Alors Jésus prie : « Père, je te rends grâce de ce que tu m’as exaucé » (Jn 11,41-42).

La prière de Jésus d’action de grâces au Père manifeste que les paroles et les actes de Jésus obéissent à la volonté du Père et sont exaucées par le Père. En ce sens, la résurrection est un « sacrifice de louange ».

Enfin Jésus ordonne à Lazare de sortir du tombeau : « Lazare sors ! » (Jn 11,43) et sa forte voix portant la parole du Verbe (« Il parla, et ce qu’il dit exista ; il commanda, et ce qu’il dit survint», Ps 32,9), fait surgir Lazare de la mort à la vie.

 

Ysabel de Andia, philosophe et théologienne française, vierge consacrée du diocèse de Paris, est l’auteur de nombreux livres notamment en patristique.

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